Chapter 9
Les Liens qui se Tissent
Fares vient me voir souvent. Il me raconte des histoires, m'apprend des choses. Je commence à lui faire confiance, à le considérer comme ma famille. Il est mon protecteur.
Les liens qui se tissent
Les jours en France se ressemblaient, rythmés par le soleil qui filtrait à travers les rideaux de ma petite chambre et par le murmure lointain de la ville. Chaque matin, une nouvelle aube se levait, une promesse silencieuse que le son des sirènes et l'odeur âcre de la fumée ne viendraient pas troubler. Fares venait me voir presque tous les jours. Au début, je me tenais sur mes gardes, mon instinct de survie, affûté par des années de méfiance, me rappelant de ne jamais accorder ma confiance trop facilement. Mais Fares était différent. Il ne me regardait pas avec la pitié condescendante de certains, ni avec l'indifférence pressée de la plupart. Son regard était doux, empreint d'une compréhension qui semblait transcender les mots.
Il s'asseyait près de moi, parfois sur le bord du lit, parfois sur une chaise qu'il avait lui-même apportée, une chaise en bois simple, sans fioritures, mais qui semblait tout de suite plus accueillante que tout ce que j'avais connu. Il ne parlait pas beaucoup au début, laissant le silence s'installer entre nous, un silence qui n'était pas vide ni menaçant, mais rempli d'une présence rassurante. Puis, il commençait à me raconter des histoires. Des histoires de son enfance, d'une enfance qui, à son grand regret, n'avait pas été marquée par la guerre. Il me parlait de jeux dans des champs verdoyants, de rivières où l'eau était si claire qu'on pouvait voir les poissons nager, de fêtes où l'on riait aux éclats sans avoir à craindre qu'un instant de joie ne soit brisé par la peur.
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