Chapter 3

L'Étreinte de la Matriarche

Levi passe l'après-midi chez Isabelle. Le repas est intime, les conversations dérivent vers des confessions. Isabelle révèle une facette plus vulnérable, et Levi se laisse emporter par la douceur et la maturité de la situation.

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Le soleil déclinait, peignant le ciel de nuances orangées et rosées, une douce promesse de fraîcheur après une journée de chaleur accablante. Levi, vêtu d'un pantalon de lin léger et torse nu, savourait la brise sur son balcon. La vue sur la résidence, baignée de cette lumière dorée, avait quelque chose d'idyllique. Un verre de vin frais à la main, il laissait son esprit vagabonder, repensant aux rencontres de ces derniers jours. Isabelle, Valérie, Léa, Élise… chacune avait laissé une empreinte, une promesse tacite, une invitation suspendue.

Alors qu'il portait le verre à ses lèvres, un mouvement attira son regard. Sur le balcon voisin, la silhouette de Léa apparut, son shorty en jean révélant des jambes interminables, un top décolleté accentuant la courbe de sa poitrine. Elle tenait un verre, son sourire espiègle déjà visible à travers la distance.

« Dis donc voisin… Tu essaies de faire faire un malaise à tout le bâtiment ? » Sa voix, légèrement amplifiée par l'air calme, porta jusqu'à lui.

Levi sourit, une étincelle dans le regard. Il s'accouda à la balustrade, son teint mat brillant sous les derniers rayons du soleil. Le jeu de séduction avec Léa avait pris une tournure amusante dès le premier regard échangé. Elle représentait la spontanéité, l'imprévu, une pause rafraîchissante dans la tension palpable qui s'était installée avec les autres.

« Seulement si c'est toi qui viens me donner du bouche-à-bouche, Léa, » répondit-il sans détour, son ton teinté d'une assurance désarmante. Il savait qu'elle appréciait ce genre de réplique audacieuse.

Léa éclata de rire, un son cristallin qui flotta dans l'air du soir. Elle se pencha par-dessus la rambarde, tendant son verre vers lui, se rapprochant dangereusement près de la limite qui les séparait. Une invitation claire, un défi lancé à la gravité et aux conventions.

« Tu ne manques pas d'air, le jeune ! » s'exclama-t-elle, son regard pétillant d'amusement. « Viens plutôt boire un coup de mon côté… On sera plus à l'aise pour discuter. »

L'invitation était trop tentante pour être refusée. Levi posa son verre sur sa propre balustrade et, d'un mouvement fluide et calculé, enjamba la petite séparation. Il atterrit sur le balcon de Léa avec une aisance qui la fit sourire davantage. L'espace était plus exigu, les rapprochant encore. L'odeur subtile de son parfum, mêlée à celle de son cocktail, lui parvint distinctement.

« Je ne pouvais pas ignorer une invitation pareille, » dit Levi, sa voix plus grave. « Surtout venant de la voisine la plus explosive de l'immeuble. »

Léa lui tendit le verre qu'elle tenait. Leurs doigts se frôlèrent, une petite décharge électrique parcourant l'air. Elle ne retira pas sa main tout de suite, la laissant effleurer la sienne, ses yeux fixés sur les siens.

« Tu as une de ces confiances… Fais gaffe, Levi, tu joues avec le feu, » murmura-t-elle, sa voix se faisant plus douce, plus intime. Elle posa une main légère sur sa poitrine, sentant les muscles se contracter sous la fine étoffe de son t-shirt. La chaleur de son contact était palpable.

Alors qu'il s'apprêtait à répondre, un bruit sourd retentit du couloir de la résidence, suivi de voix. Les deux voisins se regardèrent, une légère inquiétude traversant le visage de Léa.

« Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? » demanda-t-elle, se redressant légèrement.

Levi haussa les épaules, son regard balayant la pièce voisine de son appartement, puis la fenêtre ouverte sur le couloir. « Aucune idée. Mais ça ressemble à des gens qui ne savent pas faire preuve de discrétion. »

Le bruit s'intensifia, se transformant en une dispute animée. Des objets semblaient tomber, des cris étouffés se faisaient entendre. Léa fronça les sourcils.

