Chapter 1

Le Dernier Voyage de Max

Max prend le train pour Wurtzbourg, ignorant le danger qui l'attend. Deux hommes surgissent, le braquent, le tuent et lui volent tout son argent. Un voyage paisible tourne à la tragédie.

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Le doux ronronnement du train berçait Max d'un calme profond. Les paysages défilaient, flous et indistincts, comme des souvenirs lointains qui s'estompent au fil du temps. Wurtzbourg, sa destination, se profilait à l'horizon de ses pensées, une promesse de jours plus paisibles, de retrouvailles attendues. Il serra un peu plus fort la mallette posée sur ses genoux, sentant le poids rassurant de l'argent qu'elle contenait. Une somme importante, fruit de mois de travail acharné, destinée à concrétiser un projet cher à son cœur. Il n'avait aucune idée de la noirceur qui se cachait dans les compartiments voisins, ni des regards avides qui scrutaient déjà sa quiétude.

Soudain, l'atmosphère changea. Un froid glacial s'insinua dans l'air, chassant la douce chaleur du trajet. Deux silhouettes émergèrent de l'ombre, leurs visages dissimulés par des capuches sombres, leurs mains gantées crispées sur des objets menaçants. Un couteau brilla d'un éclat sinistre sous la lumière blafarde du wagon. Le cœur de Max s'emballa, un tambour fou battant contre ses côtes. La peur, pure et primaire, le glaça jusqu'aux os. Des murmures rauques, des ordres gutturaux résonnèrent, mais Max n'entendit que le sang qui martelait ses tempes. La mallette lui échappa des mains, roulant sur le sol dans un bruit sourd. Le dernier son qu'il perçut fut un cri déchirant, le sien, avant que l'obscurité ne l'engloutisse.

Dans un compartiment voisin, Klaus et Adrian assistèrent à la scène dans un mélange de terreur et de fascination horrifiée. Les cris, le bruit de la lutte, puis le silence pesant qui suivit. Ils n'avaient rien vu clairement, juste une ombre, un mouvement rapide, une violence soudaine. Mais ils avaient senti l'odeur du sang, entendu le son étouffé d'une vie qui s'éteignait. La peur les saisit, une peur viscérale, celle de devenir les prochains témoins, ou pire, les prochaines victimes.

« On doit bouger, Adrian, vite ! » murmura Klaus, la voix tremblante. « On ne peut pas rester là. »

Adrian, le visage blême, acquiesça d'un signe de tête fébrile. L'adrénaline pompait dans ses veines, mélange d'effroi et d'une étrange excitation. Ce qu'ils venaient de voir, cette violence brute, cette audace, avait quelque chose de dérangeant et d'attirant à la fois. Ils se faufilèrent hors du compartiment, leurs pas résonnant sourdement sur le couloir. Leur fuite les mena, par un concours de circonstances aussi fortuit qu'inquiétant, vers un groupe d'individus aux allures peu recommandables, réunis dans l'ombre d'une gare désaffectée. C'était la mafia.

Le chef, un homme imposant à la mâchoire carrée et au regard perçant, les accueillit d'un signe de tête dédaigneux. « Vous avez l'air d'avoir vu un fantôme, les gars, » lança-t-il d'une voix grave, un sourire narquois étirant ses lèvres. « Qu'est-ce qui vous fait courir comme ça ? »

Klaus, reprenant un peu de contenance, expliqua d'une voix hachée ce qu'ils avaient vu, omettant bien sûr leur propre présence dans le wagon. Le chef écouta attentivement, ses yeux noirs brillant d'une lueur calculatrice. Il venait de trouver deux nouveaux pions pour son jeu.

« Intéressant, » dit-il enfin, un sourire s'élargissant sur son visage. « On a justement un petit quelque chose à régler ce soir. Une banque. Et vous tombez à pic. »

Adrian, malgré la peur qui le rongeait encore, sentit une étincelle d'ambition s'allumer en lui. L'argent. La perspective de l'argent facile, de cette vie de rêve qu'il avait toujours imaginée, commença à effacer le spectre du meurtre qu'il venait de fuir.

« Une banque ? » répéta-t-il, la voix plus assurée. « Qu'est-ce qu'on doit faire ? »

Le chef de la mafia les entraîna vers une table où étaient étalées des cartes et des plans. « Vous, là, » dit-il en désignant Adrian, « vous êtes plutôt doué pour les choses rapides, non ? On va avoir besoin de vous pour... l'entrée. Et toi, » son regard se posa sur Klaus, « tu as l'air de savoir te faire discret. Tu seras notre homme pour la récupération. »

Dominik, un jeune homme aux cheveux ébouriffés et aux doigts agiles, intervint. « Et les caméras ? Il y en a beaucoup. J'ai regardé les plans. C'est pas une mince affaire. »

Le chef haussa un sourcil. « Et alors ? On n'est pas là pour faire de la dentelle. On va les neutraliser. »

« Mais patron, » s'inquiéta Sven, un autre membre de la bande, « ils ont peut-être plus que ce qu'on voit sur les plans. Des caméras cachées, des capteurs… »

Dominik sourit, un sourire confiant. « C'est là que j'interviens. J'ai un accès au réseau de la banque. Je peux les éteindre, toutes. Et pas seulement les caméras. Les alarmes aussi, si on s'y prend bien. »

Adrian sentit un frisson le parcourir. Dominik était le cerveau de l'opération, le magicien qui allait ouvrir la voie. Lui, il serait celui qui agirait, celui qui saisirait le butin. Le plan semblait audacieux, risqué, mais potentiellement très lucratif.

