Chapter 1
Premiers pas dans la danse
Camille, instructrice principale, succombe à l’invitation de Maria et accepte de rencontrer l’étalon Éros dans sa stalle, scellant ainsi son entrée dans le harem naissant de Maria.
— Tu ne peux pas fuir ce que tu ressens, Camille. Je l’ai vu dans tes yeux quand tu regardais l’étalon.
Camille se figea, la main sur la barrière de bois. L’odeur du foin frais et du cuir emplit ses narines, mais ce qui la paralysait, c’était la voix calme de Maria, juste derrière elle. Le Centre Équestre des Plaisirs vivait encore des derniers bruits de la soirée : un hennissement lointain, le grincement d’une porte de stalle.
— Je ne sais pas de quoi tu parles, répondit Camille sans se retourner.
— Bien sûr que si. Depuis que tu as vu Éros, le grand noir, tu as changé. Tu évites son box. Tu trembles quand tu passes devant.
Maria s’approcha, ses bottes foulant la paille sans bruit. Elle posa une main légère sur l’épaule de Camille, qui sursauta.
— Ce n’est pas de la peur, Camille. C’est du désir. Un désir que tu n’oses pas t’avouer.
Camille pivota, le visage fermé. Elle était instructrice principale, expérimentée, respectée. Mais face à Maria, elle avait l’impression d’être une pouliche nerveuse. Maria était plus jeune, plus libre, et elle possédait ce regard qui semblait tout percer.
— Tu es folle, Maria. Ce sont des chevaux. Des étalons, certes, mais…
— Des étalons en rut, compléta Maria avec un sourire doux. Et tu sais ce qui arrive aux femmes qui croisent leur chemin, ici. Tu as vu les autres. Sophie, Juliette, même la vieille palefrenière. Elles ne sont plus les mêmes.
Camille baissa les yeux. Elle avait vu. Les femmes du centre semblaient vibrer d’une énergie nouvelle, leurs regards plus profonds, leur peau plus chaude. Et les rumeurs… Elle les avait chassées, mais elles revenaient toujours.
— Pourquoi moi ? murmura-t-elle.
— Parce que tu es forte. Parce que tu résistes. Et parce que ce soir, je veux que tu fasses un choix. Pas par peur, pas par obligation. Parce que tu le désires vraiment.
Maria recula de deux pas et désigna la stalle d’Éros. L’étalon noir était visible dans la pénombre, massif, l’encolure arquée, le regard fixe. Il frappa le sol de son sabot, un bruit sourd qui résonna dans le silence.
Camille sentit son cœur battre plus vite. Maria n’avait pas besoin de mentir : elle ressentait quelque chose. Un appel, presque physique. L’odeur puissante de l’étalon, la chaleur qui émanait de son corps, la promesse d’une connexion animale brute.
— Et si je refuse ? demanda-t-elle.
— Tu es libre de partir. Les portes ne sont pas verrouillées. Mais tu sais que tu reviendras, Camille. Tu es venue ici ce soir parce que tu voulais savoir.
Un long silence. Camille sentait le poids de la décision, mais aussi un soulagement étrange. Plus besoin de fuir.
— Je ne sais pas comment…
Maria vint à son côté, lui prenant la main. Ses doigts étaient fermes, mais pas autoritaires.
— Laisse-toi guider. Je serai là. Tu n’as rien à craindre d’Éros. Il te donnera ce dont tu as besoin.
Camille leva les yeux vers Maria. Dans ses prunelles, elle vit une détermination calme, mais aussi une tendresse qui la surprit. Ce n’était pas une prédatrice, mais une initiatrice.
— D’accord, souffla Camille. Je reste.
Maria sourit. Elle ouvrit la porte de la stalle, et l’odeur chaude de l’étalon les enveloppa. Éros tourna la tête, ses naseaux humant l’air. Il s’approcha, puissant, mais doux.
— C’est bien, dit Maria. Tu verras. Ce soir, tout commence.
Camille tendit la main, hésitante, et toucha son encolure luisante. Sous ses doigts, la peau frémit, vivante, vibrante. Et elle sut qu’elle ne pourrait plus jamais faire marche arrière.
Maria la regarda, le cœur gonflé. Une de plus. Une de plus dans son cercle, dans son harem de femmes libres et soumises au plaisir des étalons. Elle caressa l’idée que bientôt, le centre tout entier serait à elle. Mais ce soir, elle se contenterait de guider Camille dans les premiers pas de cette longue danse.
— Viens, murmura Maria. Éros t’attend.
Et Camille avança, la main toujours sur l’étalon, les sens en alerte, prête à se laisser submerger.
La nuit s’épaississait sur Le Centre Équestre des Plaisirs, mais à l’intérieur de la stalle, une chaleur nouvelle fermentait.