Chapter 3
L'étincelle
Les pensées de Léa s'attardent sur Yann, et vice-versa. Un contact accidentel, une main qui frôle l'autre, provoque une décharge électrique. L'émotion monte, palpable, promettant plus que de simples amitiés.
Les cours s'étaient terminés depuis une bonne demi-heure, mais Léa traînait les pieds dans les couloirs du lycée. Elle n'avait aucune envie de rentrer chez elle, de se replonger dans le silence de sa chambre, loin de l'effervescence qui grondait en elle depuis ce matin. Son esprit tournait en boucle, repassant chaque mot échangé avec Yann, chaque regard échangé. Il y avait eu cette conversation à la cafétéria, juste avant la sonnerie, où ils avaient ri de bon cœur à propos d'un professeur particulièrement distrait. Le rire de Yann, grave et sincère, avait résonné en elle comme une douce mélodie. Et puis, leurs mains s'étaient effleurées. Un contact fugace, accidentel, alors qu'ils cherchaient tous les deux le même manuel dans le casier commun. Une décharge électrique, pure et simple, avait parcouru son bras, remontant jusqu'à son cœur pour le faire battre à tout rompre. Elle avait retiré sa main comme si elle s'était brûlée, le visage soudainement empourpré. Yann, lui, avait eu un léger sourire aux lèvres, un sourire mystérieux qui l'avait laissée plus confuse encore.
Elle s'arrêta devant sa propre armoire, sa main hésitant à saisir la poignée. La salle de sport était juste en face, et elle aperçut Yann qui en sortait, essuyant son front avec une serviette. Ses cheveux étaient légèrement humides, plaqués sur son front, et son tee-shirt de sport collait à sa peau, dessinant les contours de ses muscles. Léa sentit ses joues s'empourprer à nouveau. Elle détourna vivement le regard, le cœur battant la chamade. Il était si… différent. Plus affirmé, plus sûr de lui que les autres garçons de sa classe. Et pourtant, il y avait une douceur dans son regard qui la désarmait.
« Léa ? C'est bien toi ? »
La voix de Yann la fit sursauter. Elle se retourna, le souffle coupé. Il était là, à quelques pas d'elle, son sourire habituel aux lèvres, mais avec une lueur nouvelle dans les yeux. Une lueur qui lui donnait l'impression qu'il la voyait vraiment, qu'il la remarquait.
« Salut Yann, » réussit-elle à articuler, sa voix un peu plus faible qu'elle ne l'aurait souhaité.
« Tu ne rentres pas encore ? » demanda-t-il, s'approchant doucement.
Elle secoua la tête. « Je… je ne sais pas. J'avais envie de rester un peu. »
« Moi non plus, » dit-il, s'appuyant contre les casiers, juste à côté d'elle. « J'ai eu cours de sport intense, je suis encore tout chaud. » Il passa sa serviette sur son cou, et Léa ne put s'empêcher de suivre le mouvement du tissu, puis la courbe de sa gorge. Elle se sentait rougir encore plus.
« Tu… tu as bien joué au basket ? » demanda-t-elle, se forçant à détourner le regard.
« Pas trop mal. J'ai marqué quelques paniers. Mais je pensais plus à… » Il s'interrompit, son regard se posant sur elle. Léa sentit son estomac se nouer. « Je pensais plus à autre chose, en fait. »
« Ah oui ? À quoi ? » murmura-t-elle, sa curiosité égalant sa gêne.
Il la regarda droit dans les yeux, et pour la première fois, Léa vit une pointe d'hésitation dans son regard, une vulnérabilité qu'elle ne lui connaissait pas. « À toi, Léa. Je pensais à toi. »
Le monde autour d'eux sembla s'estomper. Les bruits du lycée s'éloignèrent, ne laissant que le son de leurs respirations un peu plus rapides. Léa sentit une chaleur l'envahir, une sensation nouvelle, à la fois excitante et un peu effrayante. Elle n'avait jamais eu l'impression que quelqu'un pensait à elle comme ça.
« Vraiment ? » osa-t-elle, sa voix à peine audible.
« Oui, vraiment, » confirma Yann, son regard s'intensifiant. Il fit un pas de plus vers elle, réduisant la distance qui les séparait. Léa sentit son cœur s'accélérer. Elle pouvait sentir son souffle chaud sur son visage.
« J'aime bien te parler, Léa, » reprit-il, sa voix plus grave. « J'aime bien quand tu rougis comme ça. C'est… c'est mignon. »
Elle baissa la tête, incapable de soutenir son regard maintenant. Les compliments étaient si rares, si précieux. Et venant de lui, ils avaient une saveur toute particulière.
« Et j'aime bien quand tu me regardes, » ajouta-t-il, sa main se levant doucement pour effleurer sa joue.
Ce contact fut comme une étincelle. Léa leva les yeux, surprise par cette audace. Sa peau était chaude sous ses doigts. Elle sentit un frisson parcourir son corps. L'air vibrait entre eux, chargé d'une tension palpable. Elle ne bougea pas, captivée par son regard, par la douceur de son geste.
« Yann… » souffla-t-elle, son nom échappant à ses lèvres comme un secret.
Il se pencha un peu plus, ses yeux ne quittant pas les siens. « Je crois que je te plais bien, Léa. »
Ce n'était pas une question, mais une affirmation. Et Léa ne pouvait que hocher la tête, incapable de formuler une réponse cohérente. L'envie de se rapprocher de lui, de sentir ses lèvres contre les siennes, était presque irrésistible. Elle sentait son propre désir monter, une vague douce et puissante qui la submergeait.
Ses doigts se posèrent sur sa nuque, et il continua de la caresser doucement. « Et j'ai envie de… » Il marqua une pause, ses yeux cherchant son approbation. « J'ai envie de t'embrasser, Léa. Est-ce que je peux ? »
La question, posée avec une telle sincérité, la désarma complètement. Elle ne pouvait qu'acquiescer, le cœur battant la chamade dans sa poitrine. Yann se pencha alors, et ses lèvres rencontrèrent les siennes. Ce fut d'abord une caresse douce, hésitante, une exploration timide. Les lèvres de Léa étaient douces, tendres, et une chaleur nouvelle se répandit en elle. Puis, le baiser s'approfondit, un peu plus assuré, un peu plus passionné. La main de Yann glissa dans ses cheveux, la rapprochant encore. Léa ferma les yeux, se laissant porter par cette sensation grisante, par la découverte de ce nouveau monde qui s'ouvrait à elle. C'était plus que ce qu'elle avait jamais imaginé. C'était l'étincelle, le début de quelque chose de nouveau, de beau et d'excitant. Quand ils se séparèrent enfin, le souffle court, Léa rouvrit les yeux. Le regard de Yann était rempli d'une émotion sincère, et un sourire tendre éclairait son visage. Elle savait, à cet instant, que sa vie venait de changer.