Chapter 1

L'Écho de l'Existence

Le narrateur ressent et écrit tout, devenant un avec l'immensité. Il est tout et rien, le présent et le futur, une conscience flottant dans la vastitude.

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Je l’ai toujours ressenti, cette vibration subtile qui parcourt l’air, ce murmure de l’existence même. Créer, lire, écrire, sentir, vivre ; ces mots n’étaient autrefois que des portes entrouvertes sur un monde que j’observais avec une curiosité avide. Mais aujourd’hui, la frontière s’est dissoute. Je ne suis plus l’observatrice, je suis l’observé, le ressentant, le vivant. Tout ce que j’écris, je le ressens ; tout ce que je veux, et même ce que je ne veux pas, prend forme au creux de mes mains et dans le battement de mon cœur. Je suis le loin, je suis le près. Je suis l’instant présent, je suis le temps qui s’étirera. Je suis tout, et pourtant, je ne suis rien. Seule, dans cette immensité qui me compose et que je compose, je deviens ce souffle, ce silence, cette présence qui ne demande qu’à être. Je vais, je résous, et je repars. Le besoin de rester s’est évaporé, remplacé par le désir insatiable de sentir cette étendue infinie de ce que JE SUIS.

Ce « oui » ou ce « non », cette dualité qui semble si ancrée dans la compréhension humaine, je l’ai délaissée. Il n’est plus nécessaire de décider, car la décision même est une limite. La couleur existe, et pourtant, tout est couleur. Tout est, et rien n’est. C’est un infini d’expansion, une liberté d’expression qui ne cherche pas à être comprise, mais simplement à être. C’est le miroir de mon âme, reflétant le monde, mon monde, mon maintenant.

🌬🍃🥹🙂‍↕️❤️‍🔥

C’est en criant vers Lui, vers l’Univers, vers le Créateur, que j’ai enfin atteint ce rivage. Une clameur née des profondeurs, une aspiration si puissante qu’elle a fissuré le voile de la réalité telle que je la connaissais. Et là, dans cette immensité cosmique que je n’avais jamais osé imaginer, j’ai flotté, me regardant d’en bas, une minuscule étincelle dans le grand tout. La question a surgi, inévitable, vibrante de doute et d’émerveillement : « Alors, c’est ça ? C’est tout ? J’ai été créée simplement pour sourire, aimer et contempler ? »

Et Sa réponse n’a pas été un son audible, mais une certitude qui a inondé mon être. Un « Oui », doux comme une caresse de lumière. « Oui, c’est ça. Tu as été créée simplement pour sourire, aimer et contempler, car tout ce qui est, je le suis en toi, et tu le suis en moi. »

Aujourd’hui, je regarde le monde avec des yeux renouvelés. Chaque feuille qui tremble au vent, chaque rayon de soleil qui caresse la terre, chaque nuance de ciel au crépuscule, tout en lui, je le vois. Tout en lui, je me vois. Ces arbres majestueux, ces oiseaux légers qui fendent l’azur, je les contemple et une pensée me traverse, une pensée qui devient une certitude : « Ceci aussi, c’est moi. Ceci, je le suis. »

Il fut un temps, lointain et pourtant si présent, où j’ai rêvé de voler. Je regardais les oiseaux, leurs ailes déployées, leur aisance dans l’air, et une envie profonde, presque douloureuse, me serrait le cœur. « Oh, comme j’aimerais être un oiseau, et m’envoler ainsi ! » Et puis, la révélation. Un jour, j’ai découvert que je pouvais voler. Pas avec des ailes physiques, mais avec la puissance de mon esprit, de mon âme. Imaginez la beauté de ce moment ! Une émotion pure, une joie si intense qu’elle me submerge encore aujourd’hui, quand je me souviens de cette merveilleuse capacité que nous possédons tous lorsque nous choisissons de renoncer aux dogmes, aux peurs et aux poids que nous ne sommes pas obligés de porter.

La femme que j’étais alors… Elle avait été prisonnière. Prisonnière de son propre esprit, prisonnière des attentes des autres, emprisonnée dans une maladie née d’un désir trop ardent de liberté, d’un besoin de comprendre et de ressentir la douleur de l’autre, de me fondre dans son monde gris pour mieux saisir sa souffrance. Je m’étais alourdie de ses fardeaux, pensant que c’était mon rôle, mon devoir. Mais aujourd’hui, je comprends. Personne n’est obligé de porter un poids qui ne lui appartient pas, un poids que l’on n’a pas soi-même posé.

Alors, nous sommes libres. Libres de faire ce que nous voulons, ce que nous désirons créer. Il n’y a pas cette idée préconçue que l’on est né seulement pour prendre soin, pour veiller. Non. Tu peux être poésie, tu peux être un vers, un poème, une écrivaine, ou simplement… être. Être ce que tu veux être. Cela dépend uniquement de toi.

