Chapter 8
La Sensation d'Être Vu
Dans le tunnel, Barnabé ressent une présence invisible. Le mystère s'épaissit, mêlant ses peurs à la fascination pour ce lieu secret et ses potentiels gardiens.
Le tunnel, ce gouffre noir creusé dans la terre, semblait aspirer non seulement la lumière du jour, mais aussi une part de la raison de Barnabé. Chaque pas le ramenait un peu plus loin dans cette obscurité familière et pourtant si étrangère, où l'air se faisait plus dense, chargé d'une odeur qu'il ne parvenait pas à identifier. Ce n'était pas l'odeur de la terre humide, ni celle des racines enfouies, encore moins le relent musqué d'autres créatures. C'était une fragrance subtile, presque évanescente, comme le souvenir d'un parfum oublié, une promesse énigmatique.
Il avançait prudemment, ses pattes s'enfonçant légèrement dans le sol meuble. Ses oreilles, dressées, captaient le moindre craquement, le moindre murmure de l'air. Pourtant, au-delà des sons familiers de sa propre présence, il y avait autre chose. Une sorte de silence vibrant, une immobilité qui parlait. Il avait l'impression, nette et persistante, d'être observé. Pas d'un regard animal, vif et direct, mais d'une attention diffuse, enveloppante. Une présence invisible qui le sondait, le pesait, sans jamais se révéler.
Cette sensation, plus qu'une peur franche, était une sorte d'appréhension diffuse, un frisson qui lui parcourait l'échine. Il s'arrêta, le museau tendu, essayant de déchiffrer ce que ses sens, habitués aux signaux du monde extérieur, ne parvenaient pas à saisir. Était-ce une créature ? Un esprit ? Ou simplement le fruit de son imagination débordante, nourrie par les étranges découvertes qu'il avait faites dans ce lieu ?
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