Chapter 6

Le souffle des récits anciens

Maître Sery partage des légendes oubliées, des mythes qui donnent vie aux pierres et aux arbres. Zapatâ écoute, fasciné, sentant un lien se retisser avec la mémoire ancestrale.

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Le soleil déclinait, peignant le ciel de teintes orangées et pourpres, une symphonie de couleurs qui, autrefois, avait bercé les rêves de Zapatâ. Il était assis sur le banc de pierre usé devant la case de Maître Sery, le vieil homme dont les yeux avaient vu passer tant de saisons qu'ils semblaient contenir la sagesse des âges. L'air était doux, chargé des senteurs de terre humide et de la fumée des foyers qui commençaient à s'allumer. Zapatâ avait passé l'après-midi à écouter, le cœur battant d'une émotion qu'il peinait à nommer, un mélange de tristesse et d'une joie naissante.

Maître Sery, sa voix rauque mais portant une mélodie profonde, venait de terminer le récit de la légende du Baobab-Ancêtre, celui qui, disait-on, avait vu naître le tout premier habitant de Gbêwô. Il ne s'agissait pas d'une simple histoire, mais d'une tapisserie tissée de mots, où chaque phrase semblait faire vibrer les racines invisibles du village. Zapatâ sentait les échos de ces récits résonner en lui, comme des cloches lointaines qui rappelaient une mélodie oubliée.

« Tu vois, mon fils, » commença Maître Sery, son regard se perdant dans le lointain, « chaque pierre de ce village a une histoire. Chaque arbre porte le murmure de ceux qui sont passés avant nous. Ce n'est pas seulement la terre que nous foulons, c'est un livre ouvert, un livre dont les pages sont écrites dans le vent, dans le chant des oiseaux, dans le silence même de la nuit. »

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