Chapter 17
Les Démons Familiaux
La belle-mère et la famille du mari se révèlent hostiles. La narratrice est confrontée à des comportements étranges et inquiétants, alimentant ses doutes sur leur nature.
Les portes de la maison semblaient se refermer derrière moi avec un murmure sinistre, chaque craquement du bois résonnant comme un avertissement. J’avais quitté Haïti, mon pays natal, avec le cœur lourd de souvenirs, mais aussi empli d’une lueur d’espoir pour un nouveau départ aux États-Unis. Ce nouveau chapitre, j’avais rêvé qu’il serait empreint de paix et de bonheur, une douce continuation de ma vie après tant d’épreuves. Mais dès les premiers instants, une ombre s’est étendue, une noirceur diffuse qui émanait de la famille de mon époux, Wilner Wilson Byas Jr. Pourtant, le bonheur me souriait à travers ses quatre cousins – Hervey Dérizaire Junior, Eunaudel Bernadin, Jakoderm Bernadin et Gregory Alien – qui m’ont accueillie à bras ouverts, me considérant comme l’une des leurs. Sa tante, Eunide Bernadin, et son mari Jacques, m’ont également enveloppée de leur affection, tout comme leurs filles, Janide et Jadine. Mais cette lueur d’espoir fut rapidement éclipsée par la cruauté de la mère de Wilner, et de ses frères et sœurs.
« Des démons en personne », murmurai-je pour moi-même, les mots résonnant dans ma tête comme une sentence inéluctable. Comment une famille pouvait-elle être si… vile ? La mère de mon mari, Mrs. Viola, était un serpent venimeux, une hypocrite. Et puis, il y avait cette accusation lancée par certains membres de la famille de son mari : elle serait une « lougarou ». L’idée même me glaçait le sang, mais les événements qui suivirent ne firent que nourrir mes inquiétudes.
Trois fois, mon ventre s’était arrondi, et trois fois, j’avais perdu l’enfant. La première fois, Mrs. Viola le savait. Elle était si étrange, si… prédatrice. Comment pouvait-elle savoir, si tôt, si précisément ? Je me demandais si elle n’avait pas quelque chose à voir avec ces pertes. Le doute s’insinuait en moi, corrosif, alimenté par un rêve terrifiant que Mrs. Vida Bastien avait raconté à ma belle-mère. La réaction de Mrs. Viola avait été glaçante. « Sé pou Edwige », avait-elle lâché, avant de raccrocher sans un mot de plus. Pour moi ? Pour mon bébé ? La question me hantait. Je ne pouvais qu’imaginer qu’elle s’était transformée en mauvais esprit, qu’elle avait traversé mon ventre ce soir-là, à 20h30, alors que je gisais dans mon lit, les yeux clos. Cette expérience m’avait appris une leçon amère : ne jamais faire confiance à ma belle-mère ni à sa famille.
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