Chapter 1
CHAPITRE 1 — LE PROFESSEUR
Alors que le cours de Kang Tae-hyun commence normalement, un message sur son téléphone le fait partir précipitamment. Après une panne de courant brutale, les lumières se rallument sur une scène de chaos : du sang, des tables renversées, et presque tous les élèves ont disparu. Seo-yeon, Ji-ho et Ha-eun se retrouvent seuls, enfermés dans un lycée vide, tandis qu'une voix mystérieuse murmure à l'étage.
Le téléphone du professeur Kang Tae-hyun vibra contre sa cuisse alors qu’il écrivait une équation au tableau. Il s’interrompit, sortit l’appareil de sa poche, et son visage pâlit instantanément. Sans un mot, il rangea le téléphone, se tourna vers la classe.
— Écoutez-moi. Je dois aller régler quelque chose. Je reviens tout de suite.
— Monsieur, c’est quoi ? demanda Ha-eun depuis le premier rang.
Le professeur hésita une seconde, puis secoua la tête.
— Rien d’important. Continuez simplement à travailler.
Il sortit. La porte se referma avec un bruit sourd.
Au fond de la classe, Seo-yeon échangea un regard avec Ji-ho. Min-jae, à côté d’elle, haussa les épaules et reprit son téléphone. Ha-eun se retourna, une moue intriguée sur les lèvres.
— Il avait l’air bizarre, dit-elle.
— Peut-être un problème familial, murmura Ji-ho.
Les minutes s’écoulèrent. Cinq. Dix. Vingt. Le professeur ne revint pas.
À la fin de l’heure, un autre enseignant entra, le souffle court. Il annonça qu’il remplaçait Kang Tae-hyun, mais son regard restait fixé sur la porte. Les murmures commencèrent. « Il lui est arrivé quelque chose ? » « Pourquoi il est parti ? » Personne n’avait de réponse.
Une heure plus tard, le remplaçant reçut à son tour un message. Il devint livide, marmonna une excuse, et sortit. Un surveillant prit la relève, mais lui aussi s’éclipsa après quelques minutes.
Puis, d’un coup, les lumières s’éteignirent. Un silence épais tomba sur la salle.
— Euh… c’est une panne ? demanda une voix dans l’obscurité.
Personne ne répondit. Dans le couloir, un bruit sec retentit. Toc. Puis encore. Toc. Le surveillant, qui venait d’entrer, se dirigea vers la porte.
— Ne bougez pas.
Sa main saisit la poignée. Et soudain…
BAM !
Les lumières se rallumèrent aussi brutalement qu’elles s’étaient éteintes.
Seo-yeon cria.
La classe avait changé. Des tables gisaient renversées. Des cahiers et des sacs étaient éparpillés sur le sol taché de rouge. Du sang. Une traînée sombre s’étirait du bureau jusqu’à la porte. Et presque tous les élèves avaient disparu. Le surveillant aussi. Il ne restait que trois personnes debout : Seo-yeon, Ji-ho, et Ha-eun.
Min-jae n’était plus là. Sa chaise était vide.
— Où sont-ils ? souffla Ha-eun, la voix tremblante.
Ji-ho s’approcha d’une table renversée, les poings serrés.
— Peut-être qu’ils sont sortis pendant la coupure.
— Tous ? demanda Seo-yeon.
Il ne répondit pas. Il regarda le sang, puis le plafond.
— Il faut sortir d’ici.
Ils prirent leurs sacs – les leurs, épargnés – et quittèrent la salle. Le couloir était désert, les portes des autres classes ouvertes. Ils avancèrent rapidement.
— Professeur ? appela Ha-eun. Monsieur Kang ?
Aucune réponse. Le lycée entier semblait retenir son souffle.
Ils arrivèrent devant la salle des professeurs. La porte était grande ouverte. À l’intérieur, des chaises renversées, des papiers éparpillés, mais personne. Ji-ho sortit son téléphone. Pas de réseau. Seo-yeon essaya le sien : rien. Ha-eun non plus.
— Le téléphone fixe, suggéra Ji-ho.
Ils coururent jusqu’au bureau administratif. Le combiné était là. Ji-ho décrocha. Silence. Il appuya sur plusieurs touches. Rien. Pas même une tonalité.
— Ce n’est pas normal, murmura-t-il.
Seo-yeon regarda par la fenêtre. La cour était vide. Les voitures stationnaient devant le lycée, mais aucun être humain en vue. Pas un bruit de circulation. Pas un oiseau.
— Peut-être que les autres sont partis chercher de l’aide, dit Ha-eun, mais sa voix manquait de conviction.
Ils décidèrent de rejoindre l’entrée principale. Plus ils avançaient, plus le bâtiment semblait immense et vide. Soudain, un bruit retentit derrière eux.
BAM !
Les trois sursautèrent. Ji-ho saisit une chaise.
— Restez derrière moi.
Il ouvrit doucement la porte d’une salle. Vide. Une fenêtre était ouverte, le rideau bougeant au vent. Puis, sans raison, la fenêtre se referma. CLAC.
Ils reculèrent. Sans un mot, ils continuèrent vers l’entrée.
Les portes principales étaient verrouillées. Les sorties latérales aussi. Même les issues de secours ne cédaient pas.
Seo-yeon comprit avant les autres.
— On est enfermés.
Ils retournèrent dans le hall, vidèrent un distributeur de bouteilles d’eau et de barres de céréales. Assis sur les marches, ils ne parlaient pas. Ji-ho brisa le silence.
— Quelqu’un va venir. Les secours. Nos parents.
Seo-yeon baissa les yeux sur son téléphone mort.
— Oui…
Mais elle n’y croyait pas.
Ils firent le tour du lycée. Infirmerie vide. Salle de surveillance vide. Bureau du directeur vide. Des repas encore chauds à la cafétéria, un ordinateur allumé. Tout semblait abandonné au même instant.
— Vous pensez qu’il y a d’autres survivants ? demanda Ha-eun.
— J’espère, répondit Ji-ho.
Puis ils entendirent quelque chose. Une voix, faible.
— À l’aide…
Ils se figèrent. La voix recommença, venant d’une salle au bout du couloir. Seo-yeon ouvrit la porte. Personne.
— Mais…
La voix retentit encore, cette fois derrière eux, dans le couloir.
— À l’aide…
Ils sortirent. Rien. Un bruit de pas résonna au-dessus d’eux. Tac. Tac. Tac.
Quelqu’un marchait à l’étage.
— Il y a quelqu’un, murmura Ha-eun.
Ils montèrent les escaliers. Le couloir du premier étage était vide. La voix s’était tue.
Mais au moment où ils reprenaient leur souffle, une sonnerie stridente déchira le silence.
DRIIIIING.
Ce n’était pas l’heure de la récréation.
C’était le début.