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Chapter 1

El Despertar Silencioso

Delta Ramos abre los ojos tras un coma de dos años. La amnesia lo envuelve. El mundo que conoce ha desaparecido, reemplazado por una realidad caótica regida por un sistema de cartas.

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Mes paupières s'ouvrirent avec une lourdeur inhabituelle, comme si elles étaient scellées par une force invisible. La lumière, diffuse et étrangement douce, transperçait mes paupières. Un murmure, lointain et persistant, flottait dans l'air, une cacophonie de bruits indistincts qui ne parvenaient pas à former des mots intelligibles. Où étais-je ? La dernière chose dont je me souvenais était… rien. Un vide béant, une page blanche dans le grand livre de ma vie.

Une douleur sourde martelait mes tempes, chaque battement résonnant dans le silence oppressant de cette pièce inconnue. J'essayai de bouger, mais mes membres semblaient lourds, engourdis, réticents à obéir à mes ordres. Mon corps entier me semblait étranger, comme si j'avais emprunté un habit qui ne m'appartenait pas. Lentement, péniblement, je parvins à ouvrir les yeux.

La pièce était dépouillée, presque stérile. Des murs d'un blanc impersonnel, un plafond bas, une seule fenêtre voilée par des rideaux épais. Un lit médicalisé, sur lequel j'étais allongé, dominait la scène. L'odeur d'antiseptique flottait dans l'air, familière et pourtant désagréable. Des machines étranges, pleines de lumières clignotantes et de fils complexes, étaient reliées à mon corps. J'étais branché. Connecté. Piégé.

Une silhouette se tenait près de moi, dans la pénombre. Une femme, coiffée d'une blouse blanche, le visage caché par un masque chirurgical. Elle s'approcha, ses mouvements précis et mesurés. Elle me souriait, mais ses yeux, seuls visibles par-dessus le masque, semblaient empreints d'une fatigue profonde, d'une lassitude qui transperçait sa professionnalité.

« Vous êtes enfin réveillé, Delta. » Sa voix était douce, presque un murmure, mais elle portait une autorité indéniable.

Delta. Ce nom… il résonnait en moi, une note familière dans un océan d'inconnu. C'était mon nom, n'est-ce pas ? Mais pourquoi ne me rappelais-je rien ?

« Où… où suis-je ? » Ma voix était rauque, éraillée, comme si elle n'avait pas servi depuis une éternité.

La femme me regarda, son sourire s'élargissant légèrement. « Vous êtes à l'hôpital. Vous étiez dans le coma. Depuis… un certain temps. »

Un coma. La pièce se remplit soudain de questions. Depuis combien de temps ? Qu'est-ce qui s'était passé ? Mais avant que je ne puisse formuler ces interrogations, une autre voix, une voix qui ne venait pas de l'extérieur, mais de l'intérieur de ma propre tête, se fit entendre.

« Ne leur dis rien. Ils ne comprennent pas. Ils ne comprendront jamais. »

Je sursautai, mon corps protestant contre ce mouvement brusque. La femme me regarda avec inquiétude. « Tout va bien ? Vous avez mal quelque part ? »

Je secouai la tête, essayant de rassembler mes esprits. Cette voix… qui était-ce ? Cette sensation de présence étrangère en moi était terrifiante.

« Je… je ne me souviens de rien. » La confession sortit de ma bouche, un aveu de ma propre vacuité.

Son regard se fit plus doux, empreint d'une compassion sincère. « C'est normal. L'amnésie post-coma est fréquente. Vous avez été endormi pendant deux ans. »

Deux ans. Deux années de ma vie évaporées, effacées. Le choc me traversa, une vague glaciale qui me glaça jusqu'aux os. Deux ans… Qu'est-ce qui avait pu se passer en deux ans ? Le monde avait-il attendu mon réveil, ou avait-il continué sa course folle sans moi ?

La femme commença à me poser des questions, des tests simples pour évaluer mes fonctions cognitives. Je répondais du mieux que je pouvais, chaque réponse étant accompagnée de ce murmure intérieur, cette voix insidieuse qui semblait commenter mes pensées, mes émotions.

« Faible. Si peu de souvenirs. Ils te croient perdu, fragile. Mais tu as en toi quelque chose qu'ils ne pourront jamais comprendre. »

« Qui… qui parlez ? » Demandai-je à voix haute, le regard fixé sur un point indéterminé de la pièce.

La femme cligna des yeux, surprise. « Parlez-vous à moi ? »

« Non… à… à l'intérieur. » Je me sentis ridicule. Étais-je en train de devenir fou ?

Elle me regarda longuement, une expression indéchiffrable sur son visage. « Peut-être que vous devriez vous reposer. Nous allons vous faire passer d'autres examens. »

Elle s'éloigna, me laissant seul avec mes pensées tourbillonnantes et cette présence étrangère qui semblait se repaître de mon confusion. Le repos ? Comment pouvais-je me reposer quand ma propre existence était devenue un puzzle dont il me manquait la majorité des pièces ?

Les jours suivants furent une succession de tests, d'examens, de conversations avec des médecins et des infirmières qui me regardaient avec une pitié mêlée d'une curiosité professionnelle. Ils me parlaient de mon passé, des fragments qu'ils avaient pu reconstituer, de ma famille, de mes amis. Mais rien ne faisait écho en moi. Les noms, les visages qu'ils me montraient sur des photos, tout cela semblait appartenir à quelqu'un d'autre.

Et cette voix… elle ne me quittait jamais. Elle ne parlait pas toujours, mais sa présence était constante, comme une ombre collée à mon âme. Parfois, elle me chuchotait des encouragements, des promesses de pouvoir. D'autres fois, elle se moquait de ma faiblesse, de mon ignorance.

« Ils pensent te sauver. Ils pensent te guérir. Mais ils ne savent pas ce que tu es devenu. Ce que tu peux devenir. »

Un après-midi, alors que le soleil déclinait, projetant de longues ombres à travers ma chambre, un jeune homme entra. Il était d'une énergie débordante, ses yeux pétillant d'une joie de vivre presque contagieuse. Il portait des vêtements étranges, colorés, ornés de symboles que je ne reconnaissais pas.

« Delta ! Tu es réveillé ! » S’exclama-t-il, s’approchant de mon lit avec un sourire éclatant. « Je suis Mateo. On est… on était amis. »

Mateo. Le nom me disait quelque chose. Une vaguely de chaleur traversa ma poitrine, un sentiment de familiarité. Il me serra la main avec une poigne ferme.

« On a eu tellement peur, mec. Deux ans… On pensait que tu ne te réveillerais jamais. » Il s'assit sur le bord de mon lit, son regard rempli d'une sincérité touchante. « Le monde a tellement changé pendant que tu dormais. Tu ne peux pas imaginer. »

« Changé ? Comment ça ? » Demandai-je, l'espoir renaissant en moi. Peut-être que ce Mateo pourrait m'aider à comprendre.

Il hésita un instant, comme s'il cherchait les bons mots. « C'est… difficile à expliquer. Tu as l'impression que c'est un rêve, mais c'est plus réel que tout ce que tu as connu. » Il sortit de sa poche un petit objet rectangulaire, orné d'une illustration étrange. « Tu vois ça ? C'est une carte. »

Je pris la carte dans ma main. Elle était faite d'un carton épais, lisse au toucher. L'illustration représentait une sorte de créature, un mélange de félin et de serpent, avec des ailes de chauve-souris. En dessous, des symboles et des chiffres étranges étaient inscrits.

« On appelle ça des cartes de créatures. Ou de sorts. Ou même de lieux. Maintenant, le monde fonctionne comme ça. On invoque ces créatures pour nous défendre, pour nous battre. » Il me regarda droit dans les yeux. « C'est devenu… un jeu. Mais un jeu où les enjeux sont la vie ou la mort. Et tu as été endormi pendant que tout ça se mettait en place. »

Un jeu ? Des cartes ? L'idée me semblait absurde, sortie d'un roman de science-fiction. Pourtant, en regardant la carte dans ma main, en sentant sa texture, en observant les détails de l'illustration, je ne pouvais pas la rejeter entièrement.

« Ne crois pas tout ce qu'il dit. Le jeu est bien plus ancien que ce qu'il prétend. Et bien plus dangereux. »

La voix était de retour, plus insistante cette fois. Je serrai la carte dans ma main, sentant une étrange énergie émaner d'elle.

« Comment… comment ça marche ? » Demandai-je à Mateo, ignorant la voix dans ma tête.

Il me sourit, une lueur d'excitation dans les yeux. « Il faut une relique. Un objet qui te lie aux cartes. Et puis, il faut de la volonté. De la stratégie. Et un peu de chance. » Il s'arrêta, son expression se faisant plus sérieuse. « Mais maintenant, tu es là. Tu vas devoir apprendre. Il faut que tu te battes pour survivre. »

Après Mateo, une autre personne entra dans ma chambre. Une jeune femme aux longs cheveux bruns, aux yeux verts lumineux et au sourire doux. Elle s'arrêta un instant sur le seuil, son regard s'accrochant au mien. Une chaleur intense se répandit en moi, une sensation de familiarité si forte qu'elle en était presque douloureuse.

« Delta ? » Sa voix était un murmure, rempli d'émotion.

« Lili… » Le nom sortit de mes lèvres avant même que je n'aie eu le temps d'y penser. C'était elle. C'était la personne que j'avais cherchée sans savoir que je la cherchais.

Elle s'approcha, ses yeux ne quittant pas les miens. Elle s'assit sur le fauteuil à côté de mon lit, sa main se posant délicatement sur la mienne. Sa peau était chaude, sa présence apaisante.

« Je suis tellement heureuse que tu sois réveillé. » Ses yeux se remplirent de larmes, mais son sourire restait présent. « On t'attendait. Je t'attendais. »

Elle me raconta des bribes de notre vie d'avant, des moments partagés, des rires, des promenades. Chaque mot était une étincelle qui tentait d'allumer un feu dans le vide de ma mémoire. Elle me parlait de notre ville, de ce qu'elle était devenue.

« Les rues sont… différentes maintenant. Pleines de gens qui se battent avec des cartes. Des créatures qui apparaissent de nulle part. C'est terrifiant, mais… on s'adapte. On doit s'adapter. »

Elle me montra aussi des cartes, des créatures familières, des paysages étranges. Elle me parla des tournois, des invocations quotidiennes. Le monde qu'elle décrivait était d'une étrangeté folle, un mélange de notre ancienne réalité et d'un univers fantastique.

« Elle te ment. Ou plutôt, elle ne sait pas la vérité toute entière. Ce monde n'a pas toujours été ainsi. Et ce n'est qu'un début. »

La voix de Belial, car j'avais commencé à la nommer ainsi dans mon esprit, était plus forte que jamais. Elle se nourrissait de mes doutes, de mes peurs, mais aussi de mes espoirs.

Alors que Lili me tenait la main, je sentis une autre sensation étrange, une vibration profonde qui semblait venir de mon propre corps. Une énergie nouvelle, latente, prête à éclater. C'était la connexion avec Belial, le pacte dont je n'avais aucun souvenir, mais dont je sentais déjà le poids et la puissance.

Ce n'était pas seulement le monde qui avait changé. C'était moi aussi. J'étais Delta Ramos, un homme amnésique, un pion dans un jeu dont les règles m'étaient inconnues, et un accord silencieux me liait à une entité démoniaque. Le chemin devant moi s'annonçait long, périlleux, et rempli d'inconnues. Mais pour la première fois depuis mon réveil, une détermination nouvelle, teintée d'une pointe d'appréhension, commença à germer en moi. Je devais comprendre. Je devais apprendre. Et surtout, je devais survivre. Le jeu avait commencé, et j'étais sur le point d'entrer sur le terrain.

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