Chapter 4
Le silence de mon cœur
Le silence de mon cœur Chaque jour, je me promettais de te dire ce que je ressentais. Chaque jour, je renonçais. Je répétais les mots dans ma tête, mais lorsqu'il fallait les prononcer, ils disparaissaient. J'avais peur. Peur que tu refuses. Peur que notre complicité change. Peur de te perdre. Alors je préférais garder mes sentiments au fond de moi. Je croyais protéger notre relation. Je ne savais pas encore que le silence pouvait parfois éloigner deux personnes plus sûrement que la distance. Le temps continuait de passer. Et, sans m'en rendre compte, je laissais s'envoler les occasions que le destin déposait devant moi.
Chaque jour, je me promettais de te dire ce que je ressentais. Chaque jour, je renonçais. Je répétais les mots dans ma tête, les façonnais, les polissais jusqu'à ce qu'ils brillent comme des joyaux dans le secret de mon esprit. Mais lorsqu'il fallait les prononcer, lorsqu'il suffisait d'un souffle pour franchir le gouffre entre mon cœur et tes oreilles, ils disparaissaient. Ils s'évaporaient comme la rosée du matin sous un soleil trop ardent. J'avais peur, Élise. Une peur sourde et paralysante qui s'emparait de moi dès que ton regard croisait le mien, dès que ta voix résonnait dans la cour de récréation ou dans le silence feutré de la bibliothèque.
Peur que tu refuses. Cette pensée, tel un poison lent, distillait son amertume dans mes veines. Que tu me regardes avec pitié, que tu me rejettes, que notre complicité, si précieuse et fragile, vole en éclats sous le poids de mes aveux. Peur que notre amitié, ce lien naissant et pourtant déjà si fort, se transforme en quelque chose de gênant, d'insupportable. Peur de te perdre. Oui, c'était la peur ultime, celle qui me glaçait le sang et me faisait reculer, encore et toujours. Alors, je préférais garder mes sentiments au fond de moi, enfouis sous des couches d'indifférence feinte et de sourires maladroits. Je me persuadais que je te protégeais, que je préservais l'innocence de ce que nous étions. Je ne savais pas encore, pauvre naïf que j'étais, que le silence pouvait parfois éloigner deux personnes plus sûrement que la distance, plus sûrement que les années.
Le temps continuait de passer, inexorable, indifférent à mes tourments intérieurs. Chaque journée était une nouvelle occasion manquée, un murmure de regret qui s'ajoutait à la cacophonie de mes pensées. Je te voyais rire avec les autres, échanger des regards complices, vivre ta jeunesse avec une aisance qui me fascinait et me désespérait à la fois. Et moi, je restais dans l'ombre, spectateur silencieux de ma propre vie, enfermé dans la prison dorée de mes non-dits. Je laissais s'envoler les occasions que le destin déposait devant moi, telles des feuilles mortes emportées par un vent capricieux. Un mot que j'aurais pu te dire en passant, un regard que j'aurais pu soutenir un peu plus longtemps, une main que j'aurais pu effleurer. Autant de petits riens qui, cumulés, formaient un océan de "si seulement".
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