Chapter 2
L'Ombre des Envahisseurs
Les premiers pas de Myron dans le passé sont marqués par la confrontation. Il affronte des forces extraterrestres d'une puissance redoutable, vestiges de l'invasion qu'il cherche à prévenir. Chaque combat est un test de sa détermination.
Les débris flottaient dans une danse macabre, des fragments d'une civilisation autrefois vibrante, maintenant réduits en poussière par le souffle glacial de la conquête. Myron, l'agent X, se tenait au milieu de ce néant, son armure d'un noir profond absorbant la lumière faible qui filtrait à travers l'atmosphère fracturée. Le futur. Un mot qui résonnait désormais comme un écho creux, une promesse brisée. Sa mission était simple, d'une simplicité brutale : remonter le temps, défaire ce qui avait été fait, et offrir à l'humanité une seconde chance. Une chance qu'il n'avait pas réussi à lui donner, malgré d'innombrables tentatives, d'innombrables échecs, d'innombrables vies perdues.
Il activa son chronocompteur, l'appareil scintillant d'une lumière bleutée sur son avant-bras. Les coordonnées étaient fixées : 2042. Une époque avant le cataclysme, avant que les Cérastes ne déploient leurs tentacules de métal et de feu sur une Terre naïve. L'énergie crépita autour de lui, une distorsion de l'espace-temps qui le serra comme un étau avant de le libérer dans un monde qui n'était pas encore le sien.
Il atterrit dans ce qui avait été autrefois une forêt luxuriante. Désormais, les arbres étaient tordus, leurs branches squelettiques s'agrippant au ciel comme des suppliques silencieuses. L'air était lourd, chargé d'une odeur âcre de métal brûlé et de quelque chose d'autre, de plus organique, de plus sinistre. Il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur le paysage dévasté. Les Cérastes étaient arrivés plus tôt qu'il ne l'avait anticipé. Ou peut-être que le passé était plus fragile qu'il ne le pensait.
Un grondement sourd déchira le silence. Le sol trembla sous ses bottes. Il leva son fusil à impulsion, le canon s'ajustant automatiquement à la menace imminente. De l'ombre naquirent des silhouettes massives, des créatures d'une horreur mécanique. Des Brutes Cérastes, des machines de guerre animées par une intelligence artificielle rudimentaire mais implacable. Leurs carapaces chitineuses reflétaient la lumière mourante, leurs multiples yeux optiques fixés sur lui, l'intrus.
« C'est donc ça, le début », murmura Myron, sa voix rauque comme du gravier. Il n'y avait pas de place pour la peur, seulement pour l'efficacité.
Le premier assaut fut fulgurant. Une décharge d'énergie verte jaillit d'une des Brutes, ricochant sur son bouclier énergétique avec un sifflement strident. Myron esquiva, son corps se mouvant avec une grâce létale, le fruit d'années d'entraînement et de survie. Il riposta d'une rafale de plasma, chaque tir visant un point vital, une jointure, un capteur. Les Brutes étaient puissantes, mais elles étaient aussi prévisibles. Leur force brute était leur seule arme, leur manque de subtilité leur talon d'Achille.
Un tir précis désactiva l'arme principale d'une Brute, la faisant tituber. Myron profita de l'ouverture, se jetant en avant, son épée énergétique s'extrayant de son fourreau dorsal. La lame, d'un bleu électrique incandescent, mordit le métal épais, créant des étincelles aveuglantes. Il trancha, découpant, disloquant. La première Brute s'effondra dans une cascade de métal tordu et de câbles fumants.
Mais il en restait trois. Deux autres s'approchèrent, leurs griffes métalliques raclant le sol dans une cacophonie assourdissante. Myron se déplaça en cercle, analysant, anticipant. Il était un fantôme dans ce monde mourant, un vestige d'un futur qu'il refusait de laisser advenir. Chaque coup qu'il portait était un acte de foi, une prière silencieuse pour ceux qui n'auraient jamais la chance de voir le soleil se lever sur une Terre libre.
Le combat était brutal, épuisant. Les impacts résonnaient dans sa cage thoracique, chaque coup encaissé le rappelant à la fragilité de son propre corps, malgré le soutien de son armure. Il sentait la fatigue s'installer, mais il la repoussait. La fatigue était un luxe qu'il ne pouvait pas se permettre. Pas maintenant.
Il réussit à désarmer une autre Brute, puis à la neutraliser avec une grenade à impulsion IEM. Leurs systèmes électroniques grésillèrent, puis s'éteignirent, les laissant inertes. Il restait la dernière. Elle était plus grande, plus imposante, ses armements plus sophistiqués. Un rayon laser d'une intensité terrifiante balaya l'air à quelques centimètres de sa tête, faisant fondre la terre sous son passage.
Myron se jeta au sol, roulant pour se mettre à couvert derrière ce qui avait été un tronc d'arbre massif. Le métal de son armure commença à chauffer sous l'assaut continu. Il devait agir vite. Il activa une fonction de son armure, projetant une série de leurres holographiques dans différentes directions. La Brute, trompée par les illusions, dispersa ses tirs.
C'était son opportunité. Il sortit de sa cachette, courant à pleine vitesse, son épée énergétique levée. Il sauta, utilisant une déformation du terrain comme tremplin, et atterrit sur le dos de la créature mécanique. Ses griffes s'enfoncèrent dans la carapace, cherchant une faille. La Brute se débattait sauvagement, tentant de le désarçonner. Myron s'accrocha, son objectif le point faible de sa tête, là où se trouvait son processeur central.
Avec un rugissement de métal déchiré, il enfonça son épée. Une explosion de lumière aveuglante jaillit du point d'impact, suivie d'un silence soudain et assourdissant. La dernière Brute se liquéfia en une masse informe de métal fondu, ses lumières optiques s'éteignant définitivement.
Myron retomba lourdement au sol, son souffle court et saccadé. Il resta un instant immobile, le corps endolori, l'esprit saturé par l'adrénaline. Il avait réussi. La première rencontre était une victoire. Mais ce n'était que le début. Il savait que les Cérastes étaient légion, que cette rencontre n'était qu'un avant-goût de ce qui l'attendait.
Il se releva, balayant du regard les restes fumants des machines de guerre. Il devait trouver un moyen de se fondre dans la masse, de comprendre ce monde avant de pouvoir le sauver. Sa mission était de prévenir l'invasion, pas de devenir un autre fantôme dans un paysage déjà hanté par la mort.
Il se remit en marche, s'enfonçant plus profondément dans la forêt dévastée. Chaque pas était une découverte, chaque ombre une menace potentielle. Il repéra des traces de vie, des signes de survie humaine. Des abris improvisés, des feux de camp éteints, des vêtements déchirés. L'humanité se battait, même dans ces conditions désastreuses. Il fallait croire qu'il y avait encore de l'espoir.
C'est alors qu'il entendit un cri. Un cri de terreur, suivi d'un bruit de lutte. Il accéléra le pas, son instinct d'agent prenant le dessus. Il déboucha dans une petite clairière et la scène qui s'offrit à lui le glaça sur place.
Une jeune femme se débattait contre un groupe de maraudeurs. Pas des Cérastes, mais des humains. Des hommes désespérés, réduits à la sauvagerie par le chaos. Ils étaient armés de couteaux et de gourdins, leurs yeux brillants de malice et de faim. La femme, malgré sa petite taille, se défendait avec une farouche détermination, mais elle était clairement désavantagée.
Myron n'hésita pas. Il dégaina son pistolet à impulsion, le réglant sur une décharge non létale. Il tira, chaque tir visant à désorienter, à neutraliser sans blesser gravement. Les maraudeurs tombèrent au sol, secoués par des décharges électriques, leurs corps inertes.
La femme, le souffle court, se retourna, ses yeux écarquillés de surprise et de peur. Elle était magnifique, malgré la crasse et les larmes qui marquaient son visage. Ses cheveux bruns étaient emmêlés, ses vêtements simples mais propres portaient les stigmates du combat. Elle le fixa, son regard passant de son armure imposante à son arme menaçante.
« Qui… qui êtes-vous ? », balbutia-t-elle, sa voix tremblante.
Myron baissa lentement son arme. Il détestait ce rôle, celui du sauveur tombé du ciel. Mais il ne pouvait pas laisser une vie être fauchée sous ses yeux.
« Je suis… un voyageur », répondit-il, sa voix plus douce qu'à l'accoutumée. « Et vous êtes en sécurité maintenant. »
Elle le scruta avec méfiance, son regard s'attardant sur l'équipement étrange qui la protégeait. « Un voyageur ? Vous venez d'où ? »
« D'un endroit très lointain », dit-il, évitant sa question directe. « Mon nom est Myron. »
« Elodie », répondit-elle, un léger battement de ses cils révélant une once d'espoir. « Merci, Myron. Ils… ils voulaient tout prendre. »
« Je comprends », dit-il, sa voix empreinte d'une lassitude qu'il ne pouvait masquer. Il avait vu trop de désespoir, trop de désespoir. « Vous n'êtes pas la seule à devoir vous battre pour survivre. »
Il l'aida à se relever, ses mains effleurant les siennes. Un contact inattendu, une étincelle minime dans la noirceur ambiante. Il sentit quelque chose bouger en lui, quelque chose qu'il avait cru mort depuis longtemps. L'espoir ? Peut-être.
« Vous devez partir d'ici, Elodie », dit-il, son ton redevenant plus ferme. « Cet endroit n'est plus sûr. »
Elle hocha la tête, reconnaissante. « Je sais. J'essayais de rejoindre un campement plus sûr, mais… »
« Je vais vous y conduire », dit Myron. Il n'était pas censé se lier, pas censé créer de liens. Mais quelque chose dans le regard d'Elodie le poussait à déroger à ses règles. Peut-être était-ce la force qu'elle dégageait malgré sa vulnérabilité, ou peut-être était-ce simplement le reflet de l'humanité qu'il était venu sauver.
Alors qu'ils se mettaient en route, Myron jeta un dernier regard vers le ciel. Une traînée lumineuse traversa l'horizon. Un vaisseau Céraste. L'ombre des envahisseurs s'étendait, même ici, même maintenant. Sa mission ne faisait que commencer, et il sentait déjà que ce voyage serait plus complexe, plus dangereux, et peut-être plus significatif qu'il ne l'avait jamais imaginé. Le destin de l'humanité reposait sur ses épaules, mais pour la première fois depuis longtemps, il n'était pas entièrement seul. L'ombre des envahisseurs planait, mais une nouvelle lumière, faible mais persistante, venait d'apparaître.