Chapter 1
Chapitre 1
Andrew skiwarzekiziako, un jeune homme à l'esprit libre, passe une journée tranquille seul dans sa ville quand un son strident, un bang, le frappe trois fois avant qu'il ne s'évanouisse. Il se réveille chez lui, dans son appartement, entouré de bruits de pleurs. En explorant, il découvre que la scène est un rêve, mais un détail persistant l'empêche de se sentir en sécurité.
Ce jour-là, le soleil de l'après-midi glissait doucement entre les immeubles de la rue des Lilas. Andrew skiwarzekiziako était assis sur un banc, les bras appuyés contre le bois tiède, les yeux à demi fermés. Il y avait dans l'air un parfum de pain juste cuit, mêlé à l'odeur lointaine d'une pelouse fraîchement tondue. Autour de lui, la ville bourdonnante semblait flotter dans une bulle de silence et de chaleur. Personne ne l'avait dérangé depuis des heures, et c'était exactement ce qu'il voulait. Il aimait ces moments où le monde s'arrêtait pour lui seul.
Soudain, un bruit déchira l'air. Un bang sec, comme un coup de canon lointain, mais si près qu'il lui traversa les oreilles. Andrew sursauta, le cœur battant. Il regarda autour de lui : les passants continuaient leur chemin, les pigeons picoraient sur le trottoir. Rien ne semblait avoir changé. Puis le bang revint, une seconde fois, plus fort, comme une onde qui fit vibrer ses tempes. Il se leva, les mains agrippées au banc. Le bruit se répéta une troisième fois – un choc sourd et métallique – et tout devint confus. Il eut l'impression que le ciel vacillait, que les couleurs s'effaçaient. Puis ce fut le noir.
Quand il rouvrit les yeux, Andrew était allongé sur son propre canapé, dans son petit appartement du cinquième étage. La lumière du jour filtrait à travers les rideaux de lin, dessinant des ombres mouvantes sur le mur. Il cligna des paupières, étourdi. Tout était en ordre : la tasse de café froid sur la table basse, son manteau accroché à la patère, les plantes vertes alignées sur la fenêtre. Il se redressa, la nuque raide. Comment était-il arrivé là ? Il ne se souvenait pas d'avoir quitté le parc. La sonnerie de son téléphone lui apprit qu'il était seize heures trente – la même heure qu'avant. Peut-être s'était-il assoupi sur le canapé avant de sortir, et le reste n'était qu'un rêve.
Mais alors, des sanglots traversèrent le silence. Des pleurs étouffés, venus de nulle part et de partout à la fois. Ils semblaient sourdre des murs, du plancher, du plafond. Andrew se leva, les pieds nus sur le carrelage frais. Il fit quelques pas vers la porte de la chambre. Les pleurs s'intensifièrent, plus clairs maintenant : une voix de femme, ou peut-être d'enfant, entrecoupée de sanglots profonds. Il ouvrit la porte. La chambre était vide. Le lit était fait, les livres empilés sur la commode. Rien ne bougeait, mais le son enveloppait la pièce comme une brume. « Il y a quelqu'un ? » appela-t-il. Sa voix lui parut étrange, étrangère. Les pleurs cessèrent un instant, puis reprirent, plus aigus, presque plaintifs.
Andrew suivit le bruit jusqu'à la cuisine. La fenêtre était entrouverte, et une brise tiède soulevait le rideau. Il jeta un coup d'œil dans la cour intérieure : quelques enfants jouaient au ballon, des voisins discutaient sur leur balcon. Rien qui justifiait ces larmes. Pourtant, les sanglots restaient accrochés à ses oreilles, comme s'ils venaient de l'intérieur de sa propre tête. Il porta la main à son front. Il avait chaud, ses doigts tremblaient doucement. Une idée lui traversa l'esprit : et si ce n'était pas réel ? Et s'il était encore dans ce parc, allongé sur l'herbe, et que tout cela – l'appartement, les pleurs, la lumière – n'était qu'une couche de rêve par-dessus une autre ?
Il pinça la peau de son avant-bras. Rien. Pas de douleur. Il se mit à rire tout bas, d'un rire nerveux. Bien sûr. C'était un rêve. Il avait vécu cela avant, plusieurs fois : ces mondes parallèles où tout semblait si vrai, puis un détail, un grain qui clochait, et le décor s'effondrait. Maintenant qu'il le savait, il pourrait se réveiller. Il ferma les yeux, inspira profondément. Il se dit : quand je les rouvrirai, je serai sur mon banc, sous le soleil. Il compta jusqu'à trois. Il ouvrit les yeux.
Il était toujours là, dans le salon. Les rideaux dansaient doucement. Les pleurs, eux, ne s'étaient pas tus. Ils s'étaient transformés en un murmure haletant, comme une prière ou une plainte. Andrew sentit son estomac se serrer. Le rêve ne voulait pas le lâcher. Il regarda ses mains : elles étaient pâles, presque transparentes sur la lumière du jour. Alors il entendit un nouveau son. Un bourdonnement grave, qui grossissait, pareil à celui d'un moteur d'avion. Et derrière ce bourdonnement, le bang. Le même bang que tout à l'heure. Il se fit entendre une fois, puis deux. Andrew plaqua ses mains contre ses oreilles. Ses doigts rencontrèrent une peau chaude et humide. Il sentait le sol trembler sous ses pieds.
Il voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa gorge. La pièce tournoya. Les murs se déformèrent, s'allongèrent comme des ombres sous un crépuscule irréel. Une dernière pensée l'effleura : ce n'était pas un simple rêve. Quelque chose de plus vaste, de plus silencieux, l'appelait. Puis tout devint blanc, bruyant, et il sut qu'il allait tomber encore une fois, mais pas dans l'oubli. Dans un endroit où les pleurs et le bang seraient la seule réalité.
Quand il rouvrit les yeux, il était assis sur le même banc, dans le même parc. Le pain chaud embaumait toujours l'air. Le soleil était à la même place. Il regarda sa montre : seize heures trente. Les pigeons picoraient patiemment. Rien n'avait changé, sauf une chose : à côté de lui, sur le bois, il y avait une petite plume blanche, parfaitement immobile. Il ne se souvenait pas de l'avoir vue avant. Il la prit, la tourna entre ses doigts. Elle était légère, presque tiède, comme si elle venait de tomber du ciel. Et dans le silence retrouvé, il perçut un écho lointain – un sanglot, peut-être – qui semblait monter de sous la terre. Andrew serra la plume dans sa paume. Il ne savait pas encore que ce n'était que le début.