Chapter 4
L'Ombre de la Maladie
Les jours difficiles sont consignés avec une honnêteté poignante. Les douleurs physiques et morales s'expriment dans les pages. La fragilité de Kim-youn-soog transparaît, mais aussi sa force cachée.
Les pages du journal se faisaient plus sombres, imprégnées d'une humidité qui n'était pas toujours celle des larmes. Parfois, c'était la sueur lourde, collante, qui tachait l'encre, témoignant des nuits où le repos était un luxe inaccessible. La maladie, cette compagne indésirable, avait pris ses quartiers en moi, redessinant les contours de mon existence avec une cruauté méthodique. Chaque matin était une nouvelle bataille, une négociation avec mon propre corps qui semblait parfois vouloir se retourner contre moi.
« Jour 73, » griffonnai-je, la main tremblante, non pas de froid, mais d'une fatigue profonde qui rongeait mes os. « Le soleil a osé se lever aujourd'hui. Il a traversé les rideaux, projetant des carrés de lumière sur le parquet. J’ai regardé ces rectangles dorés, imaginant la chaleur sur ma peau, l’odeur de l’herbe mouillée après la pluie. Mais je suis restée là, clouée à mon lit, prisonnière de mes propres limites. Le monde continue de tourner, indifférent à mon immobilité. Est-ce cela, la vie qui s’éloigne ? Un spectacle auquel on n’a plus droit de participer ? »
Les mots étaient simples, mais le poids qu'ils portaient était immense. Je décrivais les douleurs lancinantes, ces crampes qui me tordaient les entrailles, ces courbatures qui me donnaient l'impression d'avoir été battue. Mais plus encore, je consignais la douleur morale, celle qui s'insinuait insidieusement dans les interstices de mon âme. La peur. La peur de ce qui allait venir, de ce qui était déjà là sans que je puisse le nommer précisément. La peur de la solitude, même entourée. La peur de devenir un fardeau.
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