Chapter 5

L'Écho de Kadima

Grâce à Pierre Kabuya, mécanicien de l'équipe de M. Kolohski, David entend parler de Kadima, un contre-maître. Le nom, d'origine hébraïque, résonne en lui, promettant une clé pour accéder aux précieuses pierres.

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Les ruelles de Luputa vibraient d'une énergie palpable, un mélange de poussière ocre, de sueur et de promesses murmurées. David Rosenthal, encore imprégné de l'odeur métallique des machines et du parfum subtil des diamants d'Anvers, se sentait étrangement à sa place dans ce tourbillon. Mais la ville, aussi fascinante soit-elle, gardait ses secrets, et l'accès aux véritables richesses, celles qui jaillissaient des entrailles de la terre, demeurait un mystère jalousement gardé. On lui avait dit, sans ambages, que le commerce direct des pierres brutes était une chimère, que l'accès aux mines de Bakuanga était strictement interdit, un mur infranchissable pour les âmes non autorisées.

C'est dans ce dédale de règles tacites et de frontières invisibles que le destin, ou peut-être simplement la curiosité, le conduisit vers un homme nommé Pierre Kabuya. Pierre travaillait comme mécanicien graisseur, un rôle essentiel mais discret dans l'immense machinerie de la laverie et du triage de diamants. Il faisait partie de l'équipe d'entretien dirigée par Monsieur Joseph Kolohski, un Belge d'origine juive-polonaise, homme d'expérience aux épaules larges et au regard perçant, qui semblait porter sur lui le poids de mille histoires.

David avait croisé Pierre près des hangars bourdonnants, où l'air était lourd des effluves d'huile et de métal chauffé. L'Américain, toujours à l'affût d'une information, d'une brèche dans le système, avait engagé la conversation, son français teinté d'un léger accent américain, cherchant à décrypter les murmures de Luputa.

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