Chapter 11
Les Doutes Persistants
Malgré les progrès, des moments de doute assaillent Fleuri. Les responsabilités financières et l'ampleur de la tâche le rappellent à la dure réalité.
Le soleil se levait à peine, jetant des lueurs pâles sur les toits de la ville endormie, et pourtant, Fleuri était déjà éveillé. Les draps froissés témoignaient d'une nuit troublée, d'une bataille silencieuse menée dans l'obscurité de son esprit. La coopérative lui avait offert un refuge, un salaire, un semblant de normalité qui, il y a encore peu, aurait suffi à apaiser ses angoisses. Mais aujourd'hui, sous le poids de la nouvelle, ce maigre réconfort semblait dérisoire.
Il se leva, le corps lourd, les muscles raidis par une tension sourde. La petite pièce qu'il habitait, autrefois un symbole de son indépendance retrouvée, lui paraissait maintenant exiguë, presque étouffante. Il s'approcha de la fenêtre, écartant le rideau fin qui laissait filtrer une lumière encore hésitante. Dehors, la vie reprenait son cours, indifférente à ses tourments intérieurs. Des passants affairés, des cris lointains d'enfants, le grondement discret d'un premier bus – autant de bruits qui lui rappelaient sa propre immobilité, son propre sentiment d'être à la dérive.
Il pensait à l'enfant à venir. Un enfant. Le mot résonnait en lui, étrange et puissant. Il y avait bien sûr cette joie profonde, inexprimable, qui naissait parfois dans son cœur, une promesse de lumière dans les ténèbres. Mais elle était sans cesse assaillie par une vague d'angoisse, froide et paralysante. Comment ? Comment allait-il y arriver ? Les livres qu'il avait lus, les conseils qu'on lui avait prodigués, tout cela semblait si lointain, si abstrait face à la réalité tangible du besoin d'un enfant.
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