Chapter 11

La Course Contre le Silence

La porte de la chambre s'ouvre doucement. Léo se cache sous les couvertures, le cœur battant la chamade. Il entend des pas, des pas qui ne font aucun bruit sur le plancher.

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La porte de la chambre s'ouvrit, non pas avec un grincement familier, mais avec une lenteur angoissante, un murmure de bois contre bois qui semblait s'étirer à l'infini. Léo, recroquevillé sous sa couette, sentit son cœur tambouriner contre ses côtes comme un oiseau pris au piège. Il n'avait pas osé bouger depuis le moment où il avait entendu ce léger déplacement d'air, ce signe avant-coureur de la présence qu'il redoutait plus que tout. Ses yeux, grands ouverts dans l'obscurité familière de sa chambre, scrutaient le faible halo de lumière qui filtrait de la porte entrouverte. Des pas. Des pas qui ne faisaient aucun bruit sur le plancher. C'était cela, le plus terrifiant. Pas le craquement du bois, pas le froissement du tapis, mais un silence absolu, comme si quelque chose flottait au lieu de marcher.

Il se rappela les paroles de sa mère, toujours gravées dans sa mémoire : "Jamais, jamais tu ne regardes par la fenêtre la nuit, mon petit. Et surtout, si tu entends quelque chose, reste bien caché. Ne fais aucun bruit." Il avait toujours été un enfant sage, obéissant. Mais ce soir, la curiosité, ce vilain défaut que sa grand-mère appelait "la petite musique du diable", le titillait malgré la peur. Il avait vu le reflet. Une fraction de seconde, juste un instant fugace dans le verre noir de sa fenêtre, une forme immense, une silhouette qui n'avait rien d'humain. Et puis, ce rire. Un rire fin, presque aigu, qui lui avait donné des frissons glacés, bien plus terrifiants que le vent qui sifflait dehors.

Des pas s'approchaient de son lit. Léo serra les dents, s'enfonçant encore plus sous les couvertures, priant pour devenir invisible. Il pouvait sentir une présence, une aura froide qui semblait drainer la chaleur de la pièce. Il se demanda si c'était le Coelhudo. La description qu'en faisaient les anciens du village était floue, terrifiante, faite de bribes de cauchemars et de légendes. Un lapin démoniaque, disaient certains. Des griffes capables de déchiqueter le bois, d'autres. Un sourire qui s'étirait, révélant des dents longues et pointues. Et surtout, ces yeux. Des yeux blancs, vides, qui ne voyaient rien et qui voyaient tout à la fois. Léo avait toujours trouvé étrange qu'on dise qu'il ne fallait pas regarder le Coelhudo dans les yeux. Pour quoi faire, s'il était aveugle ? Mais ce soir, il comprenait. Le regard n'était pas important. C'était la présence, le silence, l'attente qui étaient terrifiants.

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