Chapter 4

Le Miroir de l'Âme

Se contemplant de loin, le narrateur voit le reflet de son être dans l'univers. La réponse à sa raison d'être se trouve dans cette contemplation.

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De là-haut, le monde me semblait un tableau vivant, une tapisserie tissée de fils invisibles que je n'avais jamais vraiment appris à déchiffrer. Je me regardais, moi, d'en bas, une petite silhouette perdue dans l'immensité, et je me demandais. C'est ça, alors ? C'est tout ? Être simplement là, à sourire, à aimer, à contempler ? Le silence de l'univers répondit, un silence vibrant, plein de sens, qui résonna au plus profond de mon être. Oui, c'est ça. Parce que tout ce qui existe, tout ce que je suis, est là, dans cette contemplation.

Aujourd'hui, mon regard s'est posé sur le monde. Et quel monde ! Quelle explosion de couleurs, quelles formes, quelles vies ! Chaque feuille qui danse dans le vent, chaque rayon de soleil qui caresse la terre, chaque goutte de rosée accrochée à une toile d'araignée, tout cela, c'est moi. Je le vois, je le sens, je le deviens. Je suis l'arbre qui s'enracine profondément, je suis le chant de l'oiseau qui s'élance vers le ciel. J'étais là, autrefois, à observer ces oiseaux, le cœur serré d'un désir fou. Oh, si seulement je pouvais voler ! Être libre, légère, portée par les courants d'air, survolant les paysages. Et puis, la révélation. J'ai découvert que je pouvais voler, moi aussi. Pas avec des ailes de plumes, mais avec des ailes faites de ma propre substance, celles de la liberté reconquise. C'est une émotion si pure, si profonde, que les larmes montent à mes yeux rien qu'à y penser. Quelle merveilleuse chose que de se défaire des chaînes, des dogmes, de ces poids que l'on nous impose et que l'on s'inflige sans même s'en rendre compte.

Il fut un temps où j'étais prisonnière. Enfermée dans des murs que j'avais moi-même contribué à construire. Une maladie m'avait clouée au lit, une maladie née de la culpabilité, de ce désir insensé de porter le fardeau de l'autre. J'avais vu la douleur dans les yeux d'une autre âme, une douleur si profonde qu'elle m'avait aspirée. J'avais voulu me mettre à sa place, ressentir son mal, pour peut-être alléger son poids. Quelle naïveté ! Quelle erreur ! Personne n'est tenu de porter un poids qui ne lui appartient pas. Et aujourd'hui, je le sais. Nous sommes libres de choisir ce que nous voulons créer, ce que nous voulons être. Cette idée qu'une femme est née juste pour prendre soin, pour veiller, n'est qu'un leurre. Nous pouvons être la poésie qui naît du silence, le vers qui rythme le temps, le poème qui émeut les cœurs. N'importe quoi. Il suffit de le vouloir.

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