Chapter 14

Les Jeux et les Larmes

Un jour, en jouant, je tombe et me blesse. La douleur me rappelle la violence. Je pleure, mais cette fois, ce sont des larmes de tristesse, pas de peur. Fares me soigne.

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Les jeux et les larmes

Le soleil français avait une douceur que je ne connaissais pas. Il caressait ma peau sans la brûler, sans la menacer. Les rires des autres enfants résonnaient dans le parc, une mélodie étrange et joyeuse qui mettait un peu de baume sur mon cœur encore lourd. J’apprenais à jouer. C’était un concept si simple, si évident pour eux, et pour moi, une découverte timide, presque timorée. Fares m’avait dit que c’était important, que les enfants avaient besoin de jouer pour grandir, pour oublier un peu. J’avais du mal à oublier, mais le jeu m’aidait à faire taire le bruit des bombes pour un temps, à mettre un voile sur les visages dévastés que je croisais encore parfois dans mes cauchemars.

Ce jour-là, le parc grouillait de vie. Des ballons volaient, des cris enthousiastes fusaient, et les toboggans semblaient être le théâtre de batailles épiques. J’observais, fascinée. J’avais toujours été trop occupée à chercher à manger, à me cacher, à survivre, pour me permettre de tels plaisirs. Fares avait insisté pour que je vienne, pour que je m’intègre. Il avait acheté une petite robe légère, d’un bleu ciel qui rappelait le ciel d’ici, et m’avait appris quelques mots de français pour pouvoir me défendre un peu. « Bonjour », « Merci », « S’il vous plaît », et surtout, « Je ne comprends pas ».

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