Chapter 19

La Mémoire Amère

Les souvenirs de Juiz de Fora deviennent doux-amers. Chaque coin de rue, chaque café fréquenté rappelle à Maya ce qui a été, et ce qui ne sera plus jamais à cause d'une confiance trahie.

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Les rues de Juiz de Fora portaient désormais un poids nouveau, teinté d'une mélancolie que je n'avais jamais imaginée. Trois ans. Trois années où chaque recoin de cette ville semblait avoir été notre témoin, complice de notre amour naissant. Les mêmes cafés où nous nous réfugiions pour échapper au tumulte du monde, les mêmes parcs où nous partagions des silences complices, tout cela résonnait en moi avec une douceur qui se transformait, insidieusement, en amertume.

Je marchais, les mains dans les poches de mon vieux manteau, le vent d'automne faisant virevolter les feuilles mortes autour de mes pieds. Chaque pas était un écho des pas que nous avions faits ensemble, main dans la main, le cœur léger. Je me souvenais de cette petite place près de la Rua Halfeld, celle avec le kiosque à musique décrépit. Nous y allions souvent, assises sur le banc écaillé, à refaire le monde ou simplement à observer les gens passer, imaginant nos vies futures. Une maisonette avec un jardin, disait-on, où je pourrais étaler mes toiles et Lívia cultiver ses fleurs. C'était un rêve simple, si simple, mais il était le nôtre.

Aujourd'hui, la place semblait déserte, figée dans le temps, comme si elle aussi retenait son souffle, consciente de la rupture qui avait brisé notre harmonie. Le kiosque, autrefois symbole de nos espoirs, ressemblait maintenant à un vestige silencieux de ce qui avait été. Je me sentais comme une étrangère dans ma propre ville, chaque paysage familier se transformant en un miroir impitoyable de ma douleur.

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