Chapter 7

Elara et la Peur

Elara, amie d'enfance de Mekinda, est témoin des événements étranges. Sa loyauté est mise à l'épreuve par la peur grandissante. Elle commence à croire aux murmures.

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Elara sentit le froid lui glacer les os, un froid qui n'avait rien à voir avec la brise nocturne caressant les toits de chaume de Nio. C'était une morsure plus profonde, une peur qui s'insinuait dans les fibres mêmes de son être, comme une racine venimeuse s'enfonçant dans la terre fertile. Elle s'était aventurée plus loin que d'habitude, attirée par une curiosité mêlée d'une inquiétude sourde qui tourmentait le village depuis des semaines. La nuit était tombée comme un voile épais, drapant Nio d'une obscurité presque palpable, une obscurité que le faible éclat des étoiles peinait à percer.

Elle se tenait à l'orée de la forêt, là où les arbres se dressaient comme des sentinelles silencieuses, leurs branches noueuses tendant leurs doigts décharnés vers le ciel. Le silence était lourd, oppressant, ponctué seulement par le craquement lointain d'une branche sous le poids d'une créature invisible, ou le murmure du vent dans les feuilles, un souffle qui semblait porter des secrets anciens. Elara serra les bras autour d'elle, son regard scrutant les ombres mouvantes. Elle pensait à Mekinda, à ses yeux souvent perdus dans le lointain, à ses questions incessantes qui dérangeaient l'ordre établi. Elle avait toujours été une amie fidèle, le roc sur lequel Mekinda pouvait parfois s'appuyer dans sa solitude d'orphelin. Mais les événements récents avaient ébranlé ses certitudes, érodé sa confiance dans la quiétude de leur monde.

La disparition de Kael, le plus jeune des chasseurs, avait été le déclencheur. Un jour, il était parti à l'aube, son arc sur l'épaule, et le soir venu, il n'était pas revenu. Ses traces s'étaient arrêtées net à la lisière de la forêt, comme s'il s'était évaporé dans l'air. Puis ce fut le tour de la vieille Anya, dont la cabane isolée avait été retrouvée vide, sa porte ouverte sur le vide, comme si un vent invisible l'avait emportée. La peur, d'abord un murmure discret, était devenue un cri silencieux qui résonnait dans chaque foyer. Les anciens parlaient de malédictions oubliées, de la colère des esprits de la forêt, tandis que le Chef du Village, le pragmatique Kaelen, tentait de rassurer par des mots rassurants, mais ses yeux trahissaient une inquiétude grandissante.

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