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Chapter 1

Chapitre 1

Claire commence sa journée comme à son habitude, entre une dispute au téléphone avec son ex David et son travail au magasin où son collègue James lui offre une douceur réconfortante. Mais le ciel vire soudain au rouge, des nuages anormaux apparaissent, et des démons surgissent dans la rue. Au milieu du chaos, elle croise le regard d’un homme sombre et mystérieux – Lucien, le maître des démons – qui semble figé par sa présence.

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Ce matin-là, le réveil sonne à six heures comme tous les jours. J’ouvre les yeux sur le plafond blanc de ma chambre, et un soupir m’échappe. Rien de nouveau. Rien de surprenant. Je me lève , les pieds nus sur le carrelage froid, et me traîne jusqu’à la salle de bains. Dans le miroir, mes cheveux noirs – longs, trop longs peut-être – tombaient en désordre autour de mon visage. Mes yeux vert-noisettes me renvoyaient un regard fatigué. Trente-quatre ans, toujours la même routine. Je m’habillai vite : jean, t-shirt noir sous la veste de travail, et une queue-de-cheval rapide.

Le café coule dans la machine tandis que je vérifiais mon téléphone. Un message de David.

« Claire, il faut qu’on parle des papiers. Tu réponds jamais. C’est pas sérieux. »

Mon ex. Quarante-quatre ans, au chômage depuis un ans, et toujours aussi exigeant. Il voulait que je signe des documents pour la vente des objets qu'on a eu en commun. Je bois une gorgée de mon café brûlant et range le téléphone dans ma poche sans répondre. Pas maintenant. Pas avant le travail.

Le trajet jusqu’au magasin est toujours le même. Je roule toujours les même rues depuis 10 ans, les mêmes immeubles, les mêmes trottoirs, les mêmes visages endormis. J’aimais cette routine, d’une certaine façon. Elle me protégeait me rappelait que j’étais encore là, que je tenais debout.

Au magasin, l’odeur habituelle de lessive et de café bon marché m’accueil. Je badge, enfile ma verte bleu et commence à mettre en rayon. Les étagères étaient à moitié vides, les cartons empilés dans l’arrière-boutique. Je travaille en musique tant qu'il n'a pas de client, quand magadin ouvre: le bip des caisses, les pas des premiers clients, le brouhaha habituel.

James arrive vers neuf heures. Il poussa la porte vitrée avec un sourire timide, ses yeux doux cherchant les miens. Il était grand, un peu voûté, avec des gestes lents et apaisants. Il travaille avec moi sur le détail. Depuis trois ans, il est mon collègue, mon confident secret.

— Salut Claire, dit-il en buvant son café.

— Salut James. Tu as bien dormi ?

— Comme d’habitude. J’ai rêvé de poires, je crois. Il rit doucement. Et toi ?

— David m’a encore envoyé un message.

Il fit une petite moue compatissante.

— Il te laisse jamais tranquille.

— Non. Mais bon, c’est presque fini. Il faut juste que je signe les papiers.

— Tu veux qu’on en parle ce soir, après le boulot ? On pourrait prendre un verre.

Je lui souris. James était comme ça : toujours présent, jamais insistant. Il me rappelait qu’il y avait encore des gens bien dans ce monde.

— Peut-être, dis-je. On verra.

La matinée passe, lente et prévisible. Je sers des clients, range des boîtes de conserve, essuye le comptoir. Rien ne sortait de l’ordinaire. Vers midi, je sors en pause. Le ciel est clair, d’un bleu pâle, sans nuages. Je m’assois sur un banc devant le magasin, un sandwich à la main, et regardai les gens passer. Des mères avec des poussettes, des étudiants pressés, un vieil homme qui promenait son chien. La vie normale, celle que je connais.

C’est à ce moment-là que le ciel changea.

Je ne vis pas d’abord ce qui se passe. Une ombre passe, comme si un nuage s’était déplacé trop vite. Puis une lueur rouge, diffuse, se répandit sur les immeubles. Je lève les yeux, le sandwich oublié dans ma main. Le ciel virait au rouge. Pas un rouge de coucher de soleil, non. Un rouge profond, presque écarlate, comme une blessure ouverte. Des nuages épais, noirs et gris, roulaient du nord, prenant des formes étranges – des spirales, des volutes, des mâchoires ouvertes.

Mon cœur se mit à battre plus fort. Je me lève le sandwich tombant sur le trottoir.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? murmurai-je.

Un cri déchira l’air. Une femme, de l’autre côté de la rue, pointe le ciel du doigt. D’autres se retournent, regardent, certains prenent leur téléphone pour filmer. Puis un bruit sourd, un grondement, comme si la terre elle-même se plaignait. Le sol tremble légèrement sous mes pieds.

James sort du magasin en courant, le visage pâle.

— Claire ! Qu’est-ce qui se passe ?

— Je… je ne sais pas.

Les nuages s’ouvrirent. Une lueur rouge plus vive encore en jaillit, et des formes commencent à tomber, comme des pluies de cendres. Mais ce ne l’étaient pas. C’étaient des corps. Des silhouettes sombres, ailées, avec des yeux brillants comme des braises. Elles atterrissent sur les toits, sur les voitures, sur le bitume. Des démons.

Le mot me traverse l’esprit comme une décharge. Des démons. C’est impossible, et pourtant c’est là, devant moi. L’un d’eux, grand, avec des cornes torsadées et une peau grise, se dressa à quelques mètres de moi. Il ouvrit une gueule pleine de dents et pousse un cri rauque. Les gens hurlent, courent dans tous sens, une voiture percute un lampadaire dans un bruit de tôle froissée.

James m’attrapa le bras.

— Il faut rentrer ! Vite !

Il me tire vers la porte du magasin, mais je bloque un instant. Mes yeux cherchent quelque chose – je ne sais pas quoi. Un point fixe dans ce chaos.

Et c’est là que je le vis.

Au milieu de la rue, là où la foule s’était dispersée, un homme s’avançe. Il ne cours pas, ne hurle pas. Il marche d’un pas calme, presque nonchalant, comme s’il se promene dans un parc. Il est vêtu de sombre – un manteau noir, des cheveux foncés qui tombaient sur ses épaules. Il est grand, élancé, et ses yeux… ses yeux brillaient d’une lueur rouge, pareille à celle des démons qui l’entourent. Mais il n’avait pas l’air d’en être une victime. Au contraire, les créatures s’écartent sur son passage, baissant la tête comme des chiens soumis.

Mon souffle se bloqua dans ma poitrine.

Il s’arrête a une dizaine de mètres de moi. Il tourne la tête lentement, son regard croisant le mien.

Pendant une seconde, tout s’arrête les cris, les flammes, le grondement du ciel. Il n’y eut plus que lui et moi, et ce regard qui me transperçe. Je vis une expression changer sur son visage – de la surprise, peut-être, ou quelque chose de plus profond. Ses lèvres remuent, mais je n’entend rien.

James me tira plus fort.

— Claire ! Viens, maintenant !

Je trébuchai en arrière, mon cœur cognant contre mes côtes. L’homme ne bouge pas. Il reste là, immobile, les yeux rivés sur moi. Les démons autour de lui semblaient attendre un ordre mais il ne leur en donne pas.

Il me regarde.

Et dans ce regard, je vis quelque chose qui n’est pas la destruction. Quelque chose que j'ignore alors que James et moi on se réfugie dans le magasin.

Puis la porte du magasin se referme sur nous, et je perd de vue l’homme aux yeux rouges, nous mettant a l'abris.

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