Chapter 4

Le Désert et la Prison

Zabré voyage vers le Niger, puis traverse le désert. Il arrive à Tripoli en mars 2025 et est emprisonné. Sa libération survient après le don de son rein droit.

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Le 22 décembre 2024, le soleil du Burkina Faso se levait sur une nouvelle étape du périple de Zabré. Ce n'était pas le soleil familier de son enfance, celui qui caressait les champs de mil et réchauffait les visages de son village, mais un soleil nouveau, porteur d'une promesse d'ailleurs. Ce matin-là, il prit congé de Zombo, de Ribarza, de ce maigre toit qui leur avait abrité, et s'embarqua dans la promesse du Niger. Le voyage fut long, ponctué de haltes poussiéreuses et de regards las. Chaque kilomètre parcouru était une page tournée dans le livre de sa vie, une page écrite dans l'encre de l'espoir et la poussière des routes.

Trois jours plus tard, le sol nigérien accueillit Zabré. Ce n'était pas une terre promise, mais une porte entrouverte vers un destin encore plus incertain. Il rejoignit d'autres âmes errantes, des frères et sœurs d'infortune venus de tous les recoins de l'Afrique de l'Ouest, tous animés par le même rêve fou : l'Europe. L'idée seule suffisait à faire battre le cœur, à ignorer la faim qui tenaillait, la soif qui asséchait.

Puis vint le désert. Un océan de sable et de soleil implacable, une mer de dunes moutonnant à perte de vue. Le voyage s'annonçait comme une épreuve biblique, une traversée à la recherche d'une terre promise qui n'existait peut-être que dans les murmures des hommes et les rêves des femmes. Les jours se fondirent les uns dans les autres, rythmés par le pas lent des dromadaires et le chant rauque du vent. Les nuits, glaciales, offraient un répit bienvenu à la fournaise du jour, et sous le manteau étoilé, les confessions se faisaient plus intimes, les peurs plus palpables. Zabré, habitué aux rudesses de sa terre natale, découvrait une nouvelle dimension de la souffrance, une déshydratation de l'âme autant que du corps. Chaque grain de sable semblait vouloir s'infiltrer dans ses poumons, chaque rayon de soleil vouloir le consumer. Il se sentait dépouillé, ramené à l'essentiel : la simple volonté de vivre.

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