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Chapter 1

Chapitre 1

Élise fuit son foyer violent et s'enfonce dans une forêt mystérieuse, où elle découvre un château noir. Attirée par un tombeau, elle y pose sa main gauche marquée d'une rose noire, ce qui réveille le roi des vampires, Arón.

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« Tu n'es bonne à rien, Élise. »

Les mots résonnaient encore dans sa tête alors qu'elle courait, les branches fouettant son visage. Ses poumons brûlaient, ses jambes tremblaient, mais elle ne s'arrêta pas. La maison était loin derrière elle, la douleur encore fraîche sur sa joue. Elle n'y retournerait jamais.

La forêt l'avait avalée sans un bruit. Les arbres étaient si hauts qu'ils cachaient le ciel, et la lumière du jour s'effaçait peu à peu. Élise serra sa veste contre elle. Ses doigts rencontrèrent la marque sur sa paume gauche — une rose noire, fine et détaillée, apparue à sa naissance. Ses parents disaient que c'était une malédiction. Peut-être l'était-ce.

Le sol montait, les racines formaient des marches naturelles. Elle aurait dû faire demi-tour, mais quelque chose la tirait vers l'avant. Une lueur, au loin. Pas un village — trop sombre, trop silencieux. Un château.

Ses murs étaient noirs, presque absorbés par l'obscurité ambiante. Les tours s'élevaient comme des doigts squelettiques, et les fenêtres étaient vides. Élise hésita. Une partie d'elle hurlait de fuir. L'autre, celle qui avait survécu à tant de nuits de larmes, poussa la lourde porte de fer.

Elle s'ouvrit sans grincer, comme si elle l'attendait.

L'intérieur était froid, mais pas humide. Une poussière ancienne dansait dans les rares rayons de lune qui filtraient par les vitraux brisés. Élise avança, ses pas résonnant sur la pierre. Des tapisseries déchirées pendaient aux murs, leurs couleurs effacées par le temps. Elle passa devant une bibliothèque, une salle de trône vide, puis un long couloir qui descendait.

Au bout, une salle ronde. Et au centre, un tombeau.

Il était en marbre noir, poli comme un miroir. Des gravures de roses grimpaient sur ses flancs, et une lumière argentée en émanait, douce et tremblante. Élise s'approcha sans y penser. Sa main gauche la démangeait, la marque chauffait contre sa peau.

« Qu'est-ce que tu fais ? » murmura-t-elle.

Mais elle ne s'écouta pas. Elle tendit la main, paume ouverte, et toucha le couvercle du tombeau.

La pierre vibra. Un souffle froid traversa la pièce, et la lumière s'intensifia, faisant danser les ombres. Élise voulut retirer sa main, mais elle était collée au marbre. La marque brillait d'un éclat noir, et le tombeau s'ouvrit dans un grondement sourd.

De l'intérieur monta une brume épaisse. Élise recula, le cœur battant à se rompre. Elle vit une silhouette se dresser, grande, habillée de noir. Des cheveux d'ébène encadraient un visage pâle, et ses yeux — deux braises rouges — s'ouvrirent lentement.

Il était magnifique. Terrifiant.

Le roi des vampires la regarda, inclinant la tête. Sa voix, grave et mélodieuse, brisa le silence :

« La rose noire... elle a enfin trouvé son chemin vers moi. »

Élise ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle recula encore, trébuchant sur une marche.

Il ne bougea pas. Il se contenta de l'observer, un sourire doux et triste aux lèvres.

« N'aie pas peur, Élise. Je t'attendais depuis si longtemps. »

Elle secoua la tête. « Comment connais-tu mon nom ? »

Il descendit du tombeau, ses pas silencieux sur la pierre. Chaque mouvement était fluide, ancien, comme s'il dansait avec le temps lui-même.

« Cette marque sur ta main... elle est la clé de mon sommeil. Et de mon réveil. »

Il s'arrêta à quelques pas d'elle. Ses yeux rouges s'adoucirent, et il tendit la main, paume ouverte, attendant.

« Je suis Arón. Et toi, Élise, tu es la seule à pouvoir briser ma solitude. »

Le silence retomba. La marque sur sa main pulsait doucement, comme un second cœur. Élise regarda la main tendue, puis le visage de l'homme — du vampire — devant elle. Il n'avait pas l'air d'un monstre. Il avait l'air de quelqu'un qui avait attendu dans l'ombre pendant des siècles.

Elle inspira profondément. Et tendit la main.

Ses doigts effleurèrent les siens.

Un éclat de lumière noire les enveloppa, et le château entier sembla respirer. Les lanternes s'allumèrent, les tapisseries retrouvèrent leurs couleurs, et un vent chaud traversa les couloirs.

Arón serra sa main doucement, et un sourire, le premier depuis des siècles, illumina son visage.

« Bienvenue chez toi, Élise. »

Mais derrière lui, dans l'ombre du tombeau, quelque chose bougea.

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