Chapter 8
Le Premier Pas
Ndoyane confronte Boubacar. Elle défend son droit à choisir sa vie, exprimant ses désirs profonds. La tension monte, l'ordre familial est bousculé.
Le soleil se levait sur Pire, déversant sa lumière dorée sur les toits de tôle ondulée et les murs ocre, mais pour Ndoyane, le ciel semblait voilé d'une brume épaisse. Depuis quelques jours, les mots de Madame Fall résonnaient en elle, comme une mélodie nouvelle qui venait bousculer l'harmonie familière et un peu trop étouffante de sa vie. L'association Jokko. Un nom qui avait pris la couleur de l'espoir, une teinte vibrante qui contrastait avec le gris menaçant de son avenir.
Elle se tenait devant la maison de son oncle Boubacar, le cœur battant la chamade, une petite valise à ses pieds, remplie non pas de vêtements, mais de rêves griffonnés sur des feuilles volantes, de croquis d'avions dessinés avec une précision fiévreuse, et de l'adresse que Madame Fall lui avait précieusement confiée. Le poids de la décision pesait sur ses épaules plus lourdement que n'importe quel devoir familial. Elle savait que ce pas serait irrévocable, qu'il briserait peut-être des liens, mais elle savait aussi, avec une certitude qui la surprenait elle-même, qu'elle ne pouvait plus reculer.
Sa mère avait tenté de la dissuader, les yeux emplis de cette inquiétude muette qui était sa seule arme face à Boubacar. « Ndoyane, ma fille, sois prudente. Ton oncle est un homme de principes. Ne le froisse pas. » Mais la prudence, Ndoyane l'avait trop longtemps côtoyée. Elle avait étouffé ses aspirations, étouffé sa voix. Aujourd'hui, elle voulait entendre le son de sa propre voix, même si elle tremblait un peu.
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