Chapter 4

Le Mur du Silence

Le silence devient pesant entre elles. Maya ressent le changement, une froideur inhabituelle qui s'est installée. Leurs conversations se font plus rares, moins intimes, laissant planer une inquiétude sourde.

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Le silence s'était installé entre nous, non pas le silence confortable des âmes sœurs qui n'ont plus besoin de mots pour se comprendre, mais un silence lourd, chargé d'un non-dit qui pesait sur nos épaules comme une chape de plomb. Trois ans. Trois années de rires partagés, de projets murmurés à la lueur des lampes de chevet, de promenades main dans la main à travers les rues familières de Juiz de Fora. Trois années où chaque regard échangé suffisait à sceller notre amour, à réaffirmer la solidité de notre cocon. Notre petite maison avec son jardin, un rêve si simple et pourtant si précieux, semblait à portée de main, un havre de paix où je pourrais laisser mes pinceaux danser sur la toile et où Lívia pourrait voir éclore ses fleurs.

Mais voilà que le quotidien, ce voleur subtil, avait commencé à s'immiscer, à tisser sa toile routinière autour de nos existences. Lívia, toujours si pétillante, si prompte à s'entourer d'une nuée d'amis, avait commencé à passer de plus en plus de temps… ailleurs. « Le travail, Maya, tu sais bien », disait-elle avec un sourire un peu trop rapide, un sourire qui ne parvenait plus à atteindre ses yeux. « Et puis, il y a ces nouveaux collègues, avec qui je m'entends si bien. » J'avais confiance. Je lui faisais une confiance aveugle, celle qui naît d'un amour profond et sincère. Je ne voyais pas de danger, seulement l'épanouissement de ma compagne, son besoin naturel de liens sociaux qui, pensais-je naïvement, ne faisait qu'enrichir notre propre lien.

Pourtant, des fissures commençaient à apparaître dans le vernis de ma sérénité. Des fissures infimes au début, que je mettais sur le compte de la fatigue, du stress. Des messages effacés de son téléphone, qu'elle me montrait parfois brièvement avant de les faire disparaître d'un geste machinal. Des retours à la maison de plus en plus tardifs, où le parfum de la nuit se mêlait à celui, plus doux, de sa peau. Et surtout, ce nouveau silence. Un silence différent de celui que nous avions appris à aimer, un silence teinté de distance, d'une absence qui, bien que physique, se faisait sentir avec une intensité déconcertante dans notre intimité. Je la sentais s'éloigner, comme un navire glissant lentement hors de portée de mon regard, et une angoisse sourde commençait à étreindre mon cœur.

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