Chapter 15

Conflits avec Nixon Lafond

Nixon tente de séparer la narratrice et Othniel, coupant les ponts avec elle. Malgré ses efforts, le lien entre la narratrice et Othniel demeure inaltérable.

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Le poids du départ pour les États-Unis pesait lourd sur mon cœur. Laisser Othniel, ce jeune homme que j'avais vu grandir, que j'aimais comme un fils, comme un frère, était une épreuve. Dix-huit ans de complicité, de rires, de confidences, et voilà que la distance physique s'interposait. Mais les liens tissés par l'âme sont indestructibles, et je savais au plus profond de moi que notre connexion perdurerait. Nixon, son père, avait tout tenté pour briser ce lien. Ses jalousies, ses scènes ridicules, ses tentatives désespérées pour nous séparer n'avaient fait que renforcer notre attachement mutuel. En octobre 2018, il avait cru pouvoir couper les ponts, mais il avait tort. Il ne pouvait pas rompre ce qui était scellé dans le cœur, et seul Othniel aurait eu ce droit, un droit qu'il n'utiliserait jamais, car il savait à quel point il comptait pour moi, à quel point il était une partie de ma joie.

Quelques mois plus tard, alors que je chantais à Hébron, le lieu de culte de Nixon, nos chemins se croisèrent à nouveau. Il m'appela, l'air penaud, avec des excuses aussi creuses qu'une promesse non tenue : un changement de téléphone, une perte de numéro. Je ne le crus pas une seconde. Son embarras était palpable, et je savais que sa gêne venait de sa propre hypocrisie. S'il avait vraiment voulu me parler, il aurait pu demander mon numéro à Othniel, qui l'avait toujours. Sa véritable raison était la peur, la peur que notre amitié perdure, que je reste dans la vie de son fils. Il me fit comprendre, sans le dire explicitement, qu'il ne voulait plus de contact si j'étais toujours l'amie d'Othniel. Ma réponse fut silencieuse mais ferme : je serai toujours l'amie d'Othniel, jusqu'à ma mort. Nixon, quant à lui, ne valait pas la peine d'être mon ami, alors qu'Othniel représentait un trésor inestimable.

L'arrivée aux États-Unis apporta son lot de nouvelles épreuves. Je me mariai avec Wilner Wilson Byas Jr., un homme bon, aux côtés duquel je pensais trouver la paix. Mais la famille de Wilner, sa mère en tête, se révéla être un nid de serpents venimeux, d'hypocrites et de créatures malveillantes. Sa mère, Mrs. Viola, était une femme d'une bizarrerie déconcertante, dont les réactions face à mes fausses couches successives me firent douter de sa nature. Trois fois, la vie m'avait échappé, et trois fois, ma belle-mère avait semblé savoir, réagir d'une manière qui glaçait le sang. Je me souviens d'une conversation avec Mrs. Vida Bastien, où cette dernière raconta un rêve à ma belle-mère. La réponse de Mrs. Viola fut glaçante : "Sé pou Edwige," puis elle raccrocha. Comment pouvait-elle savoir ? Comment pouvait-elle être si sûre que le mal était destiné à mon propre enfant ? Je ne pouvais pas le prouver, mais mon cœur criait que cette femme était impliquée, qu'elle avait peut-être utilisé des forces obscures pour me nuire. Ses visites nocturnes dans notre chambre, ses cauchemars qui me submergeaient, son refus d'entendre la Bible Audio – tout cela me confirmait que j'avais affaire à une force obscure. La Parole de Dieu et les ténèbres ne font pas bon ménage, et son rejet de la lumière était un signe évident.

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