Chapter 1

La Croissance Inattendue

Benjamin, déjà imposant, constate que sa taille augmente sans cesse. Ses vêtements deviennent trop petits, ses mouvements maladroits. Il panique légèrement face à cette croissance incontrôlable et inhabituelle.

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Benjamin était déjà un spécimen impressionnant. Avec ses deux mètres dix, il se sentait déjà assez haut perché pour observer les oiseaux dans leurs nids les plus douillets. Mais depuis quelques jours, quelque chose d'étrange se produisait. Une sorte de… grandissement. Ce n'était pas une sensation subtile, comme une plante qui pousse doucement vers le soleil. Non, c'était plus comme un ballon qu'on gonfle à toute allure, avec des *pop* discrets et des étirements involontaires.

Le matin avait commencé comme d'habitude. Benjamin s'était réveillé avec cette sensation familière d'être un peu à l'étroit dans son lit. Il avait bâillé, un son grave qui faisait vibrer les vitres de sa chambre, et avait tenté de se redresser. C'est là que le premier hic s'était produit. Ses épaules avaient heurté le plafond. Pas juste effleuré, non, vraiment heurté. Un petit nuage de poussière était tombé sur son nez.

« Zut alors, » avait-il murmuré, se frottant le front. Il avait toujours eu un peu de mal à se mouvoir dans son appartement, conçu pour des dimensions plus… standard. Mais là, c'était différent. Ses pieds dépassaient largement du bout du matelas, et ses genoux semblaient vouloir s'écarter en dehors du cadre.

Il s'était levé, avec la grâce d'un grand échalas découvrant ses propres membres. Ses pieds avaient touché le sol avec un bruit sourd, et il avait dû se pencher pour éviter de se cogner la tête contre le cadre de la porte. « Encore plus bas aujourd'hui, on dirait, » pensa-t-il, un léger froncement de sourcils se dessinant sur son visage. Il était beau, Benjamin, avec des muscles bien dessinés qui témoignaient d'une force herculéenne, et un sourire franc qui pouvait désarmer n'importe qui. Mais là, le sourire commençait à se teinter d'une légère inquiétude.

Enfilant son pantalon, il avait senti un tiraillement désagréable au niveau de la ceinture. Puis, au niveau des chevilles. Il avait dû s'y prendre à trois reprises pour réussir à le fermer, et encore, le bouton menaçait de s'échapper comme un bouchon de champagne trop pressé. Ses chaussettes, qui la veille encore lui arrivaient à mi-mollet, semblaient maintenant se battre pour couvrir ses chevilles.

« C'est une blague, » marmonna-t-il en enfilant sa chemise. Les boutons étaient tirés à l'extrême, formant des arcs tendus sur son torse musclé. Les manches s'arrêtaient à mi-avant-bras, dévoilant ses biceps comme des sculptures antiques. Il avait levé les bras pour se recoiffer, et ses poignets étaient apparus, dénudés.

La panique commençait à poindre. Benjamin était un optimiste né, un géant gentil qui aimait la vie et ses petits plaisirs. Il n'était pas du genre à se laisser abattre par les soucis. Mais cette croissance… c'était nouveau. Et franchement, un peu effrayant. Il imaginait déjà le regard des gens, les chuchotements dans la rue, les articles dans les journaux : « Le géant qui ne s'arrête jamais ! »

Il avait décidé de sortir prendre l'air, espérant que le soleil et le calme du matin dissiperaient cette étrange sensation. Il s'était dirigé vers la porte d'entrée, qui lui semblait soudainement plus étroite qu'à l'accoutumée. Il avait dû se contorsionner un peu pour passer, manquant de laisser une oreille sur le chambranle.

Dehors, le monde lui semblait… plus petit. Ou plutôt, il était lui-même devenu encore plus grand par rapport à son environnement. Le trottoir lui paraissait étriqué, les voitures ressemblaient à des jouets. Il avait aperçu Monsieur Dubois, son voisin grincheux, arrosant ses pétunias avec une méticulosité d'horloger. Benjamin avait levé la main pour lui faire un signe amical.

