Chapter 15
La Vraie Valeur
Amira apprend qu'il ne faut pas se moquer des autres. La gentillesse et la compassion sont les véritables trésors, bien plus précieux que toute beauté éphémère.
Le village, autrefois un tableau vibrant sous le soleil, semblait désormais porter le poids d'un ciel gris et bas. Les murmures, jadis empreints d'admiration pour Amira, s'étaient mués en chuchotements moqueurs, en ricanements discrets. La belle Amira, la fleur du quartier, celle dont le nom résonnait comme une douce mélodie, était devenue un spectacle, une paria. Sa peau, autrefois lisse et éclatante comme une perle, était désormais marquée, défigurée par une éruption cutanée d'une sévérité effroyable. Chaque rougeur, chaque pustule était une insulte à la perfection qu'elle avait toujours tenue pour acquise.
Elle se cachait, terrifiée par le regard des autres, par la cruauté de leurs pensées qu'elle devinait derrière chaque fenêtre close, chaque coin de rue. Son miroir, autrefois son allié le plus fidèle, était devenu son pire ennemi, lui renvoyant l'image d'une étrangère monstrueuse. Les parfums floraux qui l'entouraient autrefois avaient été remplacés par l'âcre odeur de la honte et du désespoir.
Un jour, le cœur battant la chamade, alors qu'elle osait s'aventurer à la fontaine, le lieu de rassemblement habituel du village, elle entendit son nom, prononcé avec un mépris glacial. C'était la voix de son ancien prétendant, celui qu'elle avait tant aimé, celui pour qui elle avait cru que sa beauté était une armure indestructible. Il parlait à une autre femme, une femme aux yeux brillants et au sourire narquois, celle qui avait ricané le plus fort lors de sa chute.
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