« Et une fois qu'on aura l'argent ? » demanda Klaus, toujours méfiant.

« On file à l'étranger, » répondit le chef sans hésiter. « Loin de tout ça. Personne ne nous retrouvera. »

La nuit tomba, lourde et complice. Le bruit des moteurs d'une voiture retentit dans le silence. C'était leur véhicule, leur moyen de fuite, leur promesse d'évasion. Ils montèrent à bord, l'excitation se mêlant à une tension palpable. Le chemin vers la banque était court, mais il semblait s'étirer à l'infini.

Arrivés à destination, l'obscurité enveloppait le bâtiment imposant. La banque, tel un monstre endormi, semblait indifférente à leur présence. Daniel, le plus impétueux du groupe, s'avança vers la porte principale.

« Laissez-moi faire, » grogna-t-il, une barre de fer à la main.

« Doucement, le bourrin, » lança Dominik. « On a dit qu'on désactivait les alarmes. »

Mais Daniel, dans son impatience, ne l'écouta pas. D'un coup sec et violent, il frappa la porte. Un bruit assourdissant retentit, déchirant le silence de la nuit. L'alarme.

Le chef de la mafia se tourna vers Daniel, son visage tordu par la fureur. « Espèce d'idiot ! » hurla-t-il. « Tu nous as tout gâchés ! »

Ses yeux se posèrent ensuite sur Dominik, qui tentait de se dissimuler dans l'ombre. « Toi aussi, tu savais qu'il fallait attendre. Tu faisais quoi, là ? Tu te cachais ? »

Dominik tenta de s'expliquer, de balbutier des excuses, mais le chef ne voulait rien entendre. La déception, la colère, la frustration bouillonnaient en lui. Il avait planifié ce coup depuis des mois, et il allait le voir s'écrouler à cause d'un manque de discipline.

« Tu es viré, » cracha le chef, sa voix chargée de haine. « Tu ne fais plus partie de cette équipe. »

Avant que Dominik ne puisse réagir, le chef sortit une arme de sa ceinture. Un éclair de métal, un bruit sec et brutal. BUM ! BUM ! Deux détonations qui résonnèrent dans la nuit, suivies d'un silence encore plus lourd que celui qui avait précédé. Dominik s'effondra, son corps inerte sur le sol maculé de sang.

« Il est mort, » dit Luk, un autre membre de la mafia, d'une voix étranglée.

Dans le chaos, Simon, le plus rapide et le plus opportuniste, se jeta sur l'argent qu'ils avaient réussi à récupérer dans le coffre. « On a le fric ! Vite, on se casse ! »

Ils laissèrent Dominik gisant sur le sol, son sang se mêlant à la poussière. La police arriva rapidement, alertée par l'alarme. Les sirènes hurlantes déchiraient le silence de la nuit. La mafia fut encerclée, prise au piège. L'arrestation fut rapide, brutale. Les menottes se refermèrent sur leurs poignets, scellant leur destin.

Devant le juge, les accusations pleuvaient : meurtre, vol à main armée, association de malfaiteurs. Les membres de la mafia, jetés dans une cellule froide et humide, se regardaient avec amertume.

« Si Dominik n'avait pas été là, » murmura Adrian, « on ne serait pas là. »

« C'est la faute du chef, » renchérit Klaus. « Il est trop impulsif. »

Mais l'ombre de Dominik planait encore. Le plan de fuite était déjà en marche. Ils allaient s'évader. Ils allaient récupérer l'argent. Leurs esprits vagabondaient vers l'extérieur, vers la liberté, vers le butin volé.

Le chef de la mafia, lui, était enfermé dans une cellule ultra-sécurisée. Il avait beau cogner, hurler, rien ne semblait pouvoir le sortir de là. Les murs étaient trop épais, les gardes trop nombreux.

« On ne sortira jamais d'ici, » dit Simon, un désespoir glacial s'emparant de lui. « C'est une forteresse. »

Le chef le regarda, un sourire amer aux lèvres. « Vous croyez que vous pouvez me tenir ? Moi ? »

Mais dans le regard de ses complices, il ne vit qu'une lueur de résignation. L'argent était peut-être là, quelque part, mais il était désormais hors de portée. La liberté, elle aussi, s'éloignait à grands pas. Le dernier voyage de Max avait déclenché une chaîne d'événements tragiques, menant une bande de malfrats dans les profondeurs d'une prison inexpugnable. La course à l'argent s'était terminée dans un bain de sang et des barreaux froids.

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