Chapter 2

La Première Livraison et l'Engrenage

La première livraison est une réussite financière, incitant Wesley à répéter l'expérience. Se croyant malin, il ignore qu'il est déjà repéré par un cartel criminel. Son emploi légitime s'estompe au profit de missions de plus en plus fréquentes pour le groupe.

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La moto ronronnait sous lui, un murmure familier qui avait bercé ses longues journées. L'air de Macaé, chargé des embruns salins et des effluves d'une ville qui ne dormait jamais vraiment, lui était devenu aussi familier que le poids du casque sur sa tête. Wesley, dix-neuf ans, venait de terminer sa quatorzième heure de livraison, le corps endolori, les mains agrippées au guidon comme si elles s'y étaient soudées. Chaque coup de pouce de l'accélérateur était une prière silencieuse pour que le compteur d'essence ne descende pas trop vite, pour que le prochain appel ne le pousse pas dans un coin oublié de la ville où la nuit tombait plus vite et plus sombre.

Le résultat de cette journée harassante, comme de toutes les autres, serait une maigre somme, juste assez pour qu'il puisse regarder sa mère, le visage marqué par la douleur et la fatigue, et lui dire qu'il avait pu acheter les médicaments dont elle avait cruellement besoin. Le loyer, lui, menaçait toujours, une ombre constante planant au-dessus de leur petit appartement exigu. Il repensait aux bribes de conversations entendues dans les ruelles, aux murmures sur Trajano de Moraes et Itaperu. Des noms qui résonnaient comme des promesses lointaines, des terres où l'or coulait à flots, mais où les chemins tortueux menaient souvent à des désillusions amères, voire à des ennuis bien plus graves. Il avait vu des amis, animés par le même désespoir qui le rongeait, revenir les mains vides, le regard éteint, ou pire, les épaules voûtées sous le poids d'obligations tacites envers des forces obscures.

C'est dans ce contexte qu'était arrivée l'offre. Un visage familier, mais qu'il n'avait pas vu depuis des mois, s'était matérialisé à l'aube, alors qu'il s'apprêtait à démarrer sa journée. Un homme aux yeux vifs, le sourire trop large pour être honnête. "Wesley, mon gars ! Ça roule ?" La question était superflue. Ça ne roulait jamais vraiment. "J'ai un truc pour toi. Une livraison. Facile. Bien payée."

Une caisse. Un point de dépôt à Itaperu. Une route qu'il connaissait, mais pas celle qu'il empruntait habituellement pour ses livraisons légales. L'idée lui avait traversé l'esprit comme une flèche empoisonnée. L'argent. La possibilité de souffler un peu, d'acheter autre chose que le strict minimum pour sa mère. Mais la peur, cette compagne fidèle de son quotidien, l'avait retenu. "Non, merci. Je… j'ai déjà mon boulot."

L'homme avait haussé un sourcil, son sourire s'était légèrement pincé. "Dommage. C'est une bonne opportunité. Pense-y." Il lui avait laissé un numéro griffonné sur un bout de papier froissé, puis avait disparu aussi vite qu'il était apparu, laissant Wesley avec un arrière-goût de regret et une angoisse sourde.

Puis, le verdict était tombé. La pharmacienne, le regard compatissant mais ferme, lui avait expliqué que le nouveau traitement de sa mère coûtait cher. Très cher. Trop cher pour ses maigres revenus. Les jours suivants, le papier froissé avait pesé lourd dans sa poche. Il avait regardé sa mère, le souffle court, les yeux fiévreux, et une décision s'était forgée en lui, une décision prise dans la douleur et la nécessité. Il avait composé le numéro.

"C'est Wesley." "Ah, te voilà ! Je savais que tu comprendrais. Rendez-vous dans une heure, au vieux pont. La caisse t'attend."

La première livraison fut étrangement simple. Pas de questions, pas d'obstacles. La caisse, d'un poids raisonnable, fut déposée à l'endroit indiqué. L'argent qu'il reçut ensuite lui parut irréel. Plus de l'argent qu'il ne gagnait en une semaine de travail acharné. Il ne sentit pas le piège se refermer. Il ne vit pas les yeux qui le suivaient depuis les ombres, les téléphones qui enregistraient chaque mouvement, chaque détail. Il se sentit… habile. Malin. Il avait trouvé une faille, un raccourci vers une vie un peu moins pénible.

Les livraisons se multiplièrent. Toujours la même routine : un point de rendez-vous, une caisse, un lieu de dépôt. Parfois, il était payé en espèces, parfois par virement discret sur un compte qu'il avait ouvert à

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