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Chapter 1

Chapitre 1

Éléonore mène une vie apparemment stable : un CDI dans un centre commercial, un appartement cosy, et un compagnon jaloux. Cependant, elle ressent un vide intérieur et se remet en question. Un jour, elle rencontre James, un homme charismatique et mystérieux, qui voit en elle une force cachée. Cette rencontre bouleverse son quotidien et éveille en elle un désir de changement.

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Éléonore consulta l’horloge du centre commercial pour la troisième fois en dix minutes. Encore trois heures avant la fermeture. Trois longues heures à sourire aux clients, à plier des vêtements, à écouter les plaintes banales sur des soldes trop tardives. La vitrine du magasin reflétait son image : une jeune femme au cheveux noir avec des yeux vert-noisettes,, les épaules légèrement voûtées, des regards vers les clients sans vraiment les regarder, une expression polie mais absente, généralement dans son coin mais toujours aider les collègues.

À trente-quatre ans, elle possédait tout ce qu’une vie stable pouvait offrir. Un CDI dans un centre commercial , un appartement au troisième étage d’un immeuble sans cachet, et un compagnon, Marc, qui l’aimait à sa manière — une manière possessive, jalouse, mais qu’elle avait acceptée comme une preuve d’attachement. Pourtant, ce soir-là, en rangeant des produits qui traînaient un peu partout , elle sentit un poids inhabituel sur son cœur. Comme si chaque geste répété l’éloignait un peu plus d’elle-même, un genre de routine.

« Éléonore, tu peux aller en pause ? » lui lança sa collègue Sophie.

Elle acquiesça et se dirigea vers la petite salle de repos. Le café était tiède, le goût amer, n'aillant pas spécialement faim. Elle sortit son téléphone et fit défiler les photos qu'elle avait dans son application de photo — un week-end avec Marc. Sur les clichés, elle souriait, mais ses yeux semblaient vides, un peu ailleurs. Pourquoi cette impression de perdre le goût des petites choses ? Le café du matin, le rire d’une collègue, le chant d’un oiseau… tout lui paraissait soudain fade, comme si un voile gris recouvrait son quotidien.

Elle repensa à sa conversation de la veille avec Marc. Après son après-midi au travail quand elle rentré, c'est lui qui lui dit. « Tu ne comprends pas, Éléonore, avait-il dit, tu passes tes journées au travail sans vraiment faire grand chose, tu ne sais pas ce que c’est que je fais de mes journées moi.... » Ses mots l’avaient blessée, non parce qu’ils étaient faux, mais parce qu’ils révélaient le fossé qui se creusait entre eux. Il ne voyait que son travail, pas son envie de tout couper. Et elle, de son côté, avait cessé de partager ses questionnements profond. À quoi bon ? Il les balayait d’un geste ou les retourner contre elle...

Alors qu’elle regagnait on poste de travail, la lumière du centre commercial vacilla clignoter quelques secondes, une panne électrique ? Non, tout redevint normal. Mais dans cette seconde de flou, elle aperçut un homme debout devant une boutique de maroquinerie, à quelques mètres d’elle. Il était grand, vêtu d’un manteau sombre, et tenait un livre à la main qu’il feuilletait avec une concentration paisible. Ses cheveux châtains étaient légèrement ébouriffés, comme s’il venait de marcher dans le vent. Il releva la tête, croisa son regard, et lui adressa un sourire — pas un sourire conventionnel, mais un sourire qui semblait dire : je te vois...

Éléonore détourna les yeux, confuse et n'osant pas regarder d'avantage. Pourquoi ce simple regard la troublait-il ? Elle retourna à son travail, mais l’image de cet homme resta coincée dans son esprit, telle une lumière dans l’obscurité.

Les jours suivants, elle le revit. Par hasard ? Il passait souvent devant le magasin, parfois un journal sous le bras, parfois les mains dans les poches, toujours avec cette allure détendue, comme s’il appartenait à un monde où le temps n’existait pas. Elle apprit son nom par une cliente qui le salua : James. Rien de plus. Mais ce nom résonnait en elle comme une promesse.

Un après-midi, alors qu’elle sortait du centre commercial après son service, elle le trouva assis sur un banc, lisant. Il leva les yeux et lui sourit de nouveau. « Bonsoir, dit-il d’une voix calme. Vous semblez fatiguée. »

Éléonore hésita, glissant sa main sur son bras. D’habitude, elle aurait répondu poliment et se serait éloignée en reprenant son quotidien. Mais quelque chose en elle céda, un pourquoi pas. « C’est juste une longue journée », murmura-t-elle.

