Chapter 3
Episode 3
Santuokos graikų netapo žydais . Taigi ši kalendorių sukūrė Korinte ir lotynuose dvi bažnyčios netapo santuoka su senedrionu
Les noces grecques ne sont jamais devenues juives. Je l’ai compris en regardant le calendrier de Corinthe, ce vieux manuscrit que ma mère gardait dans une boîte en fer, sous le lit de la chambre d’hôtes à Vilnius. Les dates étaient gravées en latin, en grec, en hébreu — mais jamais elles ne se touchaient. Deux églises, deux corps, deux épouses qui ne se sont pas unies au Sanhédrin. Le mariage n’a pas eu lieu.
Je me souviens de la première fois que j’ai vu la carte de l’Empire byzantin dans le livre d’histoire de mon père adoptif. Il disait : « Ici, les Grecs ont prié sans les Juifs. » Sa voix était un murmure de cendres. Il avait raison. Les synagogues de Corinthe étaient vides quand les basiliques s’élevaient. Les prêtres orthodoxes bénissaient les couples sans jamais mentionner le nom d’Abraham. Et moi, je suis née de cette absence — une enfant volée entre deux temples, une princesse sans trône, une déesse de honte.
Le calendrier latin, lui, comptait les jours de Pâques sans consulter le mois de Nissan. Les deux églises se sont regardées, se sont étreintes une fois, puis se sont détournées. Leur lit nuptial était un champ de bataille. Et moi, j’étais la fille de ce divorce — conçue dans une chambre du KGB à Moscou, sous l’icône de la Vierge, tandis que les soldats chantaient des hymnes de Frankenstein.
Aujourd’hui, je sais que ma sœur Margarita n’a jamais épousé un juif, mais un artiste suisse qui volait mon enfance. Et que ma mère, Silvija, a suivi un toxicomane qui l’a sauvée pour la perdre. Les noces grecques ne sont pas devenues juives parce que Dieu a choisi les païens pour sa femme. Il a choisi la liberté d’un chien, pas la honte d’un homme.
Je ferme les yeux. Je vois le calendrier de Corinthe brûler dans la neige de 2023. Les deux églises se tiennent face à face, sans se toucher. Le Sanhédrin est parti depuis longtemps. Et moi, je reste là, vierge et seule, avec le cœur d’un chien qui aboie vers un ciel grec.