Chapter 3

L'Appel du Sang

Une situation tendue à l'école met Zoé à rude épreuve. Ses instincts vampiriques refont surface. La tentation est forte, le danger palpable. Un camarade de classe, témoin involontaire, commence à s'interroger.

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La cloche retentit, stridente, coupant net la cacophonie des récréations. Les couloirs, tout à l'heure un torrent d'énergie juvénile, se vidaient dans un murmure d'adieux et de promesses d'après-midi. Zoé, le cœur battant à un rythme trop rapide, se faufila entre les groupes, cherchant désespérément le visage familier de Mia. L'odeur de la cantine, un mélange aigre-doux de friture et de désinfectant, lui donnait la nausée. Chaque jour était une lutte, une bataille silencieuse contre les instincts qui grattaient sous sa peau, contre la faim qui se faisait parfois si prégnante qu'elle lui voilait la vue.

Elle aperçut enfin sa sœur, appuyée contre le casier numéro 113, le regard perdu dans le vide. Mia semblait toujours en décalage, une observatrice silencieuse dans ce tourbillon d'adolescents. Zoé s'approcha, un sourire forcé aux lèvres.

« Tu viens ? » demanda-t-elle, sa voix un peu plus rauque qu'à l'accoutumée.

Mia sursauta légèrement, ses yeux sombres se posant sur sa sœur. Il y avait une profondeur dans son regard, une maturité qui détonnait avec ses seize ans. « Oui, j'arrive. Tu as l'air... stressée. »

« C'est juste l'école, tu sais. » Zoé évita le regard de Mia, préférant fixer le sol carrelé. Elle ne pouvait pas lui expliquer. Elle ne pouvait pas lui dire que, dans la salle de classe d'histoire, le professeur, Monsieur Dubois, avait eu une petite coupure au doigt en manipulant une vieille carte. Un rien, pour n'importe qui d'autre. Pour Zoé, c'était une goutte de sang écarlate, une promesse tentatrice qui avait fait vibrer chaque fibre de son être. Elle avait dû serrer si fort ses poings qu'elle avait senti ses ongles s'enfoncer dans ses paumes.

« On rentre ? Maman nous attend avec des biscuits, je crois, » dit Mia, tentant de détendre l'atmosphère.

« J'espère. J'ai besoin de quelque chose de sucré. Ou de… autre chose. » Zoé se mordit la lèvre, regrettant aussitôt ses mots.

Le chemin vers la sortie fut long, ponctué de regards curieux et de conversations insipides. Zoé sentait les yeux d'autres élèves sur elle, des regards qui semblaient la sonder, la démasquer. Elle redoublait d'efforts pour ne pas laisser transparaître sa nervosité, pour maintenir le masque de la jeune fille ordinaire.

Soudain, un groupe de garçons se faufila devant elles, leur bousculant sans ménagement. L'un d'eux, un blondinet aux joues rondes et à l'air arrogant, se retourna et lança un sourire moqueur.

« Désolé, les filles. Pas l'habitude de croiser des fantômes. »

Zoé sentit une vague de colère monter en elle. Ce garçon, Thomas, était le chef de file d'une petite bande qui semblait prendre un malin plaisir à semer la zizanie. Elle aurait voulu lui répondre, lui lancer une pique cinglante, mais Mia la retint par le bras.

« Laisse tomber, Zoé. Ils ne valent pas la peine. »

Ce n'était pas la seule raison. La colère, pour Zoé, était un terrain dangereux. Elle la rapprochait trop de… cela. De la bête en elle.

Alors qu'elles atteignaient la grille de l'école, un cri retentit.

« Au secours ! »

Zoé et Mia se figèrent. Le cri provenait de la cour, près du vieux chêne. Une foule commençait à se former. Thomas et ses amis étaient là aussi, se frayant un chemin à travers les curieux.

« C'est quoi, ce bruit ? » murmura Zoé, une angoisse sourde lui étreignant la poitrine.

« On devrait aller voir, » dit Mia, sa curiosité l'emportant sur sa prudence habituelle.

Elles se joignirent à la foule, leur regard cherchant la source du tumulte. Au centre, Thomas était au sol, le nez en sang, son visage déformé par la douleur et la surprise. Il avait été bousculé par un autre élève, un garçon plus petit, plus réservé, qu'elles n'avaient jamais vraiment remarqué auparavant. Il s'appelait Léo. Il était tremblant, visiblement terrifié par ce qu'il venait de faire.

« Léo ! » s'exclama Thomas, sa voix déformée par la douleur. « Tu vas le regretter ! »

Léo recula, ses yeux écarquillés fixant le visage furieux de Thomas. Il

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