Chapter 2
L'ombre d'un secret
Elena commence à travailler sur le devoir que lui a confié M. Dias, mais un incident inattendu la pousse à retourner au collège après les cours. Là, elle surprend une conversation tendue entre Marco Dias et un homme inconnu. Ébranlée par ce qu'elle entend et voit, elle commence à comprendre que le professeur cache réellement un lourd passé. Son désir de percer ce mystère s'intensifie, attisant l'inquiétude mais aussi l'attirance entre les deux personnages.
Elena passa la soirée plongée dans les livres, relisant avec minutie les lois de la gravité, feuilletant des articles bien au-delà du manuel scolaire. Elle voulait impressionner M. Dias, bien sûr, mais aussi comprendre pourquoi, devant elle, cet homme si froid avait laissé filtrer l’ébauche d’un sourire. La nuit avançait, et la lumière de son bureau dessinait sur le mur des ombres mouvantes, comme si ses pensées agitées prenaient forme.
Au petit matin, un imprévu bouscula ses plans. Dans la précipitation, elle s’aperçut qu’un de ses carnets de notes, rempli de schémas préparés pour le devoir, avait disparu. Après une rapide fouille, l’évidence s’imposa : elle avait dû le laisser dans la salle de sciences la veille. Son cœur s’accéléra. Impossible d’attendre, elle devait le récupérer avant que quiconque ne le trouve.
En franchissant les grilles silencieuses du collège encore désert, Elena sentit une étrange tension dans l’air, un pressentiment qui la fit ralentir. Les couloirs étaient plongés dans la pénombre, seuls quelques rayons de soleil s'infiltraient entre les stores. Lorsqu’elle approcha de la salle de sciences, des voix basses se firent entendre derrière la porte entrouverte.
D’abord, elle pensa rebrousser chemin, mais sa curiosité prit le dessus. Deux silhouettes se découpaient dans l’ombre : Marco Dias et un homme qu’Elena n’avait jamais vu. Celui-ci, trapu, vêtu d’une veste usée, parlait à voix basse, mais son ton trahissait l’impatience.
— Tu sais que ce n’est pas prudent de rester ici, murmurait-il.
— Je n’ai pas le choix, répondit Marco, la voix tendue. Ce passé ne me laissera jamais tranquille, mais je dois finir ce que j’ai commencé.
Elena, retenant sa respiration, sentit le sol vaciller sous ses pieds. Le professeur n’était donc pas seulement distant par choix, mais pour se protéger — ou protéger les autres. L’homme inconnu, visiblement agacé, s’approcha :
— Tu risques tout. Pour qui ? Pour quoi ?
Un silence lourd s’abattit. Elena, tapie dans l’angle du couloir, sentit son carnet glisser de ses mains et tomber sur le carrelage avec un bruit sec.
La conversation cessa. Marco ouvrit brutalement la porte, découvrant Elena pétrifiée, le carnet à ses pieds. Son regard, d’habitude impassible, s’assombrit. L’autre homme s’effaça dans l’ombre, disparaissant sans un mot.
— Que faites-vous ici à cette heure, Mademoiselle Castillo ? demanda Marco, la voix glaciale.
Elena, hésitante, releva la tête :
— Je… j’avais oublié mes notes. Je ne voulais déranger personne.
Un silence inconfortable s’installa. Le professeur ramassa le carnet et le lui tendit. Son visage, dur quelques instants plus tôt, se décrispa. Il murmura, presque pour lui-même :
— Il y a des choses que vous feriez mieux d’ignorer.
Mais Elena sentit, dans cette phrase, plus un appel à la prudence qu’une menace. Elle ramassa son courage :
— On ne peut pas avancer sans comprendre. Même la gravité agit en silence, mais elle explique tout.
Marco la fixa longuement. Pour la première fois, il sembla troublé, pris entre la méfiance et l’admiration. Elena sortit, le cœur battant, consciente que désormais, la frontière entre devoir et secret s’était effritée.
Dans la cour, l’air était clair, mais rien ne serait plus tout à fait simple. Derrière la rigidité de Marco Dias se cachait une histoire prête à rejaillir, et Elena, malgré l’inquiétude, savait qu’elle ne renoncerait pas à la découvrir.