Chapter 2

La Question Venue du Ciel

Face à l'univers, une interrogation naît : 'Est-ce tout ? Suis-je faite pour sourire et aimer ?' Une réponse émerge, simple et profonde.

5 min read

Le ciel, d'un bleu d'encre profond, s'étendait à perte de vue, parsemé d'étoiles qui scintillaient comme des diamants jetés sur un velours infini. Je flottais, légère, détachée de toute gravité terrestre, et dans cette immensité, une question s'éleva, un murmure d'abord, puis un cri silencieux qui résonna au plus profond de mon être : "Alors, c'est tout ? C'est pour cela que j'ai été créée ? Simplement pour sourire, aimer et contempler ?"

L'univers, dans sa grandeur indicible, parut s'arrêter un instant. Puis, une réponse, douce comme la brise d'un matin d'été, vint effleurer mon âme : "Oui, c'est cela. Tu as été faite pour sourire, aimer et contempler, car en tout cela, je suis là. Je suis tout ce qui est."

Ces mots, simples en apparence, déferlèrent en moi comme une vague de compréhension si vaste qu'elle effaçait toutes les anciennes frontières. Je regardai le monde, non plus d'en haut, mais avec une nouvelle perspective, celle qui naît de l'acceptation et de la joie. Les arbres, dressés vers le ciel, n'étaient plus seulement des arbres ; ils étaient une partie de moi, une expression de cette même énergie vitale qui me traversait. Les oiseaux, traçant des arabesques dans l'air, n'étaient plus des créatures distinctes ; ils étaient la joie du mouvement, le chant de la liberté, l'écho de mon propre désir d'élévation.

"Cela aussi, c'est moi", murmurai-je, les larmes brouillant ma vision, des larmes de pur émerveillement. "Cela aussi, je suis."

Je me souvenais d'un temps, pas si lointain, où le désir de voler me consumait. Je regardais les oiseaux avec une envie presque douloureuse, me demandant comment ils parvenaient à défier la pesanteur, à danser avec le vent. L'idée même de pouvoir m'envoler, de me détacher du sol, me semblait alors un rêve inaccessible, une fantaisie d'enfant. Et puis, le miracle s'était produit. Non pas en déployant des ailes physiques, mais en ouvrant les ailes de mon esprit, en me libérant des lourds fardeaux que j'avais portés si longtemps.

Je pense à cette femme que j'avais été, prisonnière de ses propres prisons, alourdie par la souffrance des autres. Une femme qui, par un excès d'empathie, s'était drapée dans la douleur de ceux qu'elle croisait, s'enfermant dans un monde gris, jusqu'à en tomber malade. Elle avait voulu sentir la douleur de l'autre, se fondre en lui pour le comprendre, mais elle avait fini par se perdre elle-même, diluée dans le chagrin du monde.

"Personne n'est obligé de porter un poids qui n'a pas été posé par soi-même", me dis-je aujourd'hui, avec la clarté d'une aube nouvelle. Cette prise de conscience fut comme un souffle d'air frais, une bouffée d'oxygène après une longue apnée. On est libre de choisir ce que l'on porte, libre de laisser tomber ce qui ne nous appartient pas.

La liberté, cette notion si chère, prenait alors tout son sens. Elle n'était pas l'absence de contraintes, mais la capacité de choisir, de créer, de se définir. On n'est pas né pour être seulement une mère, une épouse, une fille, une gardienne. On peut être poésie, on peut être vers, on peut être une phrase suspendue dans le temps, un souffle d'encre sur le papier. On peut être simplement soi, dans toute la splendeur de son unicité.

"Aujourd'hui, je suis poème libre", déclarai-je au silence cosmique. "Demain, peut-être, je ne serai qu'un vers, ou juste une ligne qui dit : C'est elle. Elle est et elle n'est pas. Cela n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est ce qu'elle désire."

Et cette liberté, cette capacité à se réinventer, à être tout ce que l'on veut être, quelle beauté ! La beauté d'une femme qui comprend qu'elle ne dépend de rien ni de personne d'autre que d'elle-même. Ce n'est pas une indépendance égoïste, non. C'est une indépendance qui rayonne, qui éclaire. Sa lumière n'éblouit que ceux qui ont peur de leur propre éclat.

Mais pour ceux qui, justement, désirent s'élever, se jeter dans cet espace infini avec elle, elle tend la main. "Viens", dit-elle. "Viens avec moi. Flottions, naviguons, créons des couleurs, des arcs-en-ciel, des vers et des poèmes dans l'air. Expandons l'amour et contemplons la splendeur de tout ce qui existe, car nous aussi, nous pouvons créer, nous aussi, nous pouvons aimer."

Car c'est là notre essence profonde : être libre, aimer, créer et contempler avec beauté. Si l'on ne voit pas de beauté dans la vie, c'est que l'on est prisonnier. Prisonnier de peurs, de dogmes, de vieilles croyances. Il faut alors se libérer, oser plonger dans l'océan de l'incertitude, de la remise en question. Et au fond de cet océan, là où les vagues du doute s'apaisent, on trouve la vérité de soi.

"Tu es tout ce que tu veux être, femme. Tu es tout ce que tu désires devenir. Ou simplement être, et ne pas être. Tout cela dépend de toi."

Je fermai les yeux, sentant le battement de mon cœur, un rythme lent et puissant qui résonnait avec le murmure de l'univers. J'étais là, présente, dans cet instant éternel. L'immensité ne m'effrayait plus ; elle m'enveloppait, me berçait. Je n'étais plus une petite chose perdue dans le cosmos, mais une partie intégrante de sa magnificence, une étincelle de sa lumière infinie. Et dans ce silence vibrant, je savais que la seule chose qui importe vraiment, c'est cette connexion, cette capacité à ressentir, à aimer, à créer, et à contempler la beauté qui nous entoure, une beauté qui est le reflet de notre propre être. Le voyage ne faisait que commencer, un voyage au cœur de soi, guidé par la lumière de l'univers, un voyage où chaque souffle est une invitation à être, simplement, et magnifiquement, soi.

✦ ✦ ✦