Chapter 5
Le Poids des Jours
Les mois passent. Les factures s'accumulent toujours, le salaire, bien que bon, peine à couvrir les dépenses croissantes. L'état de sa mère ne s'améliore pas comme espéré.
Les mois s'étiraient, longs et lourds, comme les nuits d'hôpital où Ange veillait sa mère. Le salaire de cent mille, cette somme qui avait paru un miracle, se révélait être un pansement trop étroit béante. Chaque facture reçue était un nouveau coup de poignard, une nouvelle preuve que l'argent, même bien gagné, s'évaporait aussi vite qu'il entrait. Les soins, les médicaments, les visites spécialisées, tout s'accumulait, formant une montagne infranchissable qui menaçait d'ensevelir Ange sous son poids.
Elle travaillait sans relâche, ses journées s'étirant du lever du soleil au coucher de la lune. Les dossiers s'empilaient sur son bureau, les appels se succédaient, les réunions s'enchaînaient. Elle était efficace, méticuleuse, toujours prête à rendre service, à aller au-delà de ce qui était attendu. Son patron, Monsieur Dubois, ne manquait jamais de la féliciter pour son dévouement, pour son professionnalisme. Il la regardait souvent, un regard qu'Ange tentait d'ignorer, un regard trop insistant, trop possessif.
Le soir, épuisée, elle rentrait dans le petit appartement qui sentait encore le désinfectant et la maladie. Sa mère, amaigrie, le teint cireux, lui souriait faiblement. Ces sourires étaient le seul carburant qui la maintenait en vie, le seul réconfort dans sa lutte incessante. Mais même ces sourires semblaient s'estomper, teints d'une lassitude qui allait au-delà de la maladie. Ange sentait sa mère s'inquiéter pour elle, percevoir le poids qu'elle portait, l'angoisse qui la rongeait.
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