« Ça ne me dit rien de bon. Est-ce que ça viendrait de l'appartement d'Isabelle ? »

Levi se tourna vers la porte de son propre appartement, puis vers celle de Léa. Leurs balcons étaient adjacents, mais les portes d'entrée donnaient sur le même couloir. Une inquiétude nouvelle s'insinuait en lui. La douceur de l'instant avec Léa venait d'être brutalement brisée par une intrusion sonore peu welcome.

« Je… je devrais aller voir, » dit Levi, son ton plus sérieux. « C'est mon boulot d'assurer la tranquillité ici. »

Léa hocha la tête, un voile de préoccupation assombrissant son regard habituellement pétillant. « Oui, bien sûr. Fais attention, Levi. Ne te mets pas en danger pour rien. » Elle lui adressa un sourire rapide, mais moins assuré qu'auparavant. « On se reprendra ce verre… plus tard. »

Levi lui rendit son sourire, puis, d'un bond, regagna son propre balcon et se dirigea vers la porte de son appartement. Le bruit semblait provenir de l'étage inférieur, là où se trouvait Isabelle. Son cœur se serra légèrement. Isabelle, avec son invitation chaleureuse, sa douceur maternelle teinté d'une sensualité discrète. Elle était peut-être la première à avoir ouvert la porte, mais elle était aussi la plus vulnérable, à ses yeux, face à ce genre de situation.

Il ouvrit sa porte et se faufila dans le couloir, se dirigeant vers les escaliers. Les bruits étaient plus clairs maintenant, un mélange de colère sourde et de pleurs étouffés. Une dispute, sans aucun doute, mais qui semblait prendre une tournure plus grave que de simples querelles de voisins.

Alors qu'il descendait le premier palier, il entendit une voix familière. La voix d'Isabelle, mais chargée d'une détresse qu'il ne lui avait encore jamais entendue.

« Laissez-moi tranquille ! Je vous en supplie ! »

Levi accéléra le pas, ses muscles se bandant d'une tension nouvelle. Il arriva devant la porte de l'appartement d'Isabelle. Elle était entrouverte, et le bruit venait de l'intérieur. Il hésita un bref instant, puis, sans réfléchir davantage, poussa la porte.

La scène qui s'offrit à ses yeux le frappa de plein fouet. L'appartement, habituellement si accueillant et ordonné, était en désordre. Des meubles étaient renversés, des objets brisés jonchaient le sol. Au milieu du chaos, Isabelle était recroquevillée dans un coin, le visage en larmes, tentant de se protéger. Face à elle, un homme dont le visage était dissimulé par l'ombre, mais dont la posture dégageait une agressivité palpable. Il semblait la menacer, lui arrachant des mains un petit objet qu'elle tenait serré.

« Donne-le moi, sale vieille ! » cracha l'homme d'une voix rauque.

Levi ne réfléchit pas. Sans un mot, il se jeta en avant, se plaçant instinctivement entre l'agresseur et Isabelle. Son corps athlétique se tendit, prêt à encaisser ou à frapper.

« Hey ! Lâche-la ! » sa voix tonna, une autorité nouvelle et protectrice émanant de lui.

L'homme se retourna, surpris par cette apparition soudaine. Son regard, dur et froid, se posa sur Levi. Il tenait dans sa main un petit bracelet en argent, brillant faiblement sous la lumière tamisée de l'appartement.

« Et toi, qui es-tu pour te mêler de mes affaires ? » siffla l'homme, un sourire mauvais aux lèvres.

« Je suis le responsable de la résidence, » répondit Levi, ses poings serrés. « Et ici, personne n'a le droit de s'en prendre à une résidente. Surtout pas de cette manière. »

Isabelle, profitant de cette diversion, se releva péniblement, ses yeux fixés sur Levi, un mélange de peur et de gratitude y brillant.

« Levi… » murmura-t-elle, sa voix tremblante.