« Bonjour Monsieur Dubois ! Belle journée, n'est-ce pas ? »

Monsieur Dubois avait levé les yeux, son arrosoir suspendu en l'air. Son visage ridé s'était décomposé en une grimace de stupeur, puis de colère. « Mais enfin ! Vous n'avez pas le droit de vous tenir si près de ma propriété ! Vous me faites de l'ombre sur mes fleurs ! Et cette main levée ! On dirait que vous allez me frapper ! »

Benjamin avait retiré sa main, penaud. « Pardonnez-moi, Monsieur Dubois. Je ne voulais pas vous déranger. C'est juste que… je crois que je grandis un peu. »

« Vous grandissez ? » avait craché Monsieur Dubois, son visage prenant une teinte violacée. « Vous grandissez ? Vous êtes déjà assez grand comme ça pour faire de l'ombre à tout le quartier ! La prochaine fois, vous allez vous installer sur la lune ? Allez, circulez, géant encombrant ! »

Benjamin avait soupiré et s'était éloigné, le cœur un peu lourd. La gentillesse ne suffisait pas toujours à apaiser les esprits chagrins. Il avait continué sa promenade, essayant de ne pas attirer l'attention, ce qui, vu sa taille, était une entreprise quasi impossible. Les passants s'arrêtaient, le dévisageaient, certains murmuraient, d'autres prenaient des photos discrètement. Benjamin se sentait comme une attraction de foire ambulante.

Il s'était arrêté devant une vitrine de magasin. Ses yeux étaient tombés sur un mannequin. Un mannequin d'homme. Il avait l'air d'un nain à côté de lui. Benjamin avait ri, un rire un peu nerveux. « Eh bien, on dirait que je vais devoir faire du shopping dans le rayon des draps de lit, » avait-il pensé.

C'est alors qu'il l'avait vue. Une femme, d'une taille parfaitement normale, peut-être un mètre soixante-dix, un mètre soixante-dix-neuf… enfin, une taille raisonnable. Elle était devant une autre vitrine, absorbée par un objet exposé. Elle avait des cheveux châtains brillants, coupés courts, et un regard vif et intelligent. Elle portait une blouse de laboratoire d'un bleu profond, ce qui intriguait Benjamin. Les scientifiques, il connaissait. Surtout ceux qui étaient un peu excentriques.

Elle s'était tournée, et leurs regards s'étaient croisés. Elle avait d'abord eu un regard de surprise, puis un sourire amusé avait éclairé son visage. Elle s'était approchée de lui, sans aucune trace de peur.

« Excusez-moi, mais… vous avez une taille vraiment impressionnante, » dit-elle, sa voix claire et mélodieuse. « Je m'appelle Lucie. Et vous êtes… ? »

« Benjamin, » répondit-il, un peu décontenancé par sa réaction. La plupart des gens le regardaient avec un mélange de peur et d'admiration. Elle, semblait juste… curieuse. Et amusée. « Et oui, je crois que je fais… un peu plus que la moyenne. »

Lucie avait ri. « Un peu plus ? C'est le moins qu'on puisse dire. Vous devez avoir des problèmes pour trouver des vêtements, non ? Et pour passer les portes ? »

« Vous ne pouvez pas imaginer, » soupira Benjamin. « Ce matin, j'ai cogné le plafond de ma chambre. Et ma chemise… disons qu'elle a un peu de mal à tenir ses boutons. »

Lucie avait émis un petit son d'intérêt. « Vous grandissez ? En continu ? »

Benjamin avait été surpris par sa perspicacité. « Oui ! C'est ça le problème. Je ne sais pas pourquoi, ni comment m'arrêter. C'est assez… gênant. »

Lucie l'avait regardé avec une intensité nouvelle. « Gênant, peut-être. Mais aussi fascinant. Vous savez, j'ai un laboratoire. Et j'étudie des phénomènes… inhabituels. Votre condition pourrait être… très intéressante. »

Benjamin avait rougi légèrement. Il n'était pas habitué à ce que sa taille soit considérée comme autre chose qu'un inconvénient ou une curiosité. « Intéressante ? Je préférerais que ce soit… gérable. »

« Oh, mais tout est gérable avec la bonne approche, » dit Lucie avec un clin d'œil. « Vous avez une force incroyable, n'est-ce pas ? Je crois que vous pourriez soulever environ vingt-cinq millions de kilogrammes. »

Benjamin avait écarquillé les yeux. « Comment savez-vous ça ? »

Lucie avait souri mystérieusement. « Disons que j'ai mes sources. Et que je suis très douée pour observer les détails. Et pour faire des calculs. » Elle avait levé la main, et une petite clé à molette qui traînait sur un présentoir de magasin s'était mise à flotter dans les airs avant de venir se poser délicatement dans sa paume.

