Chapter 3
Le petit-déjeuner au bord de la mer
Claire se rend au petit-déjeuner privé avec Luce. Leurs regards se croisent, son tatouage vibre, et Luce lui révèle qu'il la connaît depuis toujours à travers un lien mystérieux. Il lui propose une promenade pour en apprendre davantage.
Le hall de l’hôtel baignait dans une lumière dorée, celle du matin naissant. J’avais enfilé une robe légère, blanche, la première venue, sans coquetterie. Mes doigts tremblaient encore un peu, et le carton d’invitation brûlait dans la poche de ma veste comme une preuve de mon audace. Pourquoi avais-je accepté ? Marc dormait paisiblement, persuadé que je prenais un café seule. Un mensonge, minuscule, qui me serrait la gorge.
La salle du restaurant était presque vide à cette heure. Quelques tables sur la terrasse, face à la mer. Et là, au bout, seul, Luce.
Il portait un costume gris clair, impeccable, les manches légèrement retroussées. Une tasse de café fumait devant lui. Il ne regardait pas son téléphone, ni la vue : il attendait. Quand mon regard croisa le sien, un frisson me parcourut tout entière. Ses yeux, d’un gris presque argenté, s’illuminèrent d’une lueur que je ne savais nommer. Son corps se redressa à peine, comme si un ressort s’était tendu.
Je m’approchai, mes sandales claquant doucement sur le carrelage. Il se leva, avec une grâce animale, et tira ma chaise.
— Merci d’être venue, Claire. Sa voix, grave, chaude, me caressa.
— Je… je ne sais pas pourquoi j’ai accepté, avouai-je en m’asseyant. C’est un peu étrange.
Il sourit, un sourire doux, presque triste. Puis il reprit sa place, son regard ne me quittant pas. Un serveur apparut, je commandai un café machinalement, sans vraiment y penser.
— Ce n’est pas étrange, dit Luce. C’est naturel.
— Naturel ?
Il posa ses coudes sur la table, ses doigts effleurant le bord de sa tasse. Je remarquai ses mains : larges, fortes, mais d’une délicatesse surprenante.
— Vous avez ressenti quelque chose, hier soir. Moi aussi. Depuis la première seconde où je vous ai vue, j’ai su.
Mon cœur battait si fort que je l’entendais. Je baissai les yeux, fixant la nappe blanche.
— Savoir quoi ?
— Que vous êtes ma… Il s’arrêta, comme s’il cherchait le mot juste. Une connexion. Plus forte que tout.
Je relevai la tête. Son regard était intense, mais pas intimidant. Une chaleur, une présence qui m’enveloppait. Mon tatouage se mit à picoter, une sensation familière maintenant. Je passai la main sur ma cuisse, sous la table.
— Vous parlez de ce tatouage ? demandai-je, la voix à peine plus qu’un murmure.
Il hocha lentement la tête.
— Je le savais. Il est… réagit, n’est-ce pas ?
— Comment le savez-vous ? répétai-je, la même question que la veille.
Il pencha la tête, une mèche brune lui tombant sur le front.
— Parce que je le sens. Ce loup, il fait partie de vous. Il fait partie de moi.
Le silence s’installa, lourd de sens. Le serveur apporta mon thé, je le remerciai d’un geste absent. Luce attendit qu’il s’éloigne pour reprendre.
— Je suis un Alpha, Claire. Je dirige une meute. Et je cherche ma Luna depuis des années. Je ne m’y attendais pas, pas ici, pas maintenant. Mais vos yeux… votre odeur… tout en vous m’appelle.
Sa voix tremblait légèrement, une émotion brute qu’il ne cherchait pas à cacher. Je sentis mes joues s’empourprer. Une partie de moi voulait fuir, une autre rester, boire chacune de ses paroles.
— Je ne comprends pas, dis-je. Je suis humaine. J’ai une vie normale, un conjoint…
— Vous l’aimez ? demanda-t-il doucement.
La question me prit au dépourvu. J’aimais Marc, bien sûr. Mais cet amour, confortable, rassurant, soudain me semblait pâle face à l’incendie qui couvait dans la poitrine de Luce.
— Oui, répondis-je, mais ma voix manquait de conviction.
Il ne parut pas affecté. Il but une gorgée de café, posa la tasse avec un claquement sec.
