Chapter 8

Le Gardien Silencieux

La présence d'un autre esprit, plus ancien et protecteur, se fait sentir. Cet esprit, le Gardien, observe les filles. Sa nature est ambiguë, protectrice ou menaçante ? Il semble détenir des clés supplémentaires sur le passé.

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Le crépuscule s'était installé sur le manoir, drapant ses vieilles pierres d'une lumière violacée, presque irréelle. La nuit était tombée, enveloppant le domaine de son manteau silencieux, mais ce silence n'avait rien de paisible. Il était lourd, chargé d'attente, comme si le manoir lui-même retenait son souffle. Léa m'avait rejointe, son inquiétude palpable dans le frisson qui parcourait son échine à chaque craquement de parquet. Les mots échangés dans la voiture, le trajet jusqu'ici, tout cela semblait maintenant appartenir à une autre vie, une vie de légèreté et de certitudes effritées. Nous étions ici, face à l'obscurité rampante, deux âmes tremblantes dans l'antre d'une histoire oubliée.

Les phénomènes de la première nuit s'étaient intensifiés. Les murmures, d'abord inaudibles, prenaient forme, des bribes de conversations anciennes, des soupirs déchirants. Les objets, loin de se contenter de bouger, semblaient animés d'une volonté propre. Une vieille pendule, figée depuis des décennies, s'était soudainement mise à sonner, ses coups lourds et funèbres résonnant dans le vide comme un avertissement. J'avais vu des ombres, bien sûr, mais cette fois, elles avaient pris des contours plus définis, des silhouettes fugaces se découpant sur le fond des ténèbres, aussi évanescentes que des souvenirs. Et puis, il y avait eu cette présence. Ce n'était plus la sensation diffuse d'être observée, mais une conscience aigüe, une froideur qui s'insinuait dans mes os.

Léa, malgré sa peur évidente, avait gardé une force tranquille. Elle ne parlait pas beaucoup, mais ses yeux balayaient chaque recoin sombre, sa main agrippant mon bras comme pour me signifier qu'elle était là. C'était un réconfort fragile, un fil ténu dans la tempête qui nous assaillait. Nous avions trouvé refuge dans le grand salon, là où la lumière de nos lampes de poche peinait à dissiper les ténèbres. Les portraits accrochés aux murs semblaient nous fixer, leurs regards figés semblant juger notre intrusion. Il y avait une dame élégante, au regard triste, et un homme au visage sévère, dont les yeux perçants semblaient vouloir sonder nos âmes.

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