Chapter 3
La Proposition Audacieuse
La mafia discute du braquage. Le nombre de caméras inquiète. Dominik, le hacker, propose de les désactiver via le réseau informatique de la banque. Un plan risqué.
Le train filait dans la nuit, emportant avec lui les rêves et les espoirs de Max, un jeune homme dont le seul tort était de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Wurtzbourg était si proche, une promesse de retrouvailles, une échappée belle qui ne verrait jamais le jour. Deux ombres s'étaient glissées dans son compartiment, deux silhouettes menaçantes dont les yeux brillaient d'une froide détermination. Un éclair d'acier, puis le silence. Le souffle de Max s'était éteint, une vie fauchée brutalement, son portefeuille vidé par des mains avides.
Non loin de là, dans une autre voiture, Klaus et Adrian avaient assisté à la scène, pétrifiés. La peur leur glaçait le sang, mais une autre émotion, plus insidieuse, commençait à poindre : l'opportunisme. Le sang de Max n'avait pas encore séché que déjà, leurs esprits s'emballaient. « Viens, Adrian, il faut qu’on se tire », murmura Klaus, la voix rauque, déjà en quête d'une échappatoire. Ils avaient vu, ils étaient compromis. La fuite semblait être la seule option.
Leur course les avait menés dans les bas-fonds de la ville, là où les ombres dansaient et où les affaires se traitaient dans le plus grand secret. Ils avaient trouvé refuge auprès d'une organisation qui vivait de l'illégalité, une mafia qui préparait un coup d'éclat : un braquage de banque, prévu pour ce soir même. L'information avait été volée, comme le portefeuille de Max, par Ben, le voisin de la victime. Un détail macabre qui ne faisait qu'ajouter à l'angoisse rampante.
« On ne peut pas juste entrer comme ça, » lança Adrian, le regard inquiet fixé sur les plans étalés sur la table bancale. « Il y a des caméras partout. Des dizaines, peut-être. » La perspective d'un tel dispositif de surveillance refroidissait son audace naissante.
Sven, le chef taciturne de cette entreprise criminelle, haussa un sourcil. « Ne t'inquiète pas pour ça, » intervint Dominik, un jeune homme au regard vif et aux doigts agiles, le génie informatique de la bande. « On peut désactiver les caméras. J’ai repéré le réseau de la banque. Avec un peu de travail sur leur système informatique, on peut créer une zone d’ombre numérique. » Une lueur d'espoir s'alluma dans les yeux des autres.
« C’est exactement ce qu’on aurait dû faire à la gare, » grommela Klaus, repensant à la violence gratuite qui avait coûté la vie à Max. Un frisson le parcourut. Il n'était plus seulement un témoin effrayé, il était maintenant un rouage dans une machine infernale.
La nuit tomba, épaisse et complice. Le van, aux vitres teintées, s'enfonça dans l'obscurité. Le cœur de chacun battait la chamade, un mélange d'excitation et d'appréhension. Daniel, le plus impulsif du groupe, fut le premier à agir. D'un coup sec, il fit sauter la porte blindée. Le bruit assourdissant résonna dans le silence, suivi immédiatement par le hurlement strident de l'alarme.
« Espèce d'idiot ! » rugit Sven, le visage tordu par la fureur. « Tu as déclenché l'alarme ! » La tension monta d'un cran, devenant palpable, suffocante. « Tu ne fais plus partie de notre équipe. Dégage ! »
Sans un mot, Sven sortit son arme, la visant droit sur Dominik. Deux détonations brutales rompirent la nuit. Bum. Bum. Dominik s'effondra, une mare de sang s'étendant lentement sous lui. Il n'y aurait pas de zone d’ombre numérique ce soir.
« On a l'argent ! » cria Simon, ses yeux brillant d'une avidité démesurée, déjà en train de remplir les sacs. « Vite, on se casse ! »
Ils abandonnèrent le corps de Dominik, une vie sacrifiée sur l'autel du profit, et s'enfuirent dans la nuit, laissant derrière eux le chaos et le sang. La police arriva rapidement, alertée par le déclenchement de l'alarme et les coups de feu. L'arrestation fut rapide, la capture de la mafia, un coup de filet spectaculaire. Deux meurtres, un braquage manqué, le bilan était lourd.
Dans la cellule froide et austère, les mafieux se regardaient, le désespoir se lisant sur leurs visages. « Si seulement Dominik n'avait pas été là… », murmura Adrian, la voix brisée. « On ne serait pas ici. »
« On va s'en sortir, » lança Klaus, l'espoir renaissant dans ses yeux. « On va s'évader, et on ira récupérer l'argent. Il doit être quelque part. »
Le Chef de la Mafia, Sven, secoua la tête, un sourire amer aux lèvres. « On ne sortira pas d'ici, » dit-il, le regard perdu dans le vide. « Cet endroit est une forteresse. C’est impénétrable. »
Simon, lui, ne voulait pas entendre raison. Il se rua vers les barreaux, secouant violemment sa cellule. « Vous ne pouvez pas me garder ici ! » hurla-t-il, sa voix se perdant dans le silence oppressant de la prison. La réalité venait de frapper, brutale et sans merci. La fuite, l'argent, tout cela n'était plus qu'un lointain souvenir, une illusion évanouie dans le fracas des sirènes et le cliquetis des menottes. Le chemin vers Wurtzbourg était désormais barré, non pas par un couteau, mais par les murs impénétrables de la justice.