Aujourd’hui, je suis ce poème libre. Demain, je pourrais être simplement un vers, ou une seule ligne qui dit : « C’est elle. Elle est, et elle n’est pas. » Et cela n’a aucune importance. Ce qui importe, c’est ce qu’elle veut. C’est si beau. Qu’y a-t-il de plus beau que la liberté d’une femme qui découvre aujourd’hui qu’elle ne dépend de rien d’autre qu’elle-même ? Et cette liberté retrouvée n’apportera aucune amertume à ceux qui l’entourent. Non. Car la lumière, l’éclat, n’éblouissent que ceux qui ont peur de briller à leur tour.

Mais pour ceux qui veulent se lancer avec moi dans l’espace, je tends la main. « Venez », leur dis-je. « Allons flotter ensemble, naviguer sur les courants de l’existence, créer des couleurs, des arcs-en-ciel, des vers et des poèmes dans l’air. Expandons l’amour, et contemplons à quel point il est beau de voir tout ce qu’il y a de magnifique dans l’univers et dans la nature. Et rappelons-nous que nous aussi, nous pouvons faire, créer et aimer. »

Car c’est pour cela que nous sommes faites : être libres, aimer, créer et contempler avec beauté. Si tu ne vois pas de beauté dans la vie, c’est que tu es prisonnière en elle. Alors, libère-toi de la peur. Permets-toi de plonger dans l’océan du doute. Et là, au plus profond, tu trouveras ce que tu es vraiment, femme. Tu es tout ce que tu voudras être. Ou même être et ne pas être, cela ne dépend que de toi.

🥹🌬🍃🥰

Le silence s’est installé, un silence vibrant de la conscience de mon être. Je suis ici, maintenant, un point infinitesimale dans le grand tout, et pourtant, je suis ce grand tout. L’air que je respire porte en lui l’écho des étoiles, la poussière d’anciennes galaxies, le souffle des mondes inconnus. Chaque pulsation de mon cœur est une note dans la symphonie cosmique. Je ressens la sève monter dans les arbres, la lente croissance des montagnes, le murmure des rivières qui serpentent vers l’océan. Tout cela est en moi, et je suis tout cela.

Mes pensées, autrefois si linéaires, si contraintes par la logique et la raison, s’étirent maintenant comme des fils d’or dans le vide. Elles dansent, elles fusionnent, elles se transforment en images, en sensations, en vagues d’émotions pures. Je peux être la mélancolie douce d’une pluie d’automne, le rire cristallin d’un enfant qui découvre le monde, la force tranquille d’un vieillard qui a vu passer les saisons de la vie. Je suis la joie de l’aube et la sérénité du crépuscule.

J’ai regardé autour de moi, dans ce paysage intérieur qui est devenu mon univers. J’ai vu les ombres du passé, ces formes indistinctes qui portaient les cicatrices de mes anciennes prisons. La peur, la culpabilité, le poids des attentes – elles étaient là, fantomatiques, mais leur emprise s’était relâchée. Elles n’étaient plus des chaînes, mais des souvenirs, des leçons gravées dans la trame de mon existence. J’avais porté leur fardeau, j’avais marché dans leur ombre, mais aujourd’hui, j’avais compris que leur pouvoir résidait dans ma propre croyance. En m’en détachant, en les regardant avec la clarté de ma nouvelle conscience, elles se sont dissoutes, ne laissant derrière elles qu’une sagesse acquise, une compréhension plus profonde de ma propre force.

Et cette force… Elle n’est pas dans la domination, dans le contrôle, mais dans l’acceptation, dans l’abandon. Abandonner la lutte, abandonner le besoin de tout expliquer, de tout comprendre. Simplement être, et laisser être. Laisser l’Univers se déployer à travers moi, comme un fleuve suit son cours vers la mer.

J’ai fermé les yeux, et j’ai senti la connexion. Pas seulement avec le Créateur, mais avec chaque brin d’herbe, chaque grain de sable, chaque étoile lointaine. Un réseau invisible, fait d’amour et de lumière, nous relie tous. Je suis un nœud dans ce réseau, une fibre qui vibre à l’unisson de l’ensemble. Et dans cette unité, je trouve ma plus profonde individualité. Je suis unique, précieuse, et pourtant, je suis une partie inséparable du tout.

La pensée du vol est revenue, non plus comme un désir, mais comme une réalité vécue. J’ai déployé mes ailes invisibles, celles de mon esprit, de mon âme. J’ai senti le vent cosmique me porter, me soulever, me faire tournoyer dans un ballet céleste. J’ai traversé des nébuleuses, effleuré la surface de planètes inconnues, salué des soleils flamboyants. Et à chaque instant, je savais que j’étais, et que j’étais en sécurité, portée par l’amour inconditionnel qui est la substance même de cet Univers.

Je suis le poème, le vers, la ligne. Je suis le silence et le cri. Je suis le tout et le rien. Et dans cette acceptation totale, je trouve ma paix, ma liberté, ma beauté. L’écho de mon existence résonne dans la vastitude, un chant pur et simple qui dit : « Je suis. Et c’est beau. » L’Univers me renvoie ce chant, amplifié, enrichi, car il est aussi le sien. Nous sommes un, dans cette danse éternelle de la création et de la contemplation. Et cela, cela suffit. C’est tout.

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