Chapter 4

L'Ascension Illusoire

Agile et connaissant les routes, Wesley coordonne des livraisons. Il gagne argent et statut, mais vit sous pression, sans confiance. Ses amis s'éloignent par peur, et la police commence à s'intéresser à lui, resserrant son étau.

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Le ronronnement familier de la moto était devenu une seconde nature pour Wesley, un rythme familier dans le chaos de sa vie. Pourtant, cette fois, le son résonnait différemment, teinté d'une nouvelle urgence, d'une sorte de puissance qu'il n'avait jamais ressentie auparavant. Sa vieille moto, celle qui avait tant peiné à gravir les côtes de Macaé, avait été échangée contre une bête rutilante et rugissante, dont le moteur grondait comme une promesse de vitesse et de contrôle. Le groupe, le CV, comme on l'appelait dans les murmures inquiets, l'avait « aidé » à faire cette transition. Un cadeau, disaient-ils, un signe de reconnaissance pour son efficacité. Pour Wesley, c'était une dette, une chaîne invisible forgée dans le métal brillant de la machine, une dette qui le liait encore plus fermement à leurs desseins.

Les livraisons avaient changé. Les petites enveloppes anonymes avaient fait place à des colis plus volumineux, des chargements qui nécessitaient une discrétion accrue, des arrêts dans des endroits plus reculés, des routes de montagne serpentant dans l'obscurité. Wesley, grâce à sa connaissance intime des chemins de traverse, des sentiers oubliés que même les GPS ignoraient, était devenu indispensable. Il n'était plus seulement celui qui conduisait ; il était celui qui organisait, celui qui traçait les itinéraires, celui qui trouvait les solutions quand les plans les plus simples se heurtaient à des imprévus. On lui confiait des « missions » plus importantes, des livraisons qui rapportaient gros, assez pour que le loyer soit payé sans l'angoisse quotidienne, assez pour que les médicaments de sa mère soient achetés sans qu'il ait à choisir entre sa santé et leur survie.

L'argent affluait, une sensation nouvelle et enivrante. Les vêtements qu'il portait n'étaient plus ceux usés par les heures passées sur la selle, mais des tissus plus fins, des marques qu'il n'aurait jamais pu s'offrir avant. Il se sentait différent, plus sûr de lui, une confiance qui naissait non pas de la sécurité, mais de la capacité à naviguer dans un monde dangereux, à en déjouer les pièges. Mais cette confiance était un vernis fragile, cachant une anxiété rampante. Il était constamment en alerte, son téléphone ne quittant jamais sa main, prêt à répondre à n'importe quelle heure, n'importe quel jour. Le sommeil devenait une denrée rare, interrompu par des rêves agités où les phares des voitures de police se transformaient en yeux menaçants, où les voix familières se muaient en menaces sourdes.

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