L'agresseur ricana. « Responsable, hein ? Tu crois pouvoir me faire peur ? » Il fit un pas vers Levi, le bras tendu, le bracelet toujours dans sa main. « Ce bijou… il m'appartient. Et je vais le récupérer. »

Levi sentit la colère monter en lui, une colère froide et déterminée. Il avait accepté ce poste pour la tranquillité, pour profiter d'une nouvelle vie. Mais il n'avait pas anticipé qu'il devrait aussi devenir un protecteur. Il ne pouvait pas laisser Isabelle, cette femme qui lui avait ouvert sa porte avec tant de gentillesse, être maltraitée ainsi.

« Tu ne touches pas à un cheveu d'elle, » dit Levi, sa voix ne laissant aucune place au doute. « Tu vas maintenant faire demi-tour, quitter cet appartement, et si j'apprends que tu as importuné quelqu'un ici, je m'assurerai que tu regrettes amèrement. »

L'homme le dévisagea un instant, semblant évaluer la détermination dans les yeux de Levi. L'assurance de ce dernier, son physique imposant, et la menace implicite dans ses paroles semblaient le faire hésiter. Le bracelet qu'il tenait semblait soudain moins important que la confrontation qui se profilait.

Avec un grognement de frustration, l'homme se détourna d'Isabelle et jeta un dernier regard menaçant à Levi. « Tu me le rendras, espèce de… » Il ne termina pas sa phrase, préférant s'échapper dans le couloir, laissant derrière lui un silence lourd et le désordre de la pièce.

Levi attendit quelques secondes, s'assurant que l'homme était bien parti. Puis, il se tourna vers Isabelle. Elle était encore pâle, tremblante, mais ses yeux le regardaient avec une intensité nouvelle.

« Tu… tu vas bien, Isabelle ? » demanda-t-il, sa voix retrouvant une douceur protectrice. Il s'approcha d'elle, son regard scrutant ses blessures.

Isabelle hocha la tête, essayant de reprendre sa respiration. Elle porta une main à sa poitrine, comme pour calmer son cœur effaré. « Oui… oui, je vais bien. Grâce à toi, Levi. Merci. » Ses yeux se remplirent de larmes, mais cette fois, c'étaient des larmes de soulagement. « Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi. Cet homme… il voulait me voler quelque chose de précieux… »

Elle s'approcha de lui, hésitante, puis posa une main sur son bras. Son contact était léger, mais chargé d'une émotion profonde. « Tu es venu… malgré toi… Tu as pris des risques pour moi. »

Levi sentit une chaleur étrange l'envahir, différente de la séduction habituelle. C'était une chaleur née de l'action, de la protection. Il posa sa main sur la sienne, la serrant doucement.

« C'est mon devoir, Isabelle. Et puis… » Il chercha ses mots, une nouvelle dimension s'ouvrant entre eux. « J'avais déjà une raison d'être ici, et maintenant, j'en ai une autre. »

Il la regarda, voyant la fragilité derrière son aplomb habituel. La matrone de la résidence, la femme qui l'avait invitée avec tant de confiance, était aussi une femme vulnérable, ayant besoin de protection. Et il était là.

« Viens, » dit-il doucement. « Aidons-nous à remettre un peu d'ordre. Et ensuite, si tu le veux bien, on pourra peut-être finir ce repas. Dans un endroit moins… destructeur. »

Isabelle leva les yeux vers lui, un faible sourire se dessinant sur ses lèvres. « Oui, Levi. J'aimerais beaucoup ça. »

Alors qu'ils commençaient à ramasser les débris, Levi sentit le poids de sa décision. Ce travail n'était pas seulement une affaire de charme et de jeux de séduction. Il y avait aussi une responsabilité, une loyauté à construire. Et dans le regard d'Isabelle, il apercevait une profondeur qui allait bien au-delà de la simple attirance. Le piège de la résidence se refermait peut-être, mais pas de la manière qu'il avait imaginée. Il découvrait une nouvelle facette de la matriarche, une facette qui exigeait bien plus que de simples promesses. Il avait prouvé qu'il était plus qu'un beau corps et des répliques bien senties. Il était aussi celui sur qui l'on pouvait compter. Et cela, il le sentait, changerait tout.

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