Chapter 2
Chapitre 2 — Le Premier Pas dans l'Inconnu
Éléonore attend James sous la pluie. Il arrive et l'emmène dans un lieu inattendu, lui révélant des fragments de sa vie secrète. Elle accepte de le suivre, mais comprend qu'elle s'engage sur un chemin dangereux. Le chapitre se termine sur une menace imminente.
La pluie tombait, fine et tenace, tissant un voile gris sur la ville endormie. Éléonore, assise sur le banc humide face à la gare, resserra son manteau autour d'elle. Ses doigts tremblaient, elle l'attend, puis quand elle tourne sa tête il était là, oui... Il est venu.
Malgré ça... Elle se pose la question, quelle serait sa prochaine destination ? Elle n'avait plus de plan, plus de filet de sécurité. Juste une valise contenant quelques vêtements, des photos, et rien d'autre.
Un bruit de pas derrière elle. Un pas régulier, assuré, qui ne pressait pas malgré la pluie. Elle se retourna, le cœur battant. James se tenait là, un parapluie noir à la main, son manteau sombre luisant d'humidité. Il lui sourit, ce même sourire qui semblait dire : « Tu es venue, » son regard qui veut dire simple, qu'il n'avait jamais douté de sa présence.
« Oui, » répondit-elle, la voix étranglée par l'émotion. « je l'ai fait... »
Il s'approcha, ouvrit le parapluie et le tint au-dessus d'elle, la protégeant de la pluie. « Je sais. Et je suis fier de toi. »
Elle se leva, ses jambes flageolantes après être assise dans le froid trop longtemps et je demande. « Où allons-nous ? »
« Suis-moi, » dit-il, en lui prenant la main. Sa paume était chaude, rassurante, et Éléonore s'y accrocha comme à une bouée.
Ils marchèrent en silence, traversant des rues étroites, des ruelles que le centre-ville ne connaissait pas. Les lampadaires jetaient des ombres dansantes, et la pluie cessa peu à peu, laissant place à un ciel qui s'éclaircissait. James la guida vers un quartier qu'elle ne connaissait pas, plus industriel, avec des entrepôts désaffectés et des bâtiments en brique. Il s'arrêta devant une porte métallique, sans enseigne, et sortit une clé de sa poche.
« C'est ici que je travaille, parfois, » murmura-t-il en ouvrant la porte. « Entre, ne crains rien. »
L'intérieur était un loft spacieux, aménagé avec goût : des murs blancs, des étagères remplies de livres, un canapé en cuir, et une grande table en bois couverte de plans et de documents. Des lampes à la lumière tamisée créaient une atmosphère intime et chaleureuse. Éléonore parcourut la pièce du regard, cherchant des indices sur la vie de cet homme. Elle vit des photos de paysages lointains, des cartes épinglées au mur, et un ordinateur portable allumé affichant des graphiques complexes.
« C'est ton bureau ? » demanda-t-elle.
« En quelque sorte, » répondit-il en débarrassant la table. « C'est mon refuge, mon antre. Ici, personne ne me cherche. »
Il la fit asseoir, lui servit un thé chaud, et s'assit en face d'elle. « Tu as des questions. Je le vois dans tes yeux. Alors pose-les. »
Éléonore hésita. Elle avait tant de questions que les mots se bousculaient. Mais elle choisit la plus simple, celle qui la hantait depuis le début : « Qui es-tu vraiment, James ? »
Il eut un rire léger, mais ses yeux restèrent sérieux. « Je suis un homme qui a choisi de vivre en marge. Je dirige une entreprise, oui, mais ce n'est pas une société ordinaire. Nous travaillons dans l'exportation, mais pas seulement des marchandises. Des informations, des secrets, des objets qui n'auraient jamais dû être retrouvés. »
Éléonore sentit un frisson parcourir son échine. « Es-tu dangereux ? »
« Pour certains, oui. Pour ceux qui me menacent ou qui menacent ceux que j'aime. Mais pour toi, je ne serai jamais un danger. »
Il se leva, alla vers une bibliothèque et en sortit un livre ancien, à la couverture usée. Il le lui tendit. « Ce livre contient tout ce que je sais. Il parle d'un trésor, ou plutôt d'une quête. »
Éléonore prit le livre, le feuilleta. Des notes manuscrites, des symboles étranges, des cartes. « Pourquoi me montres-tu cela ? »
« Parce que je vois en toi une force que tu ignores encore. Tu as tout quitté pour une vie inconnue, pour moi. C'est le signe d'une âme courageuse. Je veux que tu saches à quoi tu t'engages si tu restes à mes côtés. »
Elle le regarda, ses yeux plongés dans les siens. « Je ne suis pas sûre de comprendre, mais je veux apprendre. Je veux vivre, vraiment, même si cela signifie risquer. »
James sourit, un sourire chaleureux cette fois, sans ambiguïté. « Alors, sois prête. A partir de demain, on travaillera sur ta force intérieure. »
« ma force intérieure ? »
« oui... ça sera long et peux être difficile... Mais avant, tu dois te reposer. »
Il la conduisit dans une petite chambre attenante, avec un lit confortable et une fenêtre donnant sur les toits de la ville. « Dors, dit-il. Je veillerai. »
Éléonore s'allongea, la tête pleine de questions, mais le sommeil l'emporta rapidement. Elle dorma malgré tout ce qu'elle a ressenti aujourd'hui.
Le lendemain matin, un bruit la réveilla. Des voix, étouffées. Elle se leva, enfila un de ses pull qu'elle avait dans sa valise, et se dirigea vers la porte. Elle entrouvrit et vit James, debout devant la porte d'entrée, parlant à un homme au visage dur, vêtu d'un costume sombre. Le ton était tendu.
« Je te l'ai dit, Lucas, je ne veux plus de ça. Les affaires sont claires. »
« Pas pour tout le monde, James. On a retrouvé ta trace. Le patron veut te voir. Et il a entendu parler de la fille, celle que tu essaies de cacher. »
Éléonore retint son souffle. La fille ? Elle ?
James se raidit, mais sa voix resta calme. « Éléonore n'a rien à voir avec ça. Elle est sous ma protection. »
« Tu sais bien que ça ne marche pas comme ça. Elle est maintenant un point faible, une anomalie dans ton quotidien. »
L'homme tourna les talons et sortit. James resta un instant immobile, puis se tourna vers la chambre. Il croisa le regard d'Éléonore, et son expression s'adoucit. « Tu as entendu ? »
Elle hocha la tête, le cœur battant.
« Il faut que nous partions... Maintenant. »
Il s'approcha, lui prit les mains. « Éléonore, je te le demande une dernière fois : es-tu prête à me suivre, même si cela signifie affronter des dangers ? »
Elle leva les yeux, et pour la première fois, elle sentit la certitude ancrée en elle, quelques choses qui faisait battre son cœur. « Oui, je suis prête. »
James sourit, un sourire déterminé. « Alors viens. L'aventure commence maintenant. »
Ils quittèrent le loft, laissant derrière eux la ville endormie. La voiture de James filait sur les routes, direction les montagnes. Mais dans le rétroviseur, Éléonore aperçut une autre voiture, noire, qui les suivait à distance.
Elle ne dit rien, mais serra la main de James plus fort. Le chemin serait long, et les ombres, nombreuses. Mais pour la première fois, elle avançait vers quelque chose, et non plus en fuyant.
Et au détour d'un virage, la voiture noire disparut, comme si elle n'avait jamais existé. Mais Éléonore savait qu'elle était là, tapie dans l'ombre, attendant le bon moment pour frapper ou même nous surveiller, je découvre un monde que je ne connais pas.