Chapter 5

Le Départ de Gontran

Le récit évoque la maladie cardiaque puis le décès du jeune frère Gontran. Cet événement douloureux affecte profondément la narratrice, rendant ses études difficiles.

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Les jours s'étiraient, teintés d'une ombre nouvelle, celle de la maladie qui s'était installée insidieusement dans notre foyer. Gontran, mon plus jeune frère, dont les rires cristallins avaient si souvent rempli nos maisons, était devenu pâle, essoufflé. Ses petites mains, autrefois si vives à attraper mes doigts, serraient maintenant sa poitrine, trahissant une douleur que ses jeunes yeux ne pouvaient entièrement masquer. Les médecins parlaient de problèmes cardiaques, mots lourds de sens qui planaient au-dessus de nous comme un mauvais présage. Papa, lui aussi, sombrait dans les méandres de son esprit, son regard jadis si clair se voilant d'une confusion douce-amère, les premiers signes de cette maladie insidieuse qu'ils appelaient Alzheimer.

C'est dans ce climat d'inquiétude que je me réfugiais chez tante Monique, un havre de paix où l'amour et la sagesse guidaient chaque jour. Les cours à Catherine Flon semblaient d'un coup dérisoires face aux tourments qui secouaient notre famille. Pourtant, il fallait continuer. Gontran, malgré sa fragilité croissante, venait parfois nous rendre visite chez tante Monique, sa présence fragile un rappel constant de l'amour qui nous unissait. Je me souviens de ces après-midis où il s'asseyait près de moi, un sourire faible aux lèvres, tandis que je lui racontais mes journées à l'école. Il était si jeune, si innocent, et pourtant déjà si marqué par le fardeau de la maladie.

Un soir, alors que le soleil déclinait, jetant de longues ombres sur le jardin de tante Monique, Gontran fut pris d'une crise. Sa respiration s'accéléra, son visage devint livide. Les cris de ma mère, mêlés à ceux de tante Monique, résonnèrent dans la maison, un écho de terreur qui glaça mon sang. Nous l'avons veillé toute la nuit, le cœur serré, priant pour qu'il surmonte cette épreuve. Il s'en sortit, affaibli mais vivant, mais l'angoisse ne nous quitta plus. Cette nuit-là, j'ai compris que le temps nous était compté, que chaque instant partagé était un trésor précieux.

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