Chapter 3
La Semence du Sultan
Maria et Camille se précipitent vers le box du vieux Sultan, qui a brisé sa barrière et court en rut dans le couloir. Sous la direction de Maria, Camille se laisse saillir par l'étalon, tandis que Sophie recueille l'excédent de semence dans un seau. Une fois l'étalon calmé, Maria annonce son intention de transformer le centre équestre.
Sophie haletait, les yeux écarquillés. — Il est complètement fou ! Il a défoncé la porte du box et maintenant il court dans le couloir. Personne n'ose s'approcher. Il hennit, il rue, il écume. Maria, il faut faire quelque chose avant qu'il ne se blesse ou qu'il n'attaque quelqu'un.
Maria lâcha la main de Camille, attrapa la couverture qui tombait sur ses épaules et l'enveloppa plus solidement. — Reste couverte pour l'instant. Viens, suis-moi.
Camille remit ses vêtements en hâte, les doigts tremblants. Sophie les guida dans le couloir sombre, vers un bruit sourd de sabots sur le béton et des hennissements rauques. En tournant un coin, elles virent Sultan : un vieux cheval de trait, massif, les naseaux dilatés, les yeux injectés de sang. Il frappait le sol de ses antérieurs, faisant vibrer le bâtiment. Près de lui, une barrière en bois gisait brisée.
Maria s'arrêta, observant l'étalon d'un œil impassible. — Il est en pleine chaleur. Il a besoin de se libérer. Sophie, va chercher un seau propre dans la sellerie. Remplis-le d'eau tiède et apporte-le ici.
Sophie hésita. — Un seau ? Pour quoi faire ?
— Fais ce que je te dis, ordonna Maria d'une voix douce mais ferme. Tu verras bien.
Sophie s'enfuit en courant. Maria se tourna vers Camille. — Tu es prête pour Sultan ? C'est plus gros qu'Éros, mais il est plus doux une fois qu'il sent la femelle. Tu n'as rien à craindre, je serai là.
Camille déglutit, mais une étrange excitation lui chauffait le ventre. La première fois avec Éros lui avait ouvert une porte. Ce désir animal, cette soumission consentie, l'appelait de nouveau. — Oui, je le suis.
Maria la prit par la main et s'approcha lentement de Sultan. Elle parlait doucement, un murmure apaisant. — Chut, mon beau. Doucement. Regarde ce que je t'amène.
Le cheval tourna la tête, ses naseaux frémissant. Il huma l'air, puis fixa Camille. Ses oreilles pivotèrent. Il s'immobilisa, le souffle court.
— Enlève tes vêtements, dit Maria à Camille. Laisse-le te sentir.
Camille obéit, se débarrassant rapidement de sa chemise, de son pantalon et de ses bottes. Nue, elle s'avança prudemment vers le grand étalon. Sultan baissa la tête, sa chaude haleine sur sa peau, et frotta son chanfrein contre son ventre. Camille frissonna.
Maria se plaça derrière elle, posant ses mains sur ses hanches. — Penche-toi. Pose tes mains sur ses omoplates. Il va monter sur toi.
Camille sentit le poids de l'étalon sur son dos, les antérieurs massifs se posant sur ses épaules. Ses sabots étaient larges, lourds, mais il s'appuyait avec une précision étonnante. Il poussa un hennissement grave, puis la pénétra d'un seul coup.
Camille cria. La sensation était différente de celle avec Éros : plus profonde, plus rude. Son corps s'arqua, ses mains s'enfoncèrent dans le poil rêche de l'étalon. Maria lui murmura des paroles d'encouragement, lui caressant les reins.
Sultan bougeait en elle, un rythme puissant et régulier. Camille sentit ses propres muscles se contracter, une vague de chaleur monter du bas-ventre. Elle gémit, laissa sa tête retomber en arrière. Le monde se résuma à ce souffle animal, ce martèlement sourd, ce corps qui la possédait tout entière.
Soudain, un long hennissement déchira le silence. Le cheval se figea, trembla, puis se retira lentement. Camille chancela, mais Maria la retint.
Sophie arriva en courant, un seau d'eau tiède à la main. — Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça ?
Maria prit le seau, le posa près de Sultan. — Tiens-le bien. Il va laisser couler maintenant. Tu vas recueillir la semence qui tombe.
Sophie écarquilla les yeux, mais elle obéit. Elle approcha le seau sous le ventre de l'étalon. Effectivement, des gouttes épaisses, blanchâtres, tombèrent dans l'eau, formant des fils visqueux.
— Il y en a beaucoup, murmura Sophie. C'est pour quoi faire ?
Maria sourit, frottant le dos de Camille. — Pour la suite. Pour que d'autres chevaux soient saillis, que d'autres juments soient fécondées. Pour que le centre prospère.
Camille, encore étourdie, regarda Maria. — Tu veux garder sa semence ?
— Oui. Et Sophie va prendre l'habitude de la recueillir. C'est une tâche importante.
Sophie ne répondit pas, mais ses mains tremblaient en tenant le seau. Sultan s'éloigna, calmé, la tête basse. Maria l'attrapa par la longe et le ramena vers un box vide où il pourrait se reposer.
Quand elle revint, elle se planta devant les deux femmes. — Ce n'est que le début. Nous allons transformer ce centre. Chaque femme qui viendra ici, chaque cavalière, chaque employée, devra se soumettre aux étalons. Et vous deux, mes chères, vous m'aiderez.
Camille et Sophie échangèrent un regard. Sophie baissa les yeux sur le seau qu'elle tenait, puis les releva vers Maria. — Et si quelqu'un s'oppose ?
Maria rit doucement. — Alors nous lui montrerons le plaisir que procure l'obéissance.
Le vent de la nuit entra par la porte ouverte, apportant l'odeur du foin et de la terre. Camille se sentait étrangement légère, comme vidée de toute peur. Elle savait que plus rien ne serait comme avant.