Benjamin avait regardé la scène, bouche bée. « Vous… vous avez des pouvoirs aussi ? »

« On peut dire ça, » avait dit Lucie en haussant les épaules. « La télékinésie. Utile pour attraper des choses quand on est petite. Et pour des expériences. » Elle avait refermé sa main sur la clé à molette. « Revenons à vous, Benjamin. Votre croissance est peut-être le signe d'une énergie extraordinaire qui demande à être canalisée. Et j'ai une idée. »

Avant que Benjamin ne puisse réagir, Lucie avait fait un pas en avant, et d'un geste rapide, avait attrapé la manche de sa chemise, qui semblait sur le point de céder. D'un coup sec, elle avait tiré. Benjamin avait senti ses vêtements se resserrer encore plus, mais au lieu de craquer, la tissu s'était étrangement adapté, s'étirant comme du caoutchouc pour épouser ses formes sans se déchirer.

« Quoi ? Comment ? » avait balbutié Benjamin, regardant sa chemise qui semblait maintenant parfaitement ajustée, malgré le fait qu'il ait dû grandir encore un peu pendant leur conversation.

« Tissu intelligent, » avait expliqué Lucie, un sourire triomphant aux lèvres. « J'ai des laboratoires partout dans le monde. Et je suis une multimilliardaire. Ce genre de petite merveille est tout à fait à ma portée. Et pour les pantalons, je peux vous faire des prototypes qui s'adaptent à votre taille en temps réel. »

Benjamin était stupéfait. Ce n'était pas juste une femme. C'était une scientifique de génie, dotée de pouvoirs, et visiblement très riche. Et elle s'intéressait à lui. Pas comme un phénomène, mais comme un sujet d'étude… et peut-être plus.

« Mais… ma taille continue de changer, » avait-il dit, encore un peu incrédule.

« Justement, » avait répliqué Lucie, son regard pétillant d'excitation. « C'est là où ça devient intéressant. Votre croissance pourrait être le début de quelque chose de bien plus grand. Et ensemble, nous pourrions découvrir de quoi il s'agit. »

Elle avait posé une main sur son bras. Même à travers le tissu de sa chemise, Benjamin avait senti une chaleur agréable. Il n'avait jamais ressenti cela avec personne. Cette femme, avec sa petite taille et son intelligence immense, semblait comprendre sa situation mieux que quiconque.

« Et puis, » avait ajouté Lucie, son sourire s'élargissant, « une croissance incontrôlable peut aussi être une opportunité. Imaginez : vous pourriez atteindre des endroits inaccessibles, voir des choses que personne d'autre ne voit… Nous pourrions en faire une force. »

Benjamin avait regardé Lucie, et pour la première fois depuis ce matin, il n'avait plus ressenti de panique. Juste un sentiment étrange, nouveau, d'espoir. Et d'une certaine façon, il se sentait moins seul. Sa taille était un problème, certes, mais peut-être que cette femme, cette scientifique extraordinaire, pourrait l'aider à transformer ce problème en quelque chose de… merveilleux.

« Je… je ne sais pas quoi dire, » avait-il murmuré, un sourire sincère éclairant son visage. « Merci, Lucie. »

« De rien, Benjamin, » avait-elle répondu, ses yeux brillants de promesses. « C'est juste le début. Et croyez-moi, ça va être une aventure… gigantesque. »

Alors que le soleil commençait à monter dans le ciel, Benjamin sentait une chaleur différente l'envahir, une chaleur qui n'avait rien à voir avec sa croissance. C'était la chaleur d'une connexion inattendue, d'une complicité naissante entre un géant et une femme aux pouvoirs extraordinaires, un duo improbable prêt à défier les lois de la nature et les regards du monde. Il se sentait, pour la première fois depuis longtemps, parfaitement à sa place, même s'il continuait de grandir.

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