Chapter 4
Les Murmures du Palais
La vie sociale pékinoise s'avère un labyrinthe. Wanru apprend les codes, les sourires forcés, les alliances fragiles. Elle est scrutée, analysée par une société avide de scandales et de prestige.
Les murs épais de la résidence familiale semblaient retenir les murmures, comme l'écho d'un souffle retenu. Pourtant, dès que Ye Wanru franchissait le seuil de ce monde nouveau, le silence se fissurait pour laisser place à une symphonie discordante de règles tacites et de regards pesants. Pékin, cette cité aux mille visages, où les rizières d'antan cédaient la place aux toits vernissés des palais et aux ruelles animées, se révélait être un labyrinthe d'une complexité ahurissante pour la jeune immortelle.
Ses premiers pas dans ce nouveau rôle de fille aînée avaient été guidés par la main ferme de sa mère, Madame Li. Celle-ci, avec une grâce étudiée qui masquait une détermination de fer, lui enseignait les subtilités de la bienséance. "Dans ce monde, Wanru," disait-elle, sa voix douce mais ferme, en ajustant le col d'une robe de soie brodée, "chaque geste, chaque mot, est un message. Il faut apprendre à lire entre les lignes, à déchiffrer les sourires qui cachent des dents acérées, et les silences qui en disent long."
Wanru écoutait, absorbant les leçons comme une éponge, mais son cœur d'immortelle peinait à saisir la nuance. Elle avait vu des mondes naître et mourir, des étoiles s'embraser et s'éteindre dans un ballet cosmique d'une beauté parfaite. Ici, la beauté semblait souvent dissimuler une laideur insidieuse, et la politesse une arme redoutable. Elle observait les autres femmes de la maisonnée, les épouses des oncles, les cousines éloignées, leurs rivalités silencieuses se déroulant dans l'ombre des salons ornés. Les compliments étaient des flèches empoisonnées, les faveurs des gages de dépendance.
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