Chapter 1
Chapitre 1
Élise aperçoit son ancien amour sous un auvent, et malgré le chaos de leurs retrouvailles, une demande inattendue la force à rester.
La pluie lavait les pavés, mais pas le souvenir de son rire. Élise ajusta le col de son manteau, le vent d'octobre mordant ses joues. Elle n'était pas revenue dans ce quartier depuis des années, depuis que leur histoire s'était éteinte comme une bougie dans un courant d'air. Chaque boutique, chaque lampadaire semblait murmurer leur passé. Elle espérait une échappatoire, un moyen d'éviter les fantômes qui hantaient ces rues familières. Mais le destin, ce farceur taquin, avait d'autres plans. En tournant le coin de la rue, elle le vit. Debout sous l'auvent d'un café, le même sourire désinvolte, les mêmes yeux qui la faisaient autrefois fondre. Le temps s'arrêta. Son cœur, lui, s'accéléra.
— Élise ? fit-il, la voix hésitante, comme s'il n'osait y croire.
Elle voulut fuir, tourner les talons, disparaître dans la brume parisienne. Mais ses pieds refusèrent d'obéir. Il s'avança, une main tendue, et la pluie glissa sur ses épaules sans qu'il paraisse s'en soucier.
— Ça alors, murmura-t-il en s'arrêtant à un mètre d'elle. Toi ici.
— Antoine, répondit-elle, le prénom lui échappant comme un souffle.
Il avait changé. Pas beaucoup, mais assez pour qu'elle remarque les rides fines autour de ses yeux, la barbe de trois jours qui assombrissait sa mâchoire. Il portait un blouson en cuir fatigué, le même qu'il avait déjà à vingt-cinq ans, et une écharpe bleue dénouée qui pendait négligemment.
— Je peux t'offrir un café ? proposa-t-il avec ce ton qu'elle connaissait bien, celui qu'il prenait quand il savait qu'elle allait refuser mais qu'il tentait sa chance quand même.
— Je suis pressée, mentit-elle en resserrant son écharpe.
Elle commence à partir mais elle sont une main la retenir.
— Il pleut, Élise. Et tu trembles. Juste un café, le temps que l'averse se calme on doit parler toi et moi.
Elle jeta un coup d'œil vers le ciel gris. La pluie redoublait, tambourinant contre les stores des magasins. Les gouttes glissaient sur ses cils, et une mèche de cheveux bruns collait à sa joue,Elle retire sa main de la main de Antoine .
— parler de quoi ? On n’a rien à ce dire…elle soupire très bien ,dit-elle à contrecœur. Mais juste un café.
Le café sentait le pain chaud et le chocolat. Des lampes dorées éclairaient les murs tapissés d'affiches anciennes. Ils s'assirent près de la fenêtre, et un silence gêné s'installa entre eux, plus lourd que le ciel d'octobre.
— Tu as bonne mine, dit-il enfin en tournant sa cuillère dans sa tasse.
— T’es ici pour me dire que j’ai bonne mine ? Dit moi maintenant ce que tu veux parler.
— Toujours. Aussi décrète je veux parler de ce qui passer entre nous.
— Entre nous ? Dit t’elle avec un peu de colère . Il y a rien à dire sais le passer.
— Ah. Il y à rien à dire ?, répéta-t-il, comme si ce mot avait une signification particulière.
Tu te trompes…
Le serveur apporta leurs tasses. Élise souffla sur la mousse, cherchant quoi dire. Les souvenirs affluaient : leurs nuits à Montmartre, les discussions interminables sur le toit de son appartement, la façon dont il riait en renversant du vin sur la nappe blanche. Et puis la dispute, les mots trop durs, le silence. Quatre ans sans un message.
— Pourquoi es-tu vraiment ici ? demanda-t-il soudain, ses yeux plongeant dans les siens.
— pour Le travail.
— Tu n'as jamais su mentir, Élise. Tu pinces les lèvres quand tu mens.
Elle pinça les lèvres. Il sourit.
— D'accord, soupira-t-elle. C'est pour l'enterrement de ma tante. Elle habitait dans le Marais. Je dois vider son appartement avant la fin du mois, et le notaire…
— Je suis désolé, coupa-t-il doucement. J'aimais bien ta tante. Elle nous faisait toujours des tartes aux pommes.
— Oui, elle… Elle m'a laissé quelque chose. Un carnet, des photos. Je crois qu'elle voulait que je trouve une réponse.
— Une réponse à quoi ?
Élise baissa les yeux. La question resta suspendue, et le bruit de la pluie emplit l'espace. Antoine posa sa main sur la table, paume ouverte, sans la toucher.
— Je peux t'aider, si tu veux. Pour l'appartement. Je connais des déménageurs, des brocanteurs.
— Je n'ai pas besoin de ton aide, Antoine. Pas après tout ce temps ni jamais j’ai accepté de venir car tu a insisté mais sinon je veux rien de toi.
— Pourquoi es-tu fâchée, Élise ? Ou plutôt, pourquoi l'es-tu encore ?
Elle leva les yeux, surprise par la franchise de la question. Il la regardait sans la juger, juste avec cette curiosité patiente qu'elle avait aimée autrefois.
— Parce que tu es parti sans te retourner, dit-elle, la voix plus dure qu'elle ne voulait. Parce que tu as choisi ton travail plutôt que nous. Elle crie et frappe la table et tu me demandes pourquoi je suis en colère!…
— calme toi et assis toi s’il te plaît ,dit -t-il doucement.
— pourquoi je devrais m’assoir et me calmer ? C’est toi qui voulais parler du passé maintenant que on parle tu me dit de me clamer
Il soupira, passa une main dans ses cheveux mouillés. La pluie redoublait contre la vitre, et les lumières de la ville commençaient à s'allumer, dessinant des reflets flous sur le bitume.
— Je ne suis pas parti par choix, Élise. Je suis parti parce que…il s’arrête et ne termine pas sa phrase il serre les poings .
Le silence retomba, plus lourd encore. Élise sentit son estomac se nouer. Elle se souvenait de cette phrase.
— Élises … commença-t-il
— Ce n'est pas grave, ne me dit rien je veux pas savoir pourquoi tu ma quitter le coupa-t’elle affichant un sourire qui ne touchait pas ses yeux. C'était il y a longtemps.
Elle se leva, laissant quelques billets sur la table.
— Je dois y aller
Il l’arrêt et lui donne son numéro
_ si ta besoin d’aide fais moi savoir
Il glissa une carte de visite sur la nappe, à côté de la tasse à moitié pleine. Il ce lève aussi et part.
— Il n'a pas changé, ça non plus, pensa-t-elle en voyant son dos disparaître dans la foule.
Elle resta seule, les doigts tremblants, la pluie continuant à tomber comme si le ciel lui-même refusait de la laisser partir. La carte portait un numéro, rien de plus. Mais en la retournant, elle découvrit une phrase écrite à l'encre bleue : « Le café de la rue des Martyrs, demain à 19h. Viens, ou ne viens pas. Mais sache que je t'attendrai. »
Élise serra le carton dans sa main, le cœur battant à tout rompre. Il croit que je vais aller à cette rencontre ? Putin elle frappe la table
Son téléphone vibra. Un message de son amie Claire : « Alors, tu as réussi à éviter les fantômes ? »
Élise regarda la carte, puis la pluie, puis le ciel qui s'obscurcissait.
— Claire, répondit-elle en composant le numéro, je crois que je viens d'en trouver un.