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Chapter 1

Chapitre 1 — La Nuit des Silencieux

Léa et Maya sont deux amies qui tentent de survivre dans une ville envahie par des créatures silencieuses et mortelles attirées par le bruit. Après s'être réfugiées dans une pharmacie, elles entendent un message radio annonçant un laboratoire comme lieu sûr. Elles décident de s'y rendre, mais leur parcours est semé d'embûches et elles sont bientôt poursuivies par un groupe de Silencieux, les forçant à s'engouffrer dans un bâtiment abandonné.

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Léa ouvrit les yeux. Tout était noir. Il faisait si noir qu'elle aurait pu jurer qu'elle était devenue aveugle. Puis le silence lui revint. Un silence lourd, épais, presque solide. Elle n'entendait rien. Pas de vent, pas de voitures, pas d'oiseaux. Juste le vide.

Elle se rappela ce qui s'était passé. L'alerte. Les bruits soudains. La fuite. Et Maya qui l'avait tirée par la manche à travers les rues vides.

« Léa ? »

La voix de Maya était à peine un murmure. Léa tourna la tête et distingua une ombre plus sombre dans l'obscurité. Son amie était accroupie près d'elle, une lampe torche éteinte à la main.

« Je suis là », répondit Léa. Sa propre voix lui sembla trop forte dans le silence.

« Chut. Parle moins fort. Tu sais ce qui arrive quand on fait du bruit. »

Léa hocha la tête, puis se rappela que Maya ne pouvait pas la voir. Elle avait déjà compris la règle depuis deux heures qu'elles erraient. Le moindre son attirait les créatures. Les Silencieux. Le nom leur était venu naturellement, comme s'il avait toujours été là, caché dans un coin de leur esprit.

Elles étaient dans une petite pièce. Léa sentait l'odeur de poussière et de désinfectant bon marché. Une pharmacie, peut-être. Elles s'étaient réfugiées ici après qu'un bruit de verre brisé avait déclenché une course-poursuite dans la rue.

« Quelle heure est-il ? » chuchota Léa.

Maya alluma son téléphone, écran réglé au minimum. « Deux heures du matin. »

« On ne peut pas rester ici. Il faut trouver un endroit sûr. »

« Il n'y a pas d'endroit sûr », dit Maya. Sa voix était dure, mais pas méchante. Juste fatiguée. « Les Silencieux sont partout. Et ils sont plus rapides qu'on ne le pensait. »

Léa ferma les yeux. Elle revoyait la scène : la femme qui était tombée dans la rue, le bruit de sa chute, et puis l'ombre qui avait jailli d'une porte et l'avait emportée en quelques secondes. Aucun cri. Juste un bruit sourd, et puis plus rien.

« Tout a commencé ce soir, non ? » demanda Léa, même si elle connaissait la réponse.

« Oui. Les informations parlaient d'un virus, d'une épidémie. Mais rien ne préparait à ça. »

Maya marqua une pause. Elle semblait écouter. Au bout de quelques secondes, elle reprit :

« J'ai entendu un message radio avant que le réseau ne tombe. Il parlait d'un laboratoire, à l'est de la ville. Un endroit où des survivants se rassemblaient. »

« Un laboratoire ? Comme dans les films ? »

« Peut-être. Mais c'est notre seule chance. Si on reste ici, on finira par faire un bruit, et ce sera fini. »

Léa sentit son cœur battre plus vite. La peur lui serrait la poitrine, mais elle savait que Maya avait raison. Elles ne pouvaient pas rester cachées éternellement.

« D'accord. On y va. Mais comment on fait pour ne pas faire de bruit ? »

Maya alluma sa lampe torche, mais ne la dirigea pas vers Léa. Elle éclaira un plan de la ville qu'elle avait trouvé sur une table. « On prend les ruelles. Évite les débris. Et si tu entends quelque chose, on s'arrête et on attend. »

« Et si on est poursuivies ? »

« On court. Mais pas trop vite. Les bruits de pas les attirent aussi. »

Léa avala sa salive. Elle détestait cette idée. Mais elle détestait encore plus l'idée de rester là, dans le noir, à attendre que la mort vienne.

Elles se levèrent doucement. Maya ouvrit la porte de la pharmacie avec une infinie précaution. La rue était déserte, baignée par une lumière blafarde de réverbère. Pas de mouvement. Pas de bruit.

« Maintenant », souffla Maya.

Elles sortirent.

Leurs pas faisaient à peine un son sur le trottoir. Léa veillait à poser le pied en entier, à éviter les gravillons. Chaque pas était une prière pour que le sol ne craque pas.

Elles longèrent les devantures fermées. Une voiture était abandonnée au milieu de la chaussée, portières ouvertes. Léa jeta un coup d'œil à l'intérieur : elle vit un sac à main, un téléphone, mais personne.

« Ne t'arrête pas », murmura Maya.

Elles continuèrent.

Soudain, un bruit. Un grincement. Léa se figea. Maya aussi. Il venait d'une poubelle, un peu plus loin dans la ruelle. Un rat, peut-être. Mais le bruit était suffisant pour que quelque chose réagisse.

Un Silencieux apparut au bout de la ruelle.

Il était grand, décharné, avec des mouvements saccadés. Il tourna la tête de gauche à droite, comme s'il écoutait. Puis il commença à avancer dans leur direction.

Maya attrapa la main de Léa et l'attira vers une porte entrebâillée. Elles se glissèrent à l'intérieur sans faire de bruit. La porte se referma derrière elles.

L'obscurité était totale. Léa entendait son propre cœur. Elle retint sa respiration. Des pas légers, très rapides, passèrent devant la porte. Puis ils s'éloignèrent.

« Respire », dit Maya doucement.

Léa laissa échapper un souffle. « Ça va ? »

« Oui. Mais on doit faire attention. Il y a beaucoup de Silencieux dans ce quartier. »

Léa regarda autour d'elle. Elles étaient dans une sorte de hall d'immeuble. Un escalier montait. Un couloir menait vers l'arrière.

« Il faut trouver un autre chemin », dit Maya.

Elles avancèrent dans le couloir. Au bout, une porte donnant sur une cour intérieure. Le ciel était visible, sombre, sans étoiles. La cour était vide.

« Par là », indiqua Maya.

Mais au moment où elles allaient traverser, un bruit retentit derrière elles. Un bruit de verre écrasé.

Elles se retournèrent. Trois silhouettes se tenaient à l'entrée de la cour. Immobiles. Puis, en une fraction de seconde, elles se mirent à courir.

Maya poussa Léa vers la sortie opposée. « Cours ! »

Elles coururent. Leurs pas résonnaient sur le sol. Léa sentait les yeux des créatures dans son dos. La porte de la cour était juste devant. Maya l'ouvrit d'un coup d'épaule, et elles se ruèrent dans une rue parallèle.

« Continue ! » cria Maya.

Léa ne regarda pas derrière. Elle entendait les pas rapides, de plus en plus proches. Elle tourna dans une ruelle, puis une autre. Maya la suivait de près.

Soudain, un mur se dressa devant elles. Une impasse.

« Non, non, non… » haleta Léa.

Maya regarda autour d'elle. Il y avait une porte de service en métal. Elle tira la poignée. Verrouillée.

« On est bloquées », dit Léa, la voix tremblante.

Les pas se rapprochaient. Trois ombres apparurent à l'entrée de la ruelle.

Maya recula et donna un coup d'épaule dans la porte. Le métal vibra, mais ne céda pas.

« Aide-moi ! »

Léa se joignit à elle. Ensemble, elles frappèrent la porte. Le bruit était énorme. Les Silencieux accélérèrent.

Au troisième coup, la porte céda. Elles tombèrent à l'intérieur, refermèrent la porte derrière elles et la bloquèrent avec une barre qui traînait là.

Des coups sourds retentirent sur le métal. Les Silencieux étaient juste derrière.

« Ça va tenir ? » demanda Léa, essoufflée.

Maya examina la porte. « Je crois. Mais pas longtemps. Il faut bouger. »

Elles se retournèrent. Elles se trouvaient dans un long couloir mal éclairé. Une odeur de moisi et de produits chimiques flottait dans l'air.

« Où sommes-nous ? »

« Je ne sais pas. » Maya sortit son téléphone pour éclairer. « Mais c'est un bâtiment. Peut-être un laboratoire ? Regarde. »

Elle montra un panneau sur le mur : « CENTRE DE RECHERCHE — ACCÈS RÉSERVÉ ».

« C'est le laboratoire du message radio ? »

« Possible. »

Des bruits de pas résonnèrent derrière la porte. Les Silencieux essayaient toujours d'entrer.

« On n'a pas le choix », dit Maya. « On va devoir explorer. »

Léa sentit l'anxiété monter. Le noir, le silence, les couloirs étroits. Mais elle regarda Maya, et vit la détermination dans ses yeux. Elle inspira profondément.

« D'accord. On y va. »

Elles avancèrent dans le couloir, la lampe torche de Maya traçant un cône de lumière tremblant. Derrière elles, la porte continuait de trembler sous les coups. Devant elles, l'obscurité les attendait.

Au loin, un bruit de mécanisme s'enclencha. CLIC. Puis une lumière rouge s'alluma au plafond.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Léa.

Une voix électronique résonna, froide, mécanique :

— PROTOCOLE SILENCE ACTIVÉ.

Léa et Maya échangèrent un regard. Elles ne savaient pas ce que cela signifiait, mais elles comprenaient une chose : dans ce laboratoire, le danger n'était pas seulement à l'extérieur.

Il était aussi à l'intérieur.

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