« Une longue journée de quoi ? » demanda-t-il, sans insistance, simplement curieux.

Elle se déplaça près de lui, surprise par son propre geste, alors qu'elle évite de rester comme ça. « Je travaille ici, dit-elle en désignant le bâtiment. Mais parfois, j’ai l’impression de tourner en rond, de refaire les même chose. »

James hocha la tête, comme s’il comprenait. « Tourner en rond, c’est le propre de ceux qui cherchent autre chose ou qu'il se lasse. »

Elle le regarda, intriguée. « Et vous, que faites-vous ? »

Il eut un rire léger. « Je voyage, je lis, je rencontre des gens. Et je dirige une entreprise, accessoirement. »

« Une entreprise ? » répéta-t-elle, surprise car elle le voit passer presque tout les jours.

« Oui, mais ce n’est pas ce qui me définit. Ce qui me définit, c’est ma liberté de choisir chaque jour qui je veux être. »

Ces mots frappèrent Éléonore comme une évidence. Elle passa le reste de la soirée à parler avec lui sans se soucier des retombées avec Marc. Parlant de tout et de rien, de ses envies de voyage, de ses doutes. Il l’écoutait avec une attention rare, sans la juger. Quand elle rentra chez elle, Marc l’attendait, le visage fermé. « Encore en retard ? Je t'avais dit que je voulais que tu rentre a l'heure ! Tu ne pense vraiment pas a moi en faîte !» gronda-t-il.

« Désolée mais j’ai rencontré quelqu’un et j'ai pas vu le temps passer... », répondit-elle, mais elle se tut aussitôt, sentant sa jalousie monter et les reproches mais elle ne dit plus rien.

Les semaines qui suivirent, Éléonore multiplia les rencontres avec James. Toujours par hasard ? Ou par rendez-vous tacites ? A chaque fois on échange sur les histoires de voyages, de nuits à la belle étoile, de moments où il avait tout perdu pour mieux se retrouver. Elle, en retour, dévoilait peu à peu ses aspirations : quitter ce travail qu'elle n'a jamais aimé mais continue pour les factures, mais aussi son envie de voyager, vivre pleinement, sans avoir a penser au retomber de ses choix. « Pourquoi ne le fais-tu pas ? » demanda-t-il un jour, en la regardant droit dans les yeux.

« Parce que j’ai peur... », avoua-t-elle.

« Peur de quoi ? De perdre ce que tu as ? Mais tu as déjà perdu le goût de vivre. »

Ses paroles résonnèrent longtemps en elle puis après cette poser plusieurs questions. Elle commença à changer : elle osa petit a petit a s'exprimer d'avantage du comment elle voit les choses, elle s’inscrivit à des cours de gym, elle exprima ses opinions à Marc, qui réagit mal. « Tu n’es plus la même, criait-il. Tu deviens folle et bête, tu ne veux plus être avec moi, de prendre du temps pour moi. »

Peut-être qu’elle devenait enfin elle-même, elle avait le sentiment que en dehors de l'appartement elle respirait.

Un soir, James lui proposa de dîner dans un restaurant discret. Il se montra plus mystérieux que jamais, évoquant des affaires « complexes » sans donner de détails. « Certaines personnes veulent ma peau », dit-il avec un sourire ambigu. « Mais je ne les laisse pas m’atteindre. »

Éléonore sentit un frisson. Qui était-il vraiment ? Un homme d’affaires dangereux ? Un aventurier ? Elle comprit qu’il portait un masque.

Ce soir-là, alors qu'elle c'était coucher elle se réveilla et voyait Marc qui fouillait son téléphone. « Qui est ce James ? » hurla-t-il. La dispute fut violente. Eléonore a expliqué que c'était un ami mais au petit matin, Marc dit a Éléonore de quitter l’appartement, une valise à la main, le cœur déchiré mais étrangement léger.

Elle n’avait plus de travail — elle avait démissionné la veille sous les conseils de James—, plus d’appartement, plus de Marc. Mais elle avait James, ou du moins l’idée de lui. Et pour la première fois, elle se sentait en phase avec son cœur, prête à plonger dans l’inconnu son cœur battant vite.

Assise sur un banc, face à la gare, elle attendit. Il avait dit qu’il viendrait. La pluie commença à tomber, fine, froide. Elle resserra son manteau et regarda les passants. Que lui réservait l’avenir ? James arriverait-il ? Et s’il n’était pas l’homme qu’elle croyait ?

Un bruit de pas derrière elle. Elle se retourna.

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