— Je ne vous demande pas de tout quitter. Je vous demande juste d’écouter ce que votre corps vous dit. Ce tatouage, cette attirance, ce frisson quand nos regards se croisent… Ce n’est pas du hasard.
Je pris une longue inspiration. La brise marine apportait des senteurs de sel et de jasmin. L’île était belle, paisible, mais sous la surface quelque chose grondait.
— Que voulez-vous de moi ? demandai-je, le cœur battant.
Il se leva, contourna la table, et vint s’accouder près de moi. Trop près. Je sentais la chaleur de son corps, un parfum boisé et épicé. Sa main effleura mon épaule, une caresse à peine perceptible.
— Que vous veniez vous promener avec moi, après le petit-déjeuner. Que vous me laissiez vous montrer quelque chose. Rien d’effrayant. Juste… une preuve.
— Une preuve de quoi ?
Il se pencha, ses lèvres tout près de mon oreille. Sa voix n’était qu’un souffle.
— Que je suis celui que vous attendiez sans le savoir.
Un frisson me parcourut, de la nuque jusqu’aux reins. Mon tatouage s’embrasa, une chaleur vive qui me coupa le souffle. Je levai les yeux vers lui, et dans son regard gris, je vis une lueur dorée danser, comme une flamme au fond d’une forge.
— D’accord, murmurai-je, ma propre voix me semblant lointaine. D’accord.
Il s’écarta, un sourire aux lèvres, et retourna s’asseoir. Pendant un long moment, nous bûmes nos boissons en silence, mais ce silence était chargé de promesses, de secrets partagés. Je sentais son regard sur moi, doux, patient.
Quand je reposai ma tasse, il se leva aussitôt.
— Allons-y.
Je le suivis, sans un mot de plus. Alors que nous traversions le hall, je croisai le regard de Raphaël, debout près de l’entrée. Il me fit un signe de tête presque imperceptible, un mélange de respect et d’avertissement. Je détournai les yeux, le cœur en bataille.
Dehors, le soleil montait, dorant les palmiers. Luce marchait à mes côtés, ses pas accordés aux miens. Il ne me touchait pas, mais sa présence était un manteau chaud. Nous longeâmes la plage, loin des regards, jusqu’à un petit chemin bordé de rochers.
— Ici, dit-il en s’arrêtant. Regardez.
Il désigna le sol. À nos pieds, gravé dans la pierre, un cercle de runes anciennes. Au centre, un loup et une lune entrelacés.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un lieu de passage. Un endroit où les mondes se frôlent. Je voulais vous montrer que ce que je vous dis n’est pas un conte.
Il s’agenouilla, posa la main sur les runes. Un frémissement parcourut la pierre, et une lueur argentée dansa sous ses doigts. Je reculai d’un pas, fascinée, terrifiée.
— Vous voyez, Claire ? Ce lien existe. Il est réel.
Je sentis mes genoux fléchir. Mon tatouage brûlait, comme s’il répondait à l’appel des runes. Une image, floue, traversa mon esprit : une forêt, une meute, et lui, Luce, les yeux dorés, me regardant.
— J’ai peur, avouai-je.
Il se releva, vint vers moi, et cette fois, il prit mes mains dans les siennes. Sa peau était chaude, solide.
— Je ne vous ferai jamais de mal. Vous êtes mon destin, Claire. Je le sais.
Je levai les yeux vers lui. Dans le reflet de ses prunelles, je vis mon propre visage, troublé, mais pas effrayé.
— Montrez-moi plus, dis-je doucement.
Il sourit, un vrai sourire, ouvert, lumineux.
— Avec plaisir.
Et il m’entraîna plus loin, vers l’inconnu, sa main reste proche de moi, il ne me force pas, puis loin du côté touristique, il se tourne vers moi, son regard devient a nouveau doré, il prend doucement ma main, mon coeur bat rapidement et il dit.
- •Tu n'aura jamais besoin d'avoir peur de moi, je suis un homme Alpha avec un loup en moi, tu es peux être une humaine mais tout mon instinct me dit que tu es ma Luna... Je sais que tu le ressens aussi quand on se regarde...
Il glisse ses doigts sur mon poignet sans me lâcher du regard, un symbole doré apparaît sur mon avant-bras, le symbole de sa meute.