Chapter 1
Le deuil
Marion est confronté à la mort de son père le jour de son propre anniversaire, après plusieurs enquêtes vis à vis de son accident, on découvre que son père était impliqué dans de la contrebande. Après deux semaines, il découvre que toutes les entreprises de son père seront saisies, la seule entreprise qui a été bloquée pour une durée limitée c'est l'entreprise de sa mère et le tribunal a pris comme décision de le lui légué à ses 24ans. Après avoir entendu cette nouvelle, il se fit du souci car même sa propriété familiale allait être prise il allait donc se retrouver à la rue sa mère et lui. Un soir pendant le repas sa mère lui tend une enveloppe, c'était le cadeau prévu de la part de son père, à l'intérieur un mot et trois billets d'avion pour le Gabon. Sa maman est directe, elle ne veut pas qu'il puisse y aller. Ils finissent par se disputer avec elle parce que depuis l'enfance il voit qu'il y a un truc qui cloche avec elle. Il part dans sa chambre, invite sa meilleure amie à l'accompagner puis quelques minutes après avoir parlé avec elle, sa maman entre dans sa chambre, il explique qu'elle s'inquiète juste et il fait mine d'avoir compris. Ils se réconcilient puis par se coucher. Le lendemain, il laisse son argent de poche au chevet de sa maman avec son billet d'avion à elle puis s'en va prendre sa meilleure amie chez elle pour prendre le prochain avion
Le jour de mes vingt ans, le jour où le monde est censé s'ouvrir à vous comme un livre d'aventures, la mienne s'est refermée brutalement. Mon père. Mort. Un accident de voiture, disaient-ils. Une enquête rapide, trop rapide, a conclu à une vitesse excessive sur une route mouillée. Mais quelque chose dans le regard de ma mère, dans le silence pesant de notre immense demeure, me disait qu'il y avait plus que ça. Mon père, Valerius Wilkinson, homme d'affaires impitoyable, bâtisseur d'un empire, n'était pas du genre à céder à la négligence. Il était précis, méticuleux, même dans ses excès.
Les semaines qui ont suivi furent un brouillard de condoléances forcées, de regards compatissants et de papiers administratifs qui s'empilaient comme des feuilles mortes. J'ai appris, avec une froideur qui me glaçait le sang, que la majorité des entreprises paternelles étaient saisies. Des dettes cachées, des investissements risqués, murmurait-on. Seule l'entreprise de ma mère, une fondation discrète dédiée à l'art africain, était mise sous scellés temporairement. Le tribunal avait statué : elle me serait léguée à mes vingt-quatre ans. Vingt-quatre ans. Trois ans à attendre, trois ans à redouter la ruine. Ma mère et moi, jetés à la rue, dépouillés de notre héritage, de notre identité.
Cette perspective m'a rongé. Les nuits étaient courtes, peuplées de cauchemars où les tours de verre de l'empire de mon père s'effondraient en poussière. J'observais ma mère, autrefois si vibrante, réduite à une ombre pâle, le visage marqué par une tristesse qui semblait ancestrale. Elle parlait peu, ses yeux errant dans le vide, comme si elle cherchait quelque chose qu'elle avait perdu depuis longtemps. Je savais qu'il y avait un secret, une fissure dans le vernis de notre vie parfaite. Depuis mon enfance, je sentais cette étrangeté chez elle, une retenue, une peur latente qui se manifestait dans les silences gênés lorsqu'on abordait son passé, ou celui de mon père.
Un soir, alors que le dîner se résumait à une assiette à peine touchée et à des soupirs, elle a posé une enveloppe sur la table. L'encre était d'un bleu profond, presque irréel. "C'est… c'est ce que ton père voulait te donner," dit-elle d'une voix rauque, comme si les mots lui brûlaient la gorge. À l'intérieur, une carte pliée et trois billets d'avion. Trois billets pour le Gabon. Le cœur battant la chamade, j'ai déplié le mot. L'écriture familière, mais empreinte d'une urgence que je ne lui connaissais pas : "Mon fils, la vérité t'attend. Ne laisse personne t'en détourner. Le Gabon. Ma femme saura. Fais-moi confiance." Ma mère a regardé le mot, puis moi, son visage un masque de détresse. "Marion, tu ne peux pas y aller. C'est… c'est trop dangereux."
La tension a éclaté. Les mots que j'avais gardés enfouis pendant des années ont jailli, un torrent de frustration et d'incompréhension. "Trop dangereux ? Mais qu'est-ce qui est trop dangereux, maman ? Qu'est-ce que tu me caches ? Tu as toujours été comme ça, distante, effrayée par… par quoi ? Par mon père ? Par ses affaires ? Par moi ?" Les larmes coulaient sur ses joues, mais elle ne disait rien, se contentant de secouer la tête, un refus muet et désespéré. J'ai senti une colère froide m'envahir, une colère qui me donnait le courage de mes vingt ans. "Je vais y aller, maman. Avec ou sans ta permission. J'ai besoin de comprendre."
Je me suis réfugié dans ma chambre, le cœur lourd de tristesse et de détermination. J'ai pris mon téléphone, mes doigts tremblant légèrement. Alia. Ma meilleure amie. La seule personne qui pourrait comprendre, la seule qui ne me jugerait pas. Un message rapide : "J'ai besoin de toi. Urgent. Ma chambre. Maintenant." Elle est arrivée en moins de dix minutes, son sourire habituel un peu effacé par l'inquiétude. "Qu'est-ce qui se passe, Marion ? Tu as l'air d'avoir vu un fantôme."
Je lui ai tout raconté : la mort de mon père, les dettes, la saisie des biens, les billets pour le Gabon, la dispute avec ma mère. Alia, pragmatique et ancrée dans la réalité, m'a écouté attentivement, son visage passant de l'incrédulité à une compassion sincère. "Le Gabon ? Marion, c'est… c'est loin. Et pourquoi ton père voulait-il que tu y ailles maintenant ? Et ta mère… elle a vraiment dit non ?"
Alors que nous discutions, le bruit d'une porte qui s'ouvrait doucement m'a alerté. Ma mère se tenait sur le seuil, le regard empreint d'une tristesse infinie. Elle m'a regardé, puis Alia, et une lueur d'espoir incertain a traversé ses yeux. "Marion… je… je m'inquiète pour toi," dit-elle, sa voix plus douce. J'ai vu une opportunité de désamorcer la situation, de gagner du temps. J'ai feint la compréhension, la fatigue d'un fils accablé par le deuil. "Je sais, maman. Je sais que tu t'inquiètes. C'est juste… j'ai besoin de comprendre. Pour papa."
Nous avons eu une conversation plus calme, une trêve fragile. Elle m'a serré dans ses bras, me demandant de faire attention, de ne pas faire de folies. Je lui ai promis, en partie pour la rassurer, en partie parce que je savais que ma décision était déjà prise. Nous nous sommes couchés, le silence de la maison plus lourd que jamais.
Le lendemain matin, avant l'aube, j'ai glissé mon argent de poche et le billet d'avion de ma mère sur sa table de nuit. Un geste symbolique, une ultime tentative de lui montrer que je ne la déshonorais pas, que je partais avec une part d'elle, même si elle ne le souhaitait pas. Puis, j'ai pris la route pour aller chercher Alia. L'air frais du matin piquait mes poumons, mais une excitation mêlée d'appréhension me parcourait. Le Gabon. Un continent inconnu, des secrets enfouis, et peut-être, enfin, des réponses. Le destin, ou quelque chose de plus ancien, venait de me propulser sur une voie dont je ne pouvais imaginer l'issue. Le voyage ne faisait que commencer.