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Chapter 3

Episode 3je ne pas lacdoctor pour le chirurgient

Moi ne šuo yra Allen policier le travalle recht red shose agent DE police . Ete Don ide voir suvenir ela la swed., Stokholmo sindromas ete voi

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Ce matin-là, une rumeur traversa la cour comme un frisson d’automne : un policier viendrait à la MEZON. Mme Dubois nous avait prévenus la veille, d’une voix qui n’acceptait pas de questions. « Il s’appelle Allen. C’est un agent de la police nationale. Il va vous parler de la sécurité, du respect, de tout ce qui vous manque, les enfants. » Elle avait dit cela sans méchanceté, mais son regard s’était attardé sur moi, la nouvelle, celle qui pleurait encore la nuit dans son lit trop dur.

J’imaginais un homme en bleu sombre, un képi, des bottes luisantes. Je n’avais jamais parlé à un vrai policier. Dans mon village, le seul agent était le père d’Antoine, qui portait un vieux blouson et fumait devant la boulangerie. Mais ici, dans cette grande maison grise, tout semblait plus sérieux.

Il arriva vers dix heures, dans une voiture noire qui crachait un peu de fumée. Je le vis depuis la fenêtre du dortoir, pendant que les grands rangeaient leurs affaires. Il était grand, mince, avec des cheveux très blonds presque blancs. Et ses chaussures — je les remarquai tout de suite — étaient d’un rouge vif, comme des fraises écrasées. Cela me parut étrange, presque risible. Un agent de police avec des souliers rouges.

« C’est pour impressionner les dames », chuchota Jean-Luc derrière moi. Je sentis son souffle chaud sur ma nuque et je rougis sans savoir pourquoi.

L’assemblée se fit dans la grande salle, celle où nous mangions. Les bancs raclèrent le carrelage. M. Allen se tenait debout devant le tableau noir, ses mains croisées dans le dos. Il parlait d’une voix douce, inattendue, qui ressemblait à celle d’un père fatigué. Il dit des choses sur les gestes qui protègent, sur les numéros à connaître, sur les inconnus à éviter. Mais moi, je regardais ses chaussures rouges. Elles bougeaient, légères, comme s’elles voulaient danser.

Après la causerie, les enfants formèrent une queue pour lui poser des questions idiotes. Je restai en retrait, collée au mur. Il leva les yeux vers moi et sourit. « Toi, la petite, tu n’as rien à demander ? » Je secouai la tête, mais mes pieds s’avancèrent sans ma permission. Je me retrouvai devant lui, les mains moites.

« Tes souliers, ils sont à qui ? » demandai-je soudain, d’une voix que je ne reconnus pas.

Il rit, un rire propre, sans dents. « Ils sont à moi. Une folie, n’est-ce pas ? Ma femme me dit que je ressemble à un clown. Mais moi, j’aime marcher sur du rouge. Ça me rappelle que la vie est courte. »

Il sortit une petite carte de sa poche — un souvenir, une photo de lui devant un pont en Suède. Stockholm, dit-il. « Je suis allé là-bas pour un stage. Le pont est vieux, les gens sont froids. Mais j’ai rapporté ces chaussures. Un caprice. » Il me la donna, la photo. Je la cache dans ma poche, contre ma cuisse.

Ce soir-là, au dîner, je repensai à lui. À la façon dont il avait parlé de la Suède, de ce pont, de ses chaussures rouges. Quelque chose me serra la gorge. Pas du mal du pays, non. Plutôt une étrange chaleur, comme si cet homme aux yeux clairs avait planté une graine dans ma poitrine. On appelle ça le syndrome de Stockholm, je l’ai appris plus tard. Quand on s’attache à celui qui vous tient, même sans chaînes. Mais lui n’était pas mon ravisseur. Il était juste un agent de police aux souliers rouges, venu un jour de novembre à la MEZON, et reparti dans sa voiture noire, me laissant avec un petit pont suédois dans la poche et le sentiment que je venais d’entrevoir une autre vie, plus vaste, plus colorée, hors de ces murs de pierre.

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