Chapter 10

Le Visage dans le Noir

Un bref instant, ses yeux croisent une forme dans l'obscurité extérieure. Une silhouette haute, immobile. Puis, un sourire immense et terrifiant s'élargit. Léo a regardé. Il a été vu.

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Le silence était une couverture épaisse, tissée de velours noir et de peur ancestrale. Chaque tic-tac de l'horloge dans le vestibule semblait résonner comme un coup de marteau sur le cœur, amplifiant la tension qui flottait dans l'air. Dans la chambre douillette, Léo, le plus jeune des enfants, s'agitait sous ses draps, ses petits poings serrés contre sa poitrine. La nuit était tombée depuis des heures, une nuit de pleine lune, ce genre de nuit où les ombres s'allongeaient et prenaient des formes étranges, où le moindre craquement de bois semblait annoncer une catastrophe.

Il n'y avait pas si longtemps, le rire des enfants avait rempli cette maison, un son joyeux et insouciant qui résonnait comme une douce mélodie. Mais aujourd'hui, ce son était absent, remplacé par une quiétude forcée, un silence lourd de sens. Les parents avaient été clairs, plus clairs que jamais : personne ne sortait, personne ne s'approchait des fenêtres. Surtout pas aujourd'hui. Les mots du vieux sage résonnaient encore dans les oreilles de Léo, cette voix grave et rauque qui parlait du Coelhudo, de ses griffes, de son sourire, de ses yeux blancs qui ne voyaient que la peur.

« Jamais, jamais ne regardez dans le noir », avait-il murmuré, ses yeux plissés comme s'il voyait déjà l'horreur. « Il attend. Il guette. Il est la nuit elle-même, déguisée en promesse